Ils sont partout mais tournent peu. Vous avez vu les noms de Phil Lord et Chris Miller aux génériques des films Lego, de l’univers de Spider-Verse, des Mitchell contre les Machines ou encore à la prod de The Sheep Detectives. Projet Dernière Chance n’est que leur cinquième long métrage (dans une filmo qui inclut deux suites) et pourtant on savait dès le générique qu’on était entre de bonnes mains.

Le pitch : un professeur de science, ultra diplômé, se réveille dans une navette spatiale voyageant vers une étoile lointaine. Alors que le soleil se meurt à cause d’une particule le vidant de son énergie, il est envoyé pour voir pourquoi Alpha Centauri résiste, peut-être trouver une solution et sauver le monde. Sa route va croiser celle de Rocky, un extra-terrestre fait de cailloux, dont la mission est la même.

Adapté du bouquin d »Andy Weir, scénarisé par Drew Goddard (qui avait déjà travaillé sur Seul sur Mars du même auteur), Projet Dernière Chance est un monument de narration et de montage, alternant des scènes spatiales et des flashbacks nous racontant comment Ryan Gosling s’est retrouvé là. Lord et Miller alternent avec brio les scènes des deux temporalités, allant jusqu’à jouer sur le format de l’image, plus resserrée pendant les scènes terriennes.

Gosling avait déjà voyagé dans l’espace incarnant Neil Armstrong dans First Man. Le rôle ici est complètement différent. Il joue un professeur à la fois drôle et gaffeur dans des scènes au timing comique impeccable et montre toute une palette d’émotion dans le face à face avec le fameux Rocky.
Projet Dernière Chance raconte beaucoup de choses : le portrait d’un homme, la survie de l’humanité, son organisation pour résister, un voyage spatial. Mais c’est surtout un face à face très émouvant entre un homme et un alien-caillou, évoquant E.T comme Rencontre du 3e Type (frontalement), deux personnes qui ne peuvent littéralement pas vivre ensemble mais doivent s’unir pour sauver leur planète respective.

L’humain et le caillou ne pouvant cohabiter, Lord et Miller rivalisent de trouvailles pour faire cohabiter leurs environnement, permettant à Greg Fraser, directeur de la photo, de faire de très belles choses avec la lumière, qui se déforme quand elle passe à travers les cages de verres dans lesquelles vit Rocky. La créature a été designée par Neal Scanlan, sculpteur d’aliens sur la postlogie Star Wars et sur (oups) Solo et animée comme une marionnette par James Ortiz. Les réalisateurs ont donc cherché à limiter au maximum les scènes numériques pour faire de Projet Dernière Chance un film de science-fiction à l’ancienne.

Ses seuls défauts est d’être peut-être un peu long à se conclure et d’avoir une bande originale par un Daniel Pemberton moins inspiré qu’à l’accoutumé. Son travail nous a laissé de marbre. A l’inverse, les comédiens et comédiennes des scènes terrestres sont très bons. Excellente idée d’avoir caster Sandra Hüller dans un rôle très froid ou Lionel Boyce (Marcus dans The Bear) dans un rôle qui lui va impeccablement.

On multiplie les superlatifs mais Projet Dernière Chance est un ravissement, un grand film de science-fiction qui tient la comparaison avec ses ainés. Drôle, émouvant, intense, il nous rappelle que Lord et Miller ont titillé l’univers Star Wars. Et on se demande bien ce que Solo aurait donné s’ils avaient pu en faire ce qu’ils voulaient. Ce projet leur permet de prendre leur revanche sur l’espace. En espérant ne pas avoir à attendre encore douze ans pour les voir retourner derrière une caméra.

Projet Dernière Chance, de Phil Lord & Chris Miller – Sortie en salles le 18 mars 2026

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