Réalisateur de la Panthère des Neiges, participant à La Marche de l’Empereur de Luc Jacquet, Vincent Munier est un documentariste et un photographe de talent (rien que son compte Instagram est une dinguerie). Il revient en salles pour clôturer l’année en beauté avec Le Chant des Forêts, une ode magique à la nature à deux pas de chez vous.

Film sur la transmission, en très grande partie tourné dans les Vosges, Le Chant des Forêts rassemble un père (Vincent Munier), son père, et son fils. Tous les trois, ils évoquent leurs souvenirs d’affût, de longues heures passées sous du camouflage pour tenter d’apercevoir et de capter des animaux. Leurs échanges sont le point de départ de longues balades en forêt où le spectateur les accompagne au plus près, pour (re)découvrir la beauté du monde qui nous entoure.
Munier prend la plupart des documentaires à contrepieds. Ici, pas question de montrer du spectaculaire. Pas de voix off qui imagine une histoire à partir des images tournées avec des animaux qui n’ont rien demandé. Ici, on s’allonge dans la neige/la terre/l’herbe et on contemple. Et on écoute. Pas mal des séquences du film ne sont là que pour le son. Vous pourrez fermer les yeux et écouter tous les sons que produisent une forêt. Le film n’est pour autant pas avare en images animalières. Il parvient à capter des moments magnifiques, des cerfs, des oiseaux, des renards, et même un animal disparu en France : le grand tétras. Au cas où vous soyez perdu et teniez à identfier toutes les rencontres, le générique de fin les liste pour vous. Indiquons néanmoins que le voyage vous fera croiser : un grand tétras, une chevechette, un chat sylvestre, un renard roux, une hermine, un grand duc, un cerf, ou encore un lynx.

Même si l’histoire peine à conclure, difficile de bouder notre plaisir devant un tel tourbillon de beauté. La nature y est superbement filmée, superbement cadrée, magnifiquement étalonnée (ces contrastes !) et tout aussi bien mise en musique par le génial Warren Ellis qui livre une partition envoutante. Les images sont aussi belles qu’émouvantes. C’est bien simple : Le Chant des Forêts est un des plus beaux films de 2025.
A l’heure du climat anxiogène général, du dérèglement climatique, des fous qui prennent le pouvoir, du trafic d’arbres, de toutes les décisions qui vont à l’encontre du besoin vitale de protéger la faune et de la flore pour maintenir la planète en bon état, le Chant des Forêts n’est pas seulement une expérience quasi-mystique où on accompagne un trio à l’affut pour profiter du son et des images que les bois ont à nous offrir, parfois à quelques centaines de mètres de chez soi. C’est une preuve qu’il a du beau et du bon sur cette Terre et, pour citer Sam le Hobbit du Seigneur des Anneaux, « du bon qui mérite qu’on se batte pour lui. »
Le Chant des Forêts, de Vincent Munier – Sortie en salles le 17 décembre 2025
