Le film d’Harmony Korine avec Selena Gomez, Vanessa Hudgens et James Franco sort dans les salles le 6 mars prochain.

Précisons en guise de préambule que s’il y a une interdiction -12 et un avertissement, ce n’est pas pour rien. Spring Breakers est un film chaud et parfois brutal. Alors si tu as moins de quinze ans et que tu comptais aller le voir avec ta petite sœur parce que vous êtes fans de High School Musical, visionnez au moins la bande annonce pour faire une idée de ce que vous allez découvrir.

Pour tous les autres, enfilez vos lunettes de soleil, enfilez un maillot et bienvenue au Spring Break !

 

Hallucinant. C’est sans doute le terme qui reviendra le plus souvent pour qualifier Spring Breakers, le nouveau film d’Harmony Korine connu pour être le scénariste de Kids et et Ken Park, deux films sulfureux réalisés par Larry Clark.
On avait suivi la genèse de ce projet avec intérêt : James Franco en gangsta bligbling les dents bagouzées d’argent, entourés par de (très) jeunes comédiennes en petite tenue issues de la génération Disney Channel. Ça avait tout pour intriguer. Et le résultat est à la hauteur de ce à quoi on s’attendait : un trip hallucinant.

On embarque donc pour le Spring Break. Période de vacances correspondant à nos congés de Pâques, ce sont deux longues semaines pendant lesquelles les étudiants américains sont censés décompresser avant d’attaquer la fin de leur année scolaire. Mais au fil des années, c’est devenu une tradition que d’aller faire la fête au soleil, fêtes qui finissent souvent dans l’excès : on s’amuse, on profite de la plage et de la piscine, mais on en profite aussi pour se lâcher complètement. Alcool, drogue, baise, tout y passe sans limite. Chacun y fait ce qu’il veut mais il y est difficile de résister à la tentation.
C’est d’ailleurs sur ces images que le film d’Harmony Korine commence. Des corps sur la plage, en petite tenue, filmés de près et dans des poses lascives. On s’y fait couler de la bière dans le gosier via des tuyaux, on fume et n’importe quoi et on s’en fout complétement de s’envoyer en l’air à coté de ses potes.

C’est dans ce délire que vont s’embarquer les quatre héroïnes du film. Ou 3 + 1 d’ailleurs puisque Faith (Selena Gomez) est un peu à part. Elle est la jeune fille sage du groupe, celle qui vit dans une famille croyante et qui part avec ses copines pour vivre quelques choses. Les trois autres sont plus dévergondées, plus trash et vont aller jusqu’à braquer un fast food pour récupérer l’argent nécessaire au voyage.
Arrivées sur place, elles se laisseront aller à la fête et profiter comme il se doit de tous les plaisirs que le Spring Break peut offrir. Mais ce joyeux bordel est régulièrement contrôlé et les quatre belles finiront au poste après une descente de flics dans un appart’ où des mecs sniffaient de la coke sur les seins d’une fille. C’est là que va entrer en scène Alien (James Franco), un petit truand local qui va les prendre sous son aile, voir même sous son contrôle. Et que la descente aux enfers va commencer.

Cette descente, Harmony Korine la filme comme un rêve qui vire au cauchemar. Très découpé, avec des scènes se répétant, des séquences pas toujours chronologiques, Spring Breakers est un vrai film de monteur et un trip sensoriel. Musique bruyante, gros bruitages de transition, nombreuses scènes filmées avec des néons de couleurs. Le réalisateur met en scène un rêve éveillé qui tourne au drame, le genre qui donne envie d’émerger pour en sortir. Il commence son film par des couleurs vives, et des gros plans des corps parfois cadrés de manière indécente pour finir dans la nuit.
Tout le long métrage est d’ailleurs porté par l’image, les dialogues ont beaucoup moins d’importance que le visuel. C’est aussi pour ça que Korine ne lâche rien, plongeant le spectateur dans l’érotisme du Spring Break, filmant au milieu des corps et des fêtes orgiaques. Il parvient également, grâce à ses ambiances, à jouer avec nos sensations : ce qui peut paraitre sexy sur le papier ne l’est pas forcément, d’autres scènes pourtant malsaines d’apparence finissent par se révéler chaudes, ce qui permet notamment au personnage d’un James Franco éblouissant de talent (s’il fallait encore une preuve qu’il est l’un des meilleurs acteurs actuels, la voici) de nous paraitre presque, sympathique, attirant, et de voir des jeunes filles en bikini et avoir envie de les renvoyer s’habiller un peu plus…

On finit déboussolé par ce tourbillon d’images, comme témoins de ce que vivent les quatre filles. On s’y attendait, les actrices cassent leur image Disney Channel comme il faut, en la jouant sexy en diable dès les premières images (mention particulière au plan où Vanessa Hudgens mime une fellation en plein cours). Seule Selena Gomez restera plus en retrait comparées aux autres. Mais nul doute que les fans des comédiennes verront désormais d’un autre les potentiels prochains High School Musical et consort.
Et à travers leur aventure, Harmony Korine dresse le portrait d’une jeunesse paumée, qui se laisse facilement débaucher et manipuler, mais semble avoir comme un besoin vital de ce rite initiatique qu’est le Spring Break, comme une épreuve pour trouver sa voie et se fixer des repères.

