Peut-on vraiment faire mieux que Jurassic Park, le film de Steven Spielberg sorti en 1993 ? Joe Johnston, Colin Trevorrow et Juan Antonio Bayona s’y sont cassés les dents, pas aidés par des scripts pas toujours malins (voir catastrophiques). C’est désormais autour de Gareth Edwards de tenter sa chance, aidé par David Koepp au scénario (il avait écrit l’original de 93) avec ce qu’on nous annonce comme un retour aux sources de la franchise. Mais pour quel résultat ?

Après un court prologue, un carton donne le ton : les dinosaures partout sur Terre, c’est terminé. Pour des raisons de maladie ou de climat mais aussi d’une envie de revenir sur les films précédents. C’était un peu trop ingérable. Les créatures survivantes vivent dans des environnements tropicaux le long de l’équateur. Dans ce nouveau contexte, une entreprise pharmaceutique recrute un paléontologue et une ancienne militaire pour partir en quête d’ADN de dinosaure, dans le but de créer des médicaments annoncés comme révolutionnaires. Leur route vers un ancien centre de recherche génétique dépendant des parcs va croiser celle d’une famille, dont le bateau a chaviré.

Après trois tentatives de faire du grand spectacle très moderne, la franchise revient à ce qu’elle faisait mieux : du divertissement à plus petite échelle, jouant sur nos peurs avec finalement pas grand chose. Pour cela, David Koepp pioche généreusement dans la trilogie originale non seulement à grand renfort de clins d’oeil mais aussi d’éléments narratifs : l’histoire se déroule sur une île sans parc et mêle deux groupes de personnages.

Ce n’est pas pour autant que le travail du scénariste fonctionne. Certains personnages vont se révéler inutiles (à quoi sert vraiment Scarlett Johansson ?) et des raccourcis idiots viennent ponctuer la narration. En plus, pendant deux heures, Koepp va tenter de s’éloigner autant que possible des films originaux tout en étant happé par eux. Ainsi, tout le premier acte tente un truc (en pleine mer façon Jaws) mais le scénario revient quand même à une ersatz de parc dans sa conclusion.
Dans ce bazar d’écriture, on a plutôt apprécié la fraicheur de la famille portée par Manuel « Micky Haller » Garcia-Rulfo, qui se révèle plus intéressante que le groupe « officiel » et le personnage de Jonathan Bailey. Le reste du casting est plus hésitant, entre inutile et bancal.

Gareth Edwards, biberonné aux films de Steven Spielberg, s’amuse beaucoup à citer son maître. Jurassic Park, certes, Jaws encore mais aussi Indiana Jones sont de la partie. Le réalisateur commence un peu trop doucement, le film mettant trop de temps à se mettre en route et encore plus à vraiment décoller. Mais petit à petit, la mayonnaise va finir par prendre. Quelques scènes vont se révéler très chouette, comme celle de la découverte des apatosaures – on y a vu un hommage au Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles.
C’est d’ailleurs pendant cette scène que le compositeur Alexandre Desplats utilise le thème de John Williams plein pot. Pendant le reste du long métrage, le Français propose d’avantage son propre travail, soigné. Il avait déjà appliqué cette méthode sur la saga Harry Potter, en cherchant à s’imposer plutôt qu’à reprendre.

Que retenir de tout ça ? Que Jurassic World Renaissance parvient à être divertissant malgré ses défauts d’écriture, grâce à certains personnages attachants et à des péripéties de plus en plus haletantes. En acceptant quelques bêtises, on passe un joyeux moment, plus efficace que tous ceux de la trilogie précédente. Mais Steven Spielberg lui-même n’avait pas réussi à se dépasser. Gareth Edwards n’y arrive pas non plus, malgré ses efforts.

Jurassic World Renaissance, de Gareth Edwards – Sortie en salles le 4 juillet 2025

2 Commentaires

  1. Vraifandecimema

    Ce genre d’article est une perte de temps. Un pseudo journaliste qui se permet de donner son avis sans que personne ne lui demande. C’est à cause d’article critique de film que le cinema va mal aujourd’hui. Le film n’est même pas encore sortie, que déjà on le critique. C’est comme juger un livre à sa couverture sans même savoir lire ce qu’il y a écrit sur la couverture.

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