Les Schtroumpfs et l’Amérique, c’est une vieille histoire qui a démarré quand Hanna-Barbera a mis en production une série d’animation, LA série d’animation des Schtroumpfs portée par Dorothée au générique, Gérard Hernandez et Francis Lax. 303 épisodes plus tard, la série fait encore parler d’elle outre-Atlantique.
Les petits personnages bleus vivant dans une forêt enchantée au Moyen Age créés par Peyo en 1958 continuent d’avoir des aventures aussi bien sur papier qu’à l’écran. Le 43 album, Le Trophée des Schtroumpfs, est paru en aout dernier. Au cinéma, les Smurfs comme ils sont appelés là-bas continuent à être déclinés. Deux longs métrage mêlant live et animation ont été réalisé puis le sympathique Le Village Perdu a pris le relais.
Mais en 2025 les Schtroumpfs ont changé de studio pour un reboot animé porté par Chris Miller (celui du Chat Potté, pas celui de Spider Verse) et produit par Rihanna.

Dans cette nouvelle version, le Grand Schtroumpf cache un secret : il protège un grimoire magique qui, s’il est réunit avec trois autres, peut détruire l’univers. Rien que ça. Au célèbre village, le Schtroumpf « sans nom » se cherche. Et finit par découvrir en lui la capacité de faire de la magie. Une magie qui va se révéler catastrophique puisqu’elle va révéler l’emplacement du village. Et le Grand Schtroumpf va se faire enlever. Les habitants, menés par la Schtroumpfette et le fautif vont donc partir à sa recherche à travers le multiverse.

Oui, du multiverse. Comme chez Marvel. Mais Chris Miller n’est pas Chris Miller (vous avez suivi) et son récit ne sait pas quoi faire de cette idée. Ou quand un producteur a dit que ce serait une bonne idée de faire comme en face, sans savoir comment ni quoi développer. C’est l’énorme problème d’un film globalement pour les plus jeunes. C’est mal exploité, mal foutu et totalement incohérent. Les scènes à Paris, teasées dans la promo et manifestement tournées ailleurs que dans la capitale française ne servent à rien. Les personnages se retrouvent ensuite dans une Australie toute numérique. Puis en Allemagne où certains lieux peuvent être à la fois en live et en animation sans qu’il n’y ait aucun règle. N’en jetez plus, le spectateur est perdu. C’est d’autant plus idiot que la même intrigue, resserrée sur la forêt magique et quelques lieux bien médiévaux, aurait fait un taf tout à fait honorable. Mais non, il a fallu que quelqu’un décide que ça devait être en live, contemporain parisien et comme en face.

Pourtant, le film aligne les idées qui auraient pu être mieux développées. Déjà, la version française est impeccable (mais qui irait voir les Schtroumpfs en VO). Même Jérome Commandeur fait un travail hyper soigné dans le rôle du Schtroumpf Sans Nom et on prend du plaisir à réentendre Hernandez doubler le Grand Schtroumpfs. On apprécie aussi certaines trouvailles, comme le Schtroumpf Bruiteur, le fait d’avoir proprement repris les origines de la Schtroumpfette, ou toute une séquence où les technologies s’enchainent (de la stop motion, des Schtroumpfs en pixels…). Même visuellement, le mélange de 2D/3D fonctionne à peu près.

Mais ce sont des détails qu’on picore à droite et à gauche dans une aventure pas très passionnante, définitivement plombée par son visuel et qui ne manque finalement que d’une seule chose : il aurait fallu piocher plus largement dans l’intemporelle oeuvre de Peyo, dont l’univers foisonnant débordait des idées que les équipes américaines n’ont pas eu.

Les Schtroumpfs, de Chris Miller – Sortie en salles le 16 juillet 2025

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