Pour le second volet de son univers partagé chez DC Comics, James Gunn et Peter Safran ont confié les rênes à Craig Gillespie. Le réalisateur remarqué pour I, Tonya a la lourde tâche de proposer une nouvelle version de Supergirl après les incarnations de Helen Slater et Melissa Benoist. Une tâche pas si évidente que cela si on en croit les prévisions au box office et les critiques. Pourtant, Supergirl n’est pas un film raté.

Ce n’est pas un film raté, mais d’avantage un film bombardé de critiques négatives car misogynes, le long métrage de Gillespie mettant en avant deux personnages féminins prêt à en découdre avec la gente masculine à tendance toxique.

Supergirl nous montre donc Kara, la cousine de Superman, s’offrant une tournée de bars pour célébrer son anniversaire avec son chien Krypto. Alors qu’elle sauve une jeune fille avide de vengeance car ses parents se sont fait assassinés, son chien se fait empoisonner. Elle a alors trois jours pour retrouver le coupable, qui porte sur lui l’antidote. Supergirl traverse alors l’univers pour lui faire payer.

Le pitch pourrait ressembler à un John Wick mais ce qui est intéressant ici, ce sont les traumatismes du personnage. Kara a vu sa planète détruite et ses parents mourir. Son cousin a beau être (littéralement) la personne la plus gentille de l’univers, elle se cherche une place. Et ce chien, son seul compagnon, représente donc tout ce qu’elle a. Le sauver, c’est donc sauver une partie d’elle-même. Un cheminement qu’elle fera avec une jeune alien qui marche sur ses traces. Kara va en trouver en Ruthye à la fois un miroir et une conscience à la Pinocchio. Le film ne raconte donc pas seulement une histoire de vengeance mais bien une quête autant personnelle qu’indispensable pour ne pas sombrer d’avantage.

Pour autant, le scénario de base se révèle linéaire, avec deux héroïnes qui suivent une piste étape par étape. L’arc narratif de Kara, marqué par de jolis flashbacks, est réussi mais l’histoire dans sa globalité manque de souffle. Le méchant de base est totalement quelconque, il est juste méchant, et l’ajout de Lobo est totalement inutile. L’incarnation du chasseur de prime spatial par Jason Momoa aurait pu être retiré complètement de l’intrigue. Mais il faut bien apporter un lot de testostérone pour le public incel.

Craig Gillespie livre une réalisation aléatoire, enchainant quelques bonnes idées et des scènes d’action confuses. Il tente le plan séquence par-ci par-là, passe des combats en arrière plan pour mieux offrir à Supergirl un grand final mais l’ensemble est brouillon, comme s’il ne parvenait pas à tenir ses idées jusqu’au bout. A l’inverse, la photo très jaune participe à une ambiance mi-western mi-Mad Max suffisamment efficace pour nous faire oublier l’aspect « film dans l’espace lambda » que nous offre la concurrence.

Enfin, s’il y a bien une chose que Gunn et Safran réusissent, ce sont leurs casting. Après l’impeccable David Corenswet en Superman hyper solaire, Milly Alcock est sensationnelle en Supergirl. Le personnage est très différent des précédentes incarnations. Elle a beau avoir des pouvoirs, avoir un sens de la justice, c’est aussi quelqu’un qui se cherche dans un univers où les galères sont quotidiennes. Sa démarche mi cool mi blasée est particulièrement réussie.

De fait, de ce coté-ci de l’univers, on ne comprend pas les mauvais premiers échos. Le film a des défauts évidents, il a aussi de belles qualités Marvel nous a offert des films bien pires sur lesquels tout le monde s’est précipité les yeux fermés.

Milly Alcock est impeccable. Et après avoir vu un vrai héros solaire et fondamentalement gentil sauver la veuve et l’orphelin, on a une meuf badass qui déglingue des mecs toxiques. En bonus, le soleil jaune, de la chanson française, Françoise Hardy (si si) dans la bande-originale. Qui pourrait ne pas être à fond pour suivre ce que James Gunn veut proposer ?

Supergirl, de Craig Gillespie – Sortie en salles le 1er juillet 2026

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