Critique : Instinct de Survie (The Shallows)

Après avoir fait faire tout et n’importe quoi à Liam Neeson pendant trois films (regardez quand même Non Stop, c’est le plus sympa), le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra change enfin de registre pour s’offrir un huis clos sur une plage connue seulement des surfeurs.

Pour le rôle principal, et presque unique du film, le réalisateur a fait appel à la trop rare Blake Lively qui sera aussi prochainement à l’affiche de All I See Is You de Marc Forster.

 

LA CRITIQUE

Dans un été déjà pas très glorieux pour les blockbusters, ce sont aux séries B de tenter de s’imposer. « Instinct de Survie », par Jaume Collet-Serra, a dans sa poche deux atouts pour convaincre le spectateur : Blake Lively et un requin (et une mouette en guest-star).

« Instinct de Survie » s’ancre dans la grande tradition des thrillers où les requins ont le mauvais rôle. On serait tentés de dire que dans le cas du pauvre squale en conflit avec Blake Lively, c’est même lui qui vient se faire embêter alors qu’il voulait simplement manger sa baleine en paix. A partir de ce moment-là, et peu importe le background médiocre concocté par les scénaristes à notre héroïne, il est dur de prendre parti pour elle.

On pourra saluer le fait qu’au lieu d’en faire une héroïne sans cervelle comme c’est le cas dans la plupart de ce genre de films, Collet-Serra en fait une femme débrouillarde, à la force presque surhumaine et à la culpabilité bien compréhensible. Blake Lively livre une performance honnête, dans la mesure de ses moyens, et ça marche relativement bien pour ce qu’on lui demande (à savoir : nager, surfer et tenter de tuer un requin). Pendant une heure, malgré de grosses incohérences, le film se laisse suivre sans déplaisir pour ce qu’il est : une friandise d’été sans saveur, mais divertissante. Collet-Serra se fait plaisir sur quelques plans, s’autorise une séquence gentiment gore, et fait exploser sa palette de couleurs bleuâtres comme c’était le cas sur Non-Stop et Sans Identité.

Vient alors le dernier quart d’heure catastrophique, qui fait basculer le film dans la sinistre dimension Asylum, celle-là même qui nous a « offerts » les Sharknado. Le scénario se vautre dans le n’importe quoi absolu et fait involontairement rire alors que la tension fonctionnait bien jusqu’alors. On ne vous spoilera pas la fin mais c’est probablement l’une des scènes les plus ridicules vues ces derniers temps