Malgré une fin un peu bâclée parce qu’il fallait bien faire quelques choses des personnages et faire tomber le rideau, Spring Breakers est un film réussi, un vrai trip hallucinant porté par d’excellents acteurs et un réalisateur qui livre un boulot particulier et particulièrement réussi. Dur, sexy, violent, coloré, malsain, orgasmique. Du cinéma qui procure de vraies sensations.

 

Spring Breakers – Sortie le 6 mars 2013
Réalisé par Harmony Korine
Avec James Franco, Vanessa Hudgens, Selena Gomez
Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
Pour financer leur Spring Break, quatre filles aussi fauchées que sexy décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… Lors d’une fête dans une chambre de motel, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police. En bikini et avec une gueule de bois d’enfer, elles se retrouvent devant le juge, mais contre toute attente leur caution est payée par Alien, un malfrat local qui les prend sous son aile…

16 commentaires

  • Paul mercredi 20 février 2013 13 h 37 min

    Il est CloneWeb Approved?

  • Marc mercredi 20 février 2013 13 h 45 min

    Non, mais ça n’enlève rien à ses qualités.

  • Paul mercredi 20 février 2013 14 h 31 min

    Oui j’imagine ^^
    Qu’est-ce qu’il lui manque?

  • Marc mercredi 20 février 2013 15 h 37 min

    Un meilleur dernier acte

  • Paul mercredi 20 février 2013 15 h 38 min

    Ah ok
    On peut donc imaginer qu’il ne sera pas présent dans votre choix de la fin de l’année :)

  • Paul mercredi 20 février 2013 15 h 40 min

    “Verront d’un autre les potentiels….”
    Le mot qu’il te manque c’est œil non?

  • Klaatu jeudi 21 février 2013 7 h 31 min

    Sans interet pour moi.

  • Athees vendredi 22 février 2013 17 h 02 min

    Un film vraiment extraordinaire ! Tout à fait d’accord avec la critique !
    Mais pourquoi ne pas mentionné Ashley Benson et même Rachel Korine qui sont plus importante dans le film que Selena Gomez ? Ashley et Vanessa étant les deux dernières à resté!

  • Marc samedi 23 février 2013 9 h 53 min

    C’est une bonne question. Sans doute parce que le personnage de Selena m’a paru différent des trois autres qui, elles, se ressemblent.

  • Athees dimanche 24 février 2013 19 h 26 min

    C’est une bonne remarque, il y a certe une ressemblance entre Vanessa et Ashley dans le rôle qu’elles ont, mais ce serait une erreur d’omettre deux actrices principales. Quant au personnage de Selena il m’a paru un peu rabat joie.

  • Paul dimanche 24 février 2013 21 h 10 min

    Vous pourriez arrêtez de spoiler svp……

  • Paul mercredi 27 février 2013 22 h 03 min

    Marrant parce que la promo montre Selena Gomez archi-trash….plus que les autres
    Elle regrette peut-être d’avoir pris ce rôle là

  • Trackback: CloneWeb » Demain c’est… mercredi 6 mars
  • magic vendredi 8 mars 2013 12 h 07 min

    LOL MDR PTDR XPTDR et autres diminutif pour signifier le rire sont de mise quand je lis cette critique qui est probablement aussi perché que les filles dans le film.
    Le film est totalement vide de sens, il ne s’y passe rien a part quand elle se font goaler par les flics et juger, évènement qui d’ailleurs ne change absolument rien a l’histoire dans le sens ou elle reste totalement insensible. Je suis d’accord sur un point: la fin est bâclée, totalement naze, totalement irréaliste et a rebours de ce qu’on a vu.
    J’aimerai vraiment savoir sur quelle base vous nous encouragé chaudement a aller le voir… Les images sont belles et très biens travaillé mais c’est tout! le film n’est ni plus ni moins qu’un belle emballage qui ne contient rien.
    C’est a la portée de tout le monde de faire un film aussi vide.

  • Misutsu mardi 12 mars 2013 11 h 35 min

    Un clip étiré sur 1h40, 5 min d’images qui tournent en boucle, une pseudo réflexion sur la recherche identitaire des têtes blondes américaines, et surtout un ennui mortel.

    Le travail visuel est intéressant, mais c’était bien pourri malgré tout.

  • Athees mardi 19 mars 2013 19 h 42 min

    La porté du film c’est pas seulement des jeunes adolescentes qui partent en spring break, qui se font arrêté et voila fin de l’histoire. C’est bien plus profond.
    C’est un film à voir au cinéma, moins devant la télévision chez soi, on peut mieux percevoir les images, le film en lui même!
    Si vous l’avez trouvé ennuyeux c’est peut être que vous n’avez pas compris l’objectif du réalisateur, après chacun ces goûts donc obligatoirement il y en a qui aime et d’autre non.

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