Sorti en novembre 2003, Le Monde de Nemo est de retour sur les écrans depuis le 16 janvier dernier.

Le film, tout comme les premiers Toy Story, a été converti en 3D. Mais contrairement aux aventures de Buzz et Woody qui n’ont pas eu les honneurs d’une vraie sortie salle, Le Monde de Nemo est diffusé sur près de 250 copies en France, soit une très belle occasion d’aller (re)voir le film dans les conditions d’une belle salle de cinéma.

Et l’occasion de lui consacrer un numéro spécial d’Un Dimanche Une Critique

 

Longtemps le plus gros succès de Pixar, oscarisé, est-il encore nécessaire de présenter Le Monde de Nemo ? Cinquième long métrage des studios, tout commence lorsque Corail et Marin s’installent dans une anémone de mer. Un barracuda les attaque et seul survit Marin et son futur fils, Nemo. Surprotégé, Nemo commence l’école et la plus grande crainte de Marin se réalise alors : il est capturé par un humain et emmené à (P. Sherman, 42 Wallaby Way) Sydney. Son père, le poisson le plus froussard de l’océan, va alors tout faire pour retrouver son fils, avec l’aide de Dory, un poisson à la mémoire défaillante, quitte à mettre sa propre vie en danger.

Force est de constater que, dix ans après, alors qu’en face on peine à sourire devant Shrek 2, le chef d’œuvre qu’était Le Monde de Nemo est non seulement intemporel mais surtout n’a rien perdu de sa superbe. Avant tout, Le Monde de Nemo est une merveille visuelle. On arrive dans la barrière de corail comme si on était en train de faire de la plongée. A 40 mètres sous l’eau, le film nous offre la même sensation, pour ceux et celles qui ont eu la joie de le faire que lorsque nous nous retrouvons sous l’eau : minuscule face à l’immensité sous-marine, un peu apeuré aussi mais surtout émerveillé face à ce spectacle de couleurs, d’animaux, de plantes et de rochers jamais vu auparavant. Andrew Stanton et Lee Unkrich nous emmène sous l’océan pendant 1h30 où certains passages restent encore gravés dans notre mémoire. La première découverte de la “ville” en fait partie, tout comme cette séquence absolument superbe où Marin et Dory se retrouvent encerclés de méduses. En dehors de l’eau, la beauté n’est plus là et surtout on se retrouve en milieu hostile entre la salle du dentiste et la rue. Visuellement encore, tout ce qui appartient au monde des humains est assez triste et sombre (le sous-marin ou la tuyauterie en sont deux exemples).

On reprochera souvent à DreamWorks d’être beaucoup trop dans son temps, c’est à dire que chez eux, un film s’adresse (aux mieux à plusieurs publics, ce qui s’est avéré assez rare) à une seule génération. L’exemple de Shrek 2 en est le plus flagrant. La force des studios à la lampe, et encore plus ici dans Le Monde de Nemo, c’est de faire des films qui s’adressent non seulement à tout le monde (ces fameux différents niveaux de lecture), mais aussi à toutes les générations. Preuve en est que 10 ans plus tard, il n’a pas pris une ride. Non content d’offrir une merveille visuelle aux spectateurs, Pixar nous livre également un scénario d’une justesse rare avec un thème, s’il a été maintes fois écoulé (la recherche de soi et le parcours initiatique -où le point culminant de celui de Nemo est la scène où il passe dans le volcan) est superbement bien raconté ici. Entre les détails et les clins d’œil par dizaines, l’humour fait toujours mouche, surtout grâce à Dorie et à sa mémoire… de poisson rouge.

Une décennie a passé. Des centaines de films d’animation sont sortis, des très bons comme moins. La ressortie du Monde de Nemo en 3D, et surtout l’attente engendrée autour de ça, la joie de pouvoir replonger la tête la première dans ce monde, avec Nemo, est bel et bien une preuve de tout ce que je viens d’énoncer un peu plus haut. La 3D y est, comme d’habitude avec Pixar, excellente et nous emmène encore plus profondément dans l’océan. A la sortie de la salle rien n’a changé, l’émotion est toujours là. Sublime.

 

Le Monde de Nemo – Sortie le 26 novembre 2003 – Ressortie 3D le 16 janvier 2013
Réalisé par Andrew Stanton, Lee Unkrich
Avec les voix originales de Albert Brooks, Ellen DeGeneres, Alexander Gould

3 commentaires

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.