Ca ne vous a pas échappé : une nouvelle aventure de Spider-Man est sortie dans les salles. Séances complètes, longues files d’attente aux abords des cinémas et un début de record de fréquentation. Aucun doute, le public aime Peter Parker. A raison, c’est sans doute le héros le plus cool de chez Marvel. Mais est-ce pour autant un bon film ? Après la bancale trilogie Jon Watts et les derniers titres du MCU à mettre à la poubelle (qui se souvient de Thunderbolts et de son vide cosmique ?), on y allait méfiant.

Heureusement, Destin Daniel Cretton a fait tout ce qu’il a pu pour rendre ses lettres de noblesses au Tisseur.

On espère que vous avez suivi. Dans le précédent volet, tout le monde oubliait que Peter Parker était Spider-Man. Mais, surtout, tout le monde oubliait Peter Parker. Alors il a plongé dans ce qu’il connait le mieux : les rues de New York, déguisé en araignée pour s’attaquer aux méchants de Spider-Man. Mais il va être confronté à deux problèmes : d’abord, un bad guy invisible est capable de prendre possession des gens pour leur faire faire des trucs à sa place, et il convoite quelque chose planque dans un coffre gouvernemental. Et ensuite une crise de conscience : un choc émotionnel va faire évoluer ses pouvoirs vers quelque chose d’incontrôlable. Deux problèmes qui vont se téléscoper.

Après avoir fait un peu trop voyager Spider-Man, le héros de New York est complètement revenu chez lui. Destin Daniel Cretton prend beaucoup de plaisir à filmer la Grosse Pomme américaine, ses rues encombrées, ses petits commerces et ses innombrables voitures, jusqu’à un générique final plutôt cool. La photographie de Brett Pawlak, avec ses contrastes appuyés est chouette et le metteur en scène… fait le job. Ca parait presque surprenant mais l’introduction du film, qui remet le héros dans son contexte, est bien bossée. On prend du plaisir à retrouver un vieux copain, à le revoir dans son univers.

Un film joli et parcouru d’idées de mise en scène. Certes, il y a quelques scènes en CGI qui piquent. Certes, les équipes en charge des effets spéciaux ont beaucoup joué au jeu Spider-Man d’Insomniac (jusqu’à le citer de manière plus ou moins volontaire ?), certes on revenait de la mise en scène toute plate de Watts, mais Destin Daniel Cretton tente des choses – notamment des scènes d’action efficaces – qui fonctionnent à l’écran, filmant régulièrement Tom Holland avec des câbles pour un rendu plus réaliste qu’à l’accoutumé chez Marvel.

C’est fou comme la mise en scène d’un film peut influer sur le scénario. Brand New Day est écrit par Chris McKenna et Erik Sommers, les deux scénaristes déjà auteurs de la trilogie précédente. Mais ici, ils racontent quelque chose d’intéressant, utilisant un drame vécu par Peter Parker pour faire évoluer un personnage bien implanté dans ses petits habitudes. Certes, ça avait été déjà (et mieux) abordé chez Sam Raimi mais les deux scénaristes font prendre une direction différente à l’idée de base, à la fois dans sa manière de l’aborder par le héros et par son rapport avec l’antagoniste.

On passe ici dans l’univers des spoilers. Ne déroulez que si vous avez déjà vu le film.

Spoilers

Ca avait été théorisé dans tout Internet : la méchante du film, incarnée par Sadie Sink, est Jean Grey. Oui, la X-Men. Une version jeune et paumée de Jean Grey qui recherche quelque chose et qui utilise ses pouvoirs naissants d’une mauvaise manière mais pour une cause noble. Alors que Peter Parker se cherche lui-même et a toujours été entouré de mentors, il va l’aider avec justesse dans la dernière partie du film. Le parallèle entre leurs histoires fonctionne et fait partie des jolies scènes riches en émotion.

L’autre reproche qu’on peut faire à Brand New Day est d’être bien trop connecté au MCU. On y croise Hulk et le Punisher (et Jon Bernthal s’éclate dans le rôle autant que Tom Holland) mais aussi d’autres personnages. Le film a des liens avec la trilogie précédente, les longs métrages sorti avant lui et place des billes pour Avengers Doomsday (jusqu’à son inutile scène post-générique), autant d’éléments qui peuvent le rendre incompréhensible pour une partie du public seulement venu voir une aventure de Spider-Man.

Le long métrage aurait mérité d’être raccourci de quelques moments inutiles (comme tout l’arc Hulk), il aurait pu un peu plus se focaliser sur la psychologie de son héros et on est toujours loin du boulot fourni par Sam Raimi il y a désormais plus de vingt ans. Mais difficile de bouder son plaisir devant un film rythmé, cool à suivre, bien bossé par tout le monde et qui se reverra sans problème. Si ce Brand New Day est un chouette renouveau pour Spider-Man, espérons qu’il en aille de même du reste du Marvel Cinematic Universe.

Spider-Man Brand New Day, de Destin Daniel Cretton – Sortie en salles le 29 juillet 2026

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