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Critique : Sherlock Holmes


Le Club300 Allociné m’a offert un joli voyage jusqu’à Londres. Au 221b Baker Street, précisément, lieu de résidence du plus grand détective du monde. Et pour quelques heures, de Robert Downey Jr, Jude Law, Mark Strong et le réalisateur Guy Ritchie.
Voici la critique de Sherlock Holmes.

Critique initialement publiée le 12 janvier.
Le film sort en salles ce 3 février.

Sherlock Holmes – Sortie le 3 février 2010
Réalisé par Guy Ritchie
Avec Robert Downey Jr., Jude Law, Mark Strong, Rachel McAdams

Version française Youtube

 

Qu’est ce qu’une bonne adaptation ? Y a-t-il une recette ? Watchmen est un copié collé de la bande dessinée transposée à l’écran mais du coup sans âme. L’âme, Sam Raimi a réussi à la capter avec Spider-Man. Jon Favreau réussit également à s’y retrouver avec Iron Man. Chris Nolan, lui, change Batman pour en faire le témoin passif d’une action.
Faut-il vraiment changer un personnage pour le rendre « contemporain » ?

Guy Ritchie a décidé, avec Simon Kinberg (X-Men 3) et Anthony Peckham (Invictus) au scénario d’adapter largement Conan Doyle. Dès les premières minutes du film, on découvre un Sherlock Holmes différent. Le Sherlock Holmes 2010 version cinéma est cool. Si ça peut paraitre sympathique de le voir nonchalant, peu soigné, blagueur, ce n’est en rien l’Anglais classe décrit par Sir Arthur et même si Robert Downey Jr, parfait en détective cabotinant, s’en donne à coeur joie.
La classe, ici, est incarnée par un Jude Law aussi bon que son partenaire et plus british que jamais.

Une production moderne et adaptée d’un classique doit malheureusement avoir un personnage féminin. La sympathique Irène Adler, apparaissant modestement dans Un Scandale en Bohème, devient donc une sorte de Catwoman avec qui Holmes a une relation ambigue, voleuse émérite travaillant pour un mystérieux employeur (dont les amateurs découvriront l’identité dès sa première obscure apparition).

Ces « ajustements » comme on dit sont les seuls vrais points noirs du film, avec peut-être un méchant -incarné par Mark Strong- malheureusement trop peu présent et donc pas assez méchant.

Au delà de ces considérations, que les non-spécialistes passeront, le film est une grande réussite. Guy Ritchie offre une splendide vision de Londres à la fin du 19e siècle dans une mise en scène qui m’a un peu rappelé Peter Jackson, alternant plans simples et effets de caméras (dont une spectaculaire explosion qui ne manquera pas de vous couper le souffle). Il rappelle aussi Peter Jackson pour le coté « sale » des personnages, costumes et décors très travaillés.

Par ailleurs, le film n’est pas celui vendu par la promotion et les bandes annonces. Ca reste Sherlock Holmes avant tout, et pas un super héros au 19e siècle.

Le film va s’attarder, peut-être un peu trop d’ailleurs et malheureusement pour l’intrigue principale, sur ses personnages et sur le célèbre détective de Baker Street. Le duo Holmes-Watson fonctionne vraiment à merveille, notamment grâce aux deux talentueux acteurs que sont Law et Downey Jr. Une véritable complicité se sent entre eux du début à l’avant. Et si on évite l’histoire évoquant leurs premières rencontres, on sent d’autant plus qu’ils ont déjà vécu ensembles de nombreuses aventures.

Holmes, lui, est comme je le disais cool. Il vit dans une maison désordonnée, n’est jamais vraiment soigné ni vraiment classe même dans ses moments de génie pur. Il préfère utiliser ses talents de déduction pour se moquer gentiment des femmes aussi… Méritait-on de voir vraiment ça à l’écran ?
Outre cet aspect, Sherlock Holmes reste le plus grand détective du monde mettant ses talents de fin limier au service de l’inspecteur Lestrade et pour déjouer une série de meurtres conduisant à un machiavélique projet. Ritchie s’amuse là à habilement mettre en scène chacune des brillantes scènes de déductions, alternant pensées du détective en voix-off et flash backs permettant au spectateur de tout comprendre.

Malgré des problèmes principalement liés à une volonté de faire un film moderne et tout public en s’éloignant un peu trop du travail de Conan Doyle, Sherlock Holmes est une réussite, un film habilement mené par un réalisateur maitrisant son métier et un casting parfait dont la fin s’ouvre sur une suite probable, qu’on sera impatient de découvrir.

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18 commentaires pour “Critique : Sherlock Holmes”

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