Sans doute conscient que le film avait plus à proposer qu’un simple DTV super-héroïque comme le studio en sort trois par an, Warner Bros a, chose étonnante, montré Batman Ninja à la presse en amont de sa sortie.

Il faut dire que les premières images diffusées en décembre avaient fait du bruit sur les réseaux sociaux.

 

LA CRITIQUE

Ce qui est formidable avec l’univers des super héros de papier, c’est qu’on peut tout imaginer, que tout est possible. Ainsi, un jeune new yorkais peut se retrouver avec des pouvoirs d’araignées, le survivant d’une planète disparue peut devenir un héros grâce à notre soleil. Alors qu’un milliardaire se costumant en chauve-souris pour sauver la veuve et l’orphelin se retrouve téléporté en plein Japon féodal n’a finalement rien de surprenant. Ca tombe bien, parce que c’est le pitch de Batman Ninja, nouvelle production DC Comics et Warner Animation.

Le Chevalier Noir, ces acolytes et les méchants les plus connus qu’il a déjà affronté vont se retrouver à une autre époque et dans un autre pays à cause d’une machine créée par le singe Grood. Mais quand Batman va apparaitre au Pays du Soleil Levant, le Joker et sa bande auront déjà envahi l’ile depuis plusieurs années. Il aura donc fort à faire pour libérer le pays mais aussi rétablir le cours de l’histoire et renvoyer tout ce petit monde à la bonne époque.

Réalisé par Junpei Mizusaki, producteur de JoJo’s Bizarre Adventure passé par le jeu vidéo, Batman Ninja est une idée non seulement bien trouvée mais aussi bien faite. Marvel avait tenté l’aventure avec le studio Madhouse il y a quelques années, avec quatre séries de qualité médiocre et deux films dont on ne retient que “Avengers Confidential: Black Widow & Punisher” pour ses scènes d’action. C’était vaguement amusant et aussitôt oubliable. La production Warner/DC est toute autre : décors soignés, références aux estampes japonaises, aux travaux de Katsushika Hokusai et sa fameuse vague. Le film est visuellement très joli et dynamique. Même l’utilisation de la 3D cellshadée, de plus en plus commune dans l’animation japonaise et au rendu souvent assez laid (comme dans le Godzilla anime par exemple) fait son effet.

L’histoire est intéressante grâce à son univers qui mêle Japon traditionnel et technologie et parce que le fait qu’on soit dans une production nipponne hors de l’univers animé DC habituel permet aux scénaristes comme aux animateurs de s’en donner à coeur joie. Alors certes, le rythme est rapide mais on prend du plaisir à voir ce Batman appréhender un univers où il se retrouve dépouillé de ses gadgets habituels pour mieux devoir appréhender la voie du ninja. On reprochera néanmoins un trop plein de personnages qui fait que, malgré les rebondissements, certains sont vraiment trop peu utilisés pour avoir un quelconque intérêt. C’était amusant deux minutes d’envoyer Double Face et le Pingouin en plus du Joker en plein Japon ancien mais si c’est pour ne strictement rien faire…

Empruntant à la culture japonaise sous toutes ses formes, le film peut se révéler trop rapide à suivre, et peut-être trop hystérique avec ses personnages qui passent leur temps à hurler. Et certaines séquences décontenanceront le spectateur occidental bien trop raisonnable. Batman au Japon féodal peut passer, même quand il transforme sa Batmobile en armure. Mais acceptera-t-on dans nos contrées de voir des temples devenir des méchas et s’associant eux même en un robot super géant façon sentaï ? Et le voir affronter un Batman tout aussi géant lui-même formé par… on n’en dira pas d’avantage.

Difficile de bouder son plaisir devant Batman Ninja. Même s’il y a des défauts de rythme et d’écriture, même si le film peut laisser de marbre les gaijin, l’univers est suffisamment original et généreux qu’il serait dommage de passer à coté.

Batman Ninja, de Junpei Mizusaki – Sortie le 9 mai en DVD et blu-ray

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