Quand on est une jeune actrice américaine, passer par le film d’horreur semble être un passage obligé. Même pour Dafne Keen. Repérée pour son rôle impressionnant de X-23 dans Logan de James Mangold, la comédienne a désormais 21 ans et a été aperçue reprenant son rôle griffu dans le dernier Deadpool mais aussi dans le rôle d’une Jedi dans la série The Acolyte. Elle est désormais la nouvelle Scream Queen du Sifflet, dernier long métrage de Corin Hardy (La Nonne, Le Sanctuaire).

Banlieue américaine industrielle. Son lycée. Ses jeunes qui roulent en pickup. Chrys (Keen) débarque dans la communauté juste après le décès d’un joueur de basket. Dans son casier, elle va découvrir un artefact aztèque, un sifflet. Si on cherche à en sortir une note de musique et qu’on l’entend, on est rattrapé par la Mort elle-même. Évidemment, la bande de lycéens à laquelle se rattache l’héroïne (dont Sophie « Yellowjackets » Nélisse) va devoir s’en sortir.
Ecrit par Owen Egerton, Le Sifflet ressemble à tout un tas de films d’horreurs où des gens touchent à quelque chose qu’ils auraient du laisser en place. Ici, on n’est pas très loin de Destination Finale si ce n’est que la manière de mourir qu’auront les protagonistes est justifiée par une bonne idée qui donne quelques chouettes trouvailles visuelles. De visuel il est d’ailleurs question dans la mise en scène puisque Hardy fait un boulot honorable, surtout grâce à la lumière de Björn Charpentier et à un étalonnage aux contrastes poussés.

Le Sifflet est joli et son duo d’actrices très motivé. Mais ça ne suffit pas pour ne pas ramer. Le démarrage est long, les premières morts sont laborieuses et peu impressionnantes et malgré tout le savoir faire des équipes (y compris de Nick Frost venu faire coucou dans un petit rôle) on s’ennuie ferme. Le Sifflet met une plombe à introduire ses personnages et leurs éventuels traumas pour ne pas en faire grand chose. Il s’offre même le luxe d’une scène de fête foraine, ou de fainéantise scénaristique puisque ça permet des interactions à moindre coup (tout le monde est au même endroit à se retrouver pour parler).
Heureusement, le dernier acte nous offre un peu plus de spectacle avec quelques morts visuellement intéressantes (on en parlait plus haut) et une manière de s’en sortir déjà vue mais efficace. Mais le plus gros problème du Sifflet, c’est justement cette impression de déjà-vu. Des jeunes qui fuit à cause d’un artefact qui invoque la mort, on l’a vu mille fois ailleurs. Souvent en mieux. Parfois en moins bien. Et à moins de vouloir se refader encore les mêmes schémas, celui-ci n’a pas grand chose à apporter.
Souhaitons donc à Dafne Keen une suite de carrière plus intéressante.
Le Sifflet, de Corin Hardy – Sortie en salles le 18 mars 2026
