Le Sabre des gardiens (Biāo rén: Fēng qǐ dàmò, 镖人:风起大漠) a fait l’ouverture ce mardi 1er septembre à Paris de la 32e édition de l’Etrange Festival. La salle était évidemment pleine à craquer pour découvrir en avant-première française et en amont de sa sortie en salles le 25 novembre prochain le nouveau film de Yuen Woo-ping.
Le nom de Yuen Woo-ping ne vous est pas étranger. Réalisateur en 1978 de Drunken Master avec Jackie Chan, il a chorégraphié les combats de Il Etait Une Fois en Chine de Tsui Hark, de la saga Matrix pour les Wachowki, de Tigre et Dragon ou encore de The Grandmaster pour Wong Kar-wai. Autant dire que le bougre touche sa bille quand il est question de mettre en scène de la bagarre. Son nouveau mong métrage n’est pas en reste, surtout que le réalisateur a désormais 81 ans !

Adapté d’une bande dessinée chinoise, Biao Ren, déjà adapté en animé, Le Sabre des Gardiens raconte l’histoire de Dao Ma, un ancien garde du corps devenu chasseur de prime. A la demande d’un chef de tribu, il doit escorter quelqu’un jusqu’à la ville de Chang’an. Associé à d’autres personnages, ils seront pourchassés à travers le désert.
Sous couvert de contexte historique, Yuen Woo-ping nous ramène au traditionnel film de sabre chinois dans lequel de nombreux personnages se font la bagarre. On avait peur de ne pas tout comprendre vu la multiplicité des protagonistes (et leur appartenance à douze mille clans et factions) mais il faut bien reconnaitre une fluidité certaine dans le récit et pour autant, aussi, une certaine facilité : le groupe de héros, dont les caractéristiques sont effectivement sorties d’une bande dessinée, est pourchassé par des armées entières et des astuces de scénario permettent d’éviter l’affrontement.

Mais les pirouettes ne sont pas que scénaristiques. Le Sabre des Gardiens est – évidemment – d’une générosité sans faille en matières de combats. Au sabre, à la hache, à l’arc, à mains nues, en virevoltant dans les airs, en enflammant des lames. Yuen Woo-ping est toujours en très grand forme en la matière et les amateurs du genre trouveront d’autant plus leur compte que le wu xia exporté en Europe n’est plus si légion, souvent remplacé dans nos salles par des films de bagarre plus bruts et modernes, comme The Furious ou City of Darkness.
Si la photo façon lumière naturelle du désert est un peu plate et que la réalisation aurait mérité être parfois un peu plus artistiques, on salue néanmoins le travail du réalisateur – surtout à un âge où on s’attendrait à voir le film de trop. Yuen Woo-ping a encore à raconter et il le fait avec des copains puisqu’en dehors de l’ébouriffant Jing Wu (vu dans The Wandering Earth), il ramène Jet Li, 63 ans, Tony Leung Ka Fai ou Zhang Jin (The Grandmaster) dans des rôles importants.
Tout cela devrait vous convaincre de bien cocher la case du 25 novembre, ce serait dommage de vous priver d’un joyeux plaisir de bagarre au sabre.
Le Sabre des Gardiens, de Yuen Woo-ping – Sortie en salles le 25 novembre 2026
