Critique : Les Indestructibles 2

Le Festival International du Film d’Animation d’Annecy ouvre ses portes ce lundi 11 juin, notamment en projetant le nouveau film de Michel Ocelot. Une semaine pour y découvrir des films en et hors compétitions, des avant-premières, des making of et suffisamment de rencontres et de conférences pour écouter parler des gens talentueux.

Nous y sommes toutes la semaine, comme vous l’avez peut-être vu sur les réseaux sociaux, et après avoir évoqué les trente ans de Totoro, on enchaîne par rien de moins que la critique du nouveau film des studios Pixar qui sera présenté ici à la fin de la semaine en présence de Brad Bird.

 

LA CRITIQUE

En 2004 Brad Bird et les Studios Pixar sortaient leur film de super-héros, les Indestructibles. Réalisation au top, ambiance mi-comics mi James Bond, musique idéale. The Incredibles a vite été considéré comme l’un des meilleurs films du genre jamais réalisé. Quatorze années, Brad Bird revient à ses héros en combinaison moulante rouge, après l’échec du pourtant incroyable Tomorrowland au box office. La tâche n’est pas évidente, tant le genre a été bousculé depuis toutes ces années, entre les très nombreuses productions Marvel et autres vaines tentatives de chez DC Comics. Mais le réalisateur du Géant de Fer n’a rien perdu de sa superbe, et il revient remettre les pendules à l’heure.

Le premier volet se terminait sur la famille Indestructibles chaussant une nouvelle fois le masque pour aller arrêter The Underminer, un méchant faisant des trous dans la ville avec une foreuse géante. La suite reprend au même moment, montrant les super héros arrêtant le méchant de service non sans quelques dégâts. La légalité des super héros, évoquée dans le premier volet, revient donc au coeur de l’histoire. Faut-il laisser des hors-la-loi faire le ménage ? Un communiquant et sa soeur, en mode startup nation, pensent que oui. Si on montre une bonne image des héros, ils se feront accepter. A l’heure de la communication instantanée et des réseaux sociaux, le sujet ne pouvait que mieux tomber et même Brad Bird maintient son ambiance mélangeant des technologies modernes et des éléments à l’ancienne, semblant sortir des années 70.

Mais ce n’est pas le seul thème abordé dans le film. C’est en effet Hélène qui est mise en avant par le communiquant, et donc Bob qui reste à la maison à garder les avants, dont l’incroyable Jack Jack qui va découvrir avoir, comme ses parents, des pouvoirs. Mais en très grand nombre et qu’il n’arrive pas à contrôler. Alors qu’on ne parle que de l’égalité homme-femme dans le monde du travail, un monde du travail qui est désormais remis en question et où on préfère désormais se lancer dans des projets qui nous plaisent plutôt que de trouver un job nourricier, The Incredibles 2 résonne fort. Et on s’amuse à voir le père de famille galérer avec ses enfants.

Le film aurait pu tomber dans la facilité mais Brad Bird évite avec brio tous les pièges. Ainsi, le bébé et ses pouvoirs a droit à quelques scènes très réussies -dont un combat face à un animal masqué- mais le réalisateur n’en fait jamais trop sur le sujet, de la même manière qu’il traite ses super héros comme il l’entend, sans jamais chercher à singer ce qui se fait du coté des productions live-action qui finissent toutes par se ressembler. Bird aurait pu tomber dans la facilité d’une suite copiée sur son modèle, mais ce n’est jamais. Les Indestructibles 2 est bel et bien un vrai numéro deux, une histoire différente de la première qui fait vivre de nouvelles aventures à ses personnages.

Pour cela, il utilise un méchant à l’identité secrète lui aussi (et même si on devine aisément qui il est), un méchant intelligemment amené et utilisé. On est donc face à un film qui a de vrais enjeux, portés par des personnages écrits, dans un univers jamais cynique. On est aussi devant quelques scènes d’action d’anthologie, portée la musique d’un Michael Giacchino au sommet de sa forme. On retiendra tout particulièrement une poursuite à moto qui rappelle les belles heures de la séquence du métro dans Spider-Man 2 couplée aux pouvoirs d’Elastigirl ou encore la brillante utilisation des pouvoirs d’une nouvelle héroïne qui peut ouvrir des portails à la manière de Blink dans X-Men Days of Future Past. Et là Brad Bird bat Bryan Singer à plate couture en terme de mise en scène.

Pas besoin d’en rajouter : vous aurez compris que non content d’être le meilleur divertissement d’au moins ce semestre, Les Indestructibles 2 est un grand film pour tous (allez-y en famille), drôle, écrit, soigné, jamais moqueur et porté par une équipe de gens talentueux. Si on n’avait pas envie de voir Brad Bird sur d’autres projets, on en redemanderait !

Les Indestructibles 2, de Brad Bird – Sortie le 4 juillet 2018



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