Depuis la sortie en décembre dernier d’A Bout Portant, on aura finalement eu une jolie quantité de polars français. Avec à boire et à manger, certes, mais ne boudons pas pour autant notre plaisir.

Le petit dernier en date est signé Franck Mancuso, récompensé pour le scénario de 36 Quai des Orfèvres d’Olivier Marchel. Il met en scène Yvan Attal et Pascal Elbé dans le rôle d’un flic face à un gendarme, mêlé à une histoire de disparition.

Ca sort le 31 août prochain, juste avant la rentrée des classes et j’ai eu l’occasion d’y jeter un oeil. La critique qui suit est bien entendu accompagnée de la bande annonce, pour que vous puissiez vous faire une idée.

 

R.I.F. (Recherches dans l’Intérêt des Familles) – Sortie le 31 août 2011
Réalisé par Franck Mancuso
Avec Yvan Attal, Pascal Elbé, Talid Ariss
Sur la route des vacances, la femme de Stéphane Monnereau, capitaine de police à la P.J. parisienne, disparaît. Les indices semblent indiquer qu’il n’est peut-être pas étranger à cette disparition. Pour éviter d’être placé en garde-à-vue, Stéphane prend la fuite avec son fils. Désormais il devra assumer seul sa double mission : se disculper aux yeux des enquêteurs et savoir ce qui est vraiment arrivé à sa femme.

 

Franck Mancuso est à l’origine un flic, un vrai. Il a passé des années au “36”, aux stups et à l’ORCB. Comme Olivier Marchal, il a échangé le flingue à la ceinture et le cuir pour un clavier d’ordinateur. D’abord pour la télé (avec Commissaire Moulin) puis pour le cinéma (avec 36 Quai des Orfèvres). En 2007, il franchit encore un cap en passant lui-même derrière la caméra pour son premier long, Contre-Enquête, avec Jean Dujardin dans le rôle principal. Un film sympathique mais bien trop mou par rapport à ce qu’on attendait d’un ancien flic.

En 2011 Mancuso revient derrière la caméra avec RIF, comme les initiales du document que l’on remplit quand on veut que la police lance un avis de recherche, suite à la disparition d’un proche majeur. Flic oblige, le héros en est forcément un et l’intro le montre comme un dur. Alors quand il décide de partir au vert avec sa femme et son fils, c’est forcément pour mettre un peu d’ordre dans son couple. Et quand sa femme disparait rien ne va plus.

Ce pitch de base est au départ plutôt efficace et on va se prendre au jeu. Pourquoi l’épouse a-t-elle disparu ? S’est-il passé quelque chose, a-t-elle été enlevée comme le pense le flic ou a-t-elle décidé de rentrer à Paris avec armes et bagages ? Ca va être la question principale que vont se poser Yvan Attal (le flic) et Pascal Elbé (le gendarme local en charge de l’enquête), deux comédiens à l’aise dans leur rôle et dont le face à face est plutôt intéressant au départ.

Intéressant donc, mais le film ne tient pas la longueur. Mancuso ne sait manifestement pas quoi faire de son histoire ni de ses personnages alors ça vire vite au rocambolesque, à base de fausses pistes sortant de nulle part, de gendarmes paumés parce qu’il ne se passe jamais rien chez eux… L’histoire va même basculer pour offrir à Attal la possibilité de jouer le flic traqué : les gendarmes vont finir, vers la fin de l’histoire, à le soupçonner. C’est complétement crétin au vu du déroulement des événements. Ajoutez à cela une réalisation assez plate et ce qui avait bien commencé finit comme un épisode d’une série policière télé, d’autant que beaucoup de seconds rôles sont à l’ouest. On notera quand même la présence de Carlo Brandt (Méléagant dans Kaamelott), toujours aussi imposant et parfait.

Au final, si ça partait d’un bon sentiment et si les rôles principaux tiennent la route, on se demande finalement pourquoi Mancuso ne s’est pas contenté de proposer son scénario à la petite lucarne, qui lui aurait fait sans doute un meilleur accueil que la grande.

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