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Critique : Belle

Prévu pour le 22 décembre en salles, Belle va bénéficier d’une série d’avant-premières dans toute la France en présence du réalisateur Mamoru Hosoda. Il fera aussi l’ouverture du Carrefour de l’Animation à Paris.

Chaque nouveau film de Mamoru Hosoda est désormais un évènement. Depuis Ame & Yuki, sorti en 2012, le réalisateur nippon n’a fait que nous souffler. Le très beau Miraï Ma Petite Soeur (2018) n’en était que la confirmation pour celui qui a fait ses premières armes sur One Piece ou Digimon. Mamoru Hosoda revient en cette fin d’année avec un nouveau long dont le titre est un adjectif ad hoc pour qualifier le résultat final : Belle.

Elle s’appelle Suzu (« clochette » en japonais) dans le monde réel et Bell(e) (« clochette » en anglais) dans un monde virtuel. L’héroïne du nouveau Hosoda est à la fois une jeune fille introvertie et solitaire, vivant dans un petit coin de campagne japonaise et la chanteuse ultra populaire d’un monde virtuel à la Ready Player One, où tout le monde est représenté par un avatar qui masque sa véritable identité. Mais cet échappatoire n’en sera plus tout à fait un quand une Bête monstrueuse va y faire son apparition. Belle va alors se faire rattraper par la réalité.

Pour opposer les deux mondes, le réalisateur va opposer deux styles graphiques. Le monde de tous les jours de l’héroïne a été animé en 2D traditionnelle, avec tout le talent qu’on lui connait. L’animation est superbe, avec une bonne touche de réalisme pour nous donner l’impression d’être dans un Japon de papier. A à l’opposé, le monde virtuel appelé « U » est en grande majorité en images CG, avec un rendu proche de l’animation traditionnelle. Pour cette partie, Hosoda s’est entouré d’artistes, notamment de Tomm Moore et Ross Stewart. Les deux réalisateurs du Peuple Loup sont venus apporter une touche personnelle, notamment dans les décors aux formes géométriques très marquées.

Si Miraï était un film à l’intrigue assez simple, Belle est un long métrage très riche. On y suit une jeune fille formidable qui se cherche une place dans le monde. Dans la réalité, elle est marqué -comme souvent chez Hosoda- par des problèmes familiaux. Dans le monde virtuel, elle est quelqu’un de complètement différent. Et on ne peut s’empêcher de penser à toutes les personnes introverties qui ont trouvé leur salut dans des relations ou des mondes virtuelles.

Suzu, elle, va y croiser une créature monstrueuse mais va aussi voir au delà de l’apparence. Elle sait très bien qui elle est réellement et comment cela fonctionne alors, forcément… C’est à cet instant que Mamoru Hosoda va rendre hommage à la Belle et la Bête, jusqu’à reprendre des plans du film de Gary Trousdale et Kirk Wise produit par Disney. On bascule de la réalité, à la fantaisie, au conte pur avec une belle aisance narrative et une émotion qui, si elle met du temps à se mettre en place finit par monter pour ne plus vous lâcher.

Le récit est dense, évoquant deux mondes et de multiples sujets. On pourrait croire qu’il se cherche un peu mais Mamoru Hosoda a besoin de tout cela pour nous emmener vers un endroit précis. On peut donc avoir du mal à y rentrer mais difficile ne pas retenir ses larmes devant le très beau dernier acte. Dans Ready Player One, Steven Spielberg nous disait de pas abandonner totalement le monde réel, qui mérite bien sa chance. Dans Belle, Mamoru Hosoda va plus loin en vous montrant que vous, oui vous, pouvez le changer.

Décidément, le réalisateur japonais n’a pas fini de nous ravir.

Belle, de Mamoru Hosoda – Sortie le 29 décembre 2021

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