« Les 4 Fantastiques nous protègent du mal. Ils prennent tous les risques, de la Terre aux étoiles… »
On est désormais bien loin du générique de la série animée chantée par Noam dans les années 80. Après deux incarnations (trois si on compte le film jamais officiellement sorti de 1994) ratées, les quatre héros créés par Stan Lee et Jack Kirby déboulent enfin sous la bannière du Marvel Cinematic Universe, 37e (!!!) film produit par Kevin Feige. Avec derrière une envie, celle de rebooster une franchise en y introduisant des personnages cultes, capables de rivaliser avec les premiers Avengers.
Réalisé par Matt Shakman, metteur en scène de la série WandaVision, Les Quatre Fantastiques Premiers Pas tentent une nouvelle approche : celle de nous faire directement entre dans le vif du sujet, le tour sur une Terre parallèle. On pourrait comparer avec un autre super héros sorti en même temps en salles mais l’analogie s’arrêtera là puisque sous ses faux airs, le film contient bien une « origin story ».
Se déroulant dans une version rétro-futuriste de New York, Premiers Pas nous montre donc des héros stars, que tout le monde connait (et vous aussi, depuis le temps) mais qui nous sont quand même présentés à nouveau sous forme d’une émission de télé. Un montage rapide d’images les montre face à différents méchants, une famille soudée et unie prête à tout pour sauver le monde. On va pas bouder ce plaisir : l’ambiance fonctionne. Les décors sont soignés, et la réalisation de Matt Shakman tout à fait honorable, aidé par un montage fonctionnel (du split screen, quelques trouvailles visuelles…). La tonalité est un peu légère (merci Herbie le robot), comme si on ouvrait un vieux comic book et la bande originale de Michael Giacchino est vraiment très chouette. Bref, on est loin des précédentes incarnations et ce n’est pour autant pas plus mal.
Est-ce que Marvel Studios aurait retrouvé son mojo après l’horrible Thunderbolts ? Pas si sûr. Le film se plante à différents moments. Le scénario, bien que léger, tient pourtant la route : la Surfeuse d’Argent vient prévenir New York : la Terre va se faire dévorer par Galactus, un être géant dont la faim ne l’arrête jamais. Les 4 Fantastiques vont donc tout faire pour protéger les Terriens, d’autant que la Femme Invisible est enceinte.
Le problème vient principalement du fait que Matt Shakman veut aller trop vite alors que face à des personnages d’une telle ampleur, un méchant si méchant, il fallait se poser. Prendre le temps. Si Superman se permettait de lacher des concepts incompréhensibles, c’est parce qu’ils n’avaient pas de conséquences sur l’action. Ici, il aurait fallu respirer. Expliquer l’importance de la menace de Galactus qui n’est pas un méchant comme les autres. Mais Shakman passe à coté et sa mayonnaise ne prend pas. Le résultat ressemble à une petite production, sans le souffle ni l’ampleur qu’auraient mérité les personnages créés par Jack Kirby.
Pourtant le film a ses moments. Le voyage spatial et la première rencontre avec le titan galactique semblent sortis des pages de Kirby. La Surfeuse d’Argent est impeccable. Et trois des quatre héros sont vraiment bien trouvés. Tous n’ont pas d’arc narratif (désolé Ben Grimm) mais Susan et Johnny sont très biens. On a par ici plus de mal avec Pedro Pascal en Reed Richards, pas aidé par des idées nulles, comme le fait qu’il annonce au monde entier des décisions impactant le futur de la planète … dans des séquences télévisées semblant sortir du Mickey Mouse Club. Difficile de prendre au sérieux un personnage qui n’a, ici, pas l’envergure d’un Tony Stark ni le charisme d’un Dr Strange. On pourra aussi leur reprocher une utilisation feignante de leurs pouvoirs (surtout Richards, justement) dont Shakman ne fait rien d’extraordinaire.
Pourtant, je le disais, le film a ses moments. Notamment la scène d’accouchement pendant une poursuite ou l’émotion du grand final. Toute la thématique autour de la famille fonctionne bien. Dans les Marvel précédents, on picorait. Ici, malgré quelques plats ratés, le buffet est plutôt réussi. L’embêtant, c’est le « plutôt ». On méritait mieux qu’un film « mid » quand on voit les personnages originaux et quand on connait l’envie de Kevin Feige de les mettre au cœur de ses prochains Avengers.
PS : il y a évidemment deux scènes, pendant, et à la fin du générique. La première risque de faire crier votre voisin de fauteuil. La seconde est anecdotique.
Les Quatre Fantastiques Premiers Pas, de Matt Shakman – Sortie en salles le 23 juillet 2025


