Joe Taslim vit son heure de gloire. Actuellement à l’affiche de Mortal Kombat II dans le rôle de Sub Zero, l’ancien champion de judo né en Indonésie est également à l’affiche d’un long métrage exceptionnel : The Furious. Entre temps, Taslim était déjà au générique de films d’actions sérieux dont The Night Comes for Us et l’évident The Raid qui lui a permis d’être repéré et d’enchainer les rôles badass.
A l’image du film de Gareth Evans, The Furious marque un tournant dans l’histoire du film d’action.
The Furious (火遮眼) suit deux hommes : Taslim, donc, dont la femme journaliste a été enlevée alors qu’elle enquêtait sur un trafic d’enfants, et le personnage incarné par l’acteur chinois Xie Miao dont la fille a disparu sous ses yeux. Tous les deux vont se croiser et s’unir alors qu’ils remontent la même filière pour retrouver leurs disparus.

En ouvrant son film sur la journaliste et en la montrant botter le cul de ses ravisseurs, The Furious donne le ton : il n’est plus question d’écrire un film d’action comme autrefois. La victime n’est plus seulement l’objet de la quête que le héros est ravi de trouver à la fin de son périple mais bien un personnage qui prend part à l’action (et Yanin Vismitananda est exceptionnelle). Le réalisateur Kenji Tanigaki choisit également de montrer la jeune fille enlevée pendant sa captivité et lui donne un rôle actif, une idée qui rend la résolution du film encore plus émouvante.
Cette envie de renouvellement se sent aussi dans la production. Le film se passe officiellement « dans un pays d’Asie du Sud Est ». Il rassemble un réalisateur japonais ayant travaillé à Hong Kong, des acteurs chinois et indonésiens. Les frontières sont ouvertes, et les talents se mélangent, ce qui permet aussi de mélanger différents arts martiaux et manières de combattre. Le judo, le kung fu ou même le silat viennent se mélanger pour un résultat qui décollera la rétine des amateurs de genre, Tous les comédiens sont aussi des combattants, ce qui permet une mise en scène dépouillée de trucages et de longues séquences où chacun donne de sa personne.
Si par ici on aimait déjà beaucoup Joe Taslim et sa gueule souriante, nous avons découvert Xie Miao (apparu dans Agent Spécial en 95 aux cotés de Jet Li pour citer un film sorti dans nos contrées) et l’incroyable Brian Le. Cascadeur aperçu dans Shang Chi ou Buller Train, le bougre défie les lois de la gravité. On se demande encore comment le comédien peut se déplacer aussi vite et aussi souplement quand on voit la masse qu’il représente. En interview, il dit s’être inspiré de Donkey Kong, mais alors une version du personnage vidéoludique à la fois énorme et léger comme une plume.
Le résultat est à la fois classique dans sa construction mais jalonné de bonnes idées. Mais The Furious innove par ses chorégraphies de combat. Le dernier acte, impliquant cinq personnes se mettant des patates, est littéralement du jamais vu au cinéma. Les corps se chevauchent, s’enchevêtrent, se cognent, rebondissent, se frappent dans des séquences tout bonnement ahurissantes. Les scènes de combat deviennent un ballet chorégraphié ultra-précis et merveilleux à regarder. L’auteur de ses lignes va probablement s’offrir une seconde vision rien que pour ce dernier acte. Il vous recommande par ailleurs d’en voir le moins possible pour en garder la surprise.
Les films d’arts martiaux ont été marqués par différents jalons. Bruce Lee, Jackie Chan, Jet Li ont marqué le genre de leur empreinte. Tony Jaa et son fameux coup de genoux sauté ont apporté leur pierre à l’edifice. The Raid a ouvert la voie à des films à l’action encore plus radicale (Headshot, The Night Comes for Us, Kill). The Furious n’est rien de moins que le jalon d’après. On a donc forcément envie de le revoir mais aussi de scruter l’avenir et les futures productions qui s’inspireront de cet immense banger.
Pour compléter cette lecture, vous pouvez lire « The Furious, le spectacle corporel virtuose comme vecteur de syncrétisme et d’innovation » par Alex Rallo sur FilmExposure.
The Furious, de Kenji Tanigaki – Sortie en salles le 10 juin 2026

