Scénariste d’Alexandro Amenabar, récompensé pour Agora et Mar Adentro, Mateo Gil passe derrière la caméra pour réaliser son premier western : Blackthorn.

Pour cela, il fait appel au trop rare Sam Shepard, à Eduardo Noriega (vu dans l’Echine du Diable de Guillermo del Toro) et à Stephen Rea, habité des réalisation de Neil Jordan.
Et autant vous prévenir tout de suite, Blackthorn est une franche réussite.

A ne pas manquer mercredi prochain.

 

 

Blackthorn – Sortie le 31 août 2011
Réalisé par Mateo Gil
Avec Sam Shepard, Eduardo Noriega, Stephen Rea
Passé pour mort depuis 1908, Butch Cassidy, le légendaire hors-la-loi, se cache en réalité en Bolivie depuis 20 ans sous le nom de James Blackthorn. Au crépuscule de sa vie, il n’aspire plus qu’à rentrer chez lui pour rencontrer ce fils qu’il n’a jamais connu. Lorsque sur sa route il croise un jeune ingénieur qui vient de braquer la mine dans laquelle il travaillait, Butch Cassidy démarre alors sa dernière chevauchée…

 

Butch Cassidy a vraiment existé. Dans l’Utah pendant la 2e moitié du 19e siècle il se fera un nom grâce à ses activités criminelles : banques, diligences et trains ne résistaient ni à lui ni à la fameuse Horde Sauvage, gang qu’il formait avec plusieurs personnes dont Sundance Kid.
Pourchassés par l’agence privée Pinkerton, ils devront fuir et Cassidy prendra la direction de l’Amérique du Sud, plus précisément de la Bolivie. C’est peut-être là-bas que le bandit y mourut en 1908. Mais rien n’est moins sûr puisque l’ADN retrouvé ne correspond pas.

C’est partant de ce semi-mystère que Mateo Gil a construit Blackthorn. On va en effet y suivre un Butch Cassidy bien vivant, planqué dans une petite ferme au fin fond de la Bolivie, élevant gentiment quelques chevaux et y étant connu sous le nom de James Blackthorn. L’homme, brillamment interprété par un Sam Shepard au sommet, s’y est rangé. S’il a encore la gachette facile, s’il est encore rapide, plus question d’attaquer un train ou une diligence. Il vit paisiblement, aime une femme et prépare son retour prochain dans la patrie de l’Oncle Sam.

Mais quand sa route va croiser celle d’Eduardo, un ingénieur qui a volé le propriétaire d’une mine et que de l’argent sera à la clef, Blackthorn va s’offrir une dernière danse. Sans doute avait-il envie de s’amuser une dernière fois, sans doute l’Espagnol lui rappelait Sundance Kid. Quoiqu’il en soit, ils feront un bout de chemin ensemble pour tenter d’échapper à ceux qui veulent récupérer leur argent.

Si le pitch a tout pour fournir un bon western classique, on découvre en filigrane l’histoire d’un homme à la fin de sa vie. Pour mieux la comprendre, Mateo Gil y glisse des flashbacks. On y découvre Cassidy et le Kid à leur arrivée en Amérique du Sud, leurs choix, et l’avenir qui se dessine pour eux. On comprend alors mieux la volonté du vieil homme que de traverser un continent pour rejoindre un pays où il a longuement été traqué.
Qui plus est, l’histoire est sans faille du début à la fin. Si on se demande un peu pourquoi certains aspects sont développés (poue ne pas en dire plus) au profit d’autres, tout finit par être proprement justifié et trouver sa place dans le récit.

Pour son premier western, le réalisateur connu pour ses scénarios de Mar Adentro, Agora ou encore Vanilla Sky, s’est offert un casting 4 étoiles. Non seulement Shepard y est parfait mais il est brillamment secondé par Eduardo Noriego et Stephen Rea. A noter aussi la présence de Nikolaj Coster-Waldau (Jamie Lannister dans Le Trône de Fer) incarnant Blackthorn jeune.

Gil s’inspire aussi des plus grands. Si on pense forcément à Butch Cassidy et le Kid avec Paul Newman et Robert Redford, et si le réalisateur ne renie le film de George Roy Hill, c’est bien vers Sam Peckinpah et sa fabuleuse Horde Sauvage qu’il faut aller chercher. Si le film de Gil n’est pas aussi violent que celui avec William Holden, il mérite tout à fait la mention de western crépusculaire dans la lignée de Peckinpah et d’Eastwood.

On dit souvent que le western s’est arrêté avec Impitoyable en 1992. On a pourtant chaque année un ou deux films de haute volée permettant de contredire l’adage. Comme True Grit. Ou Blackthorn.

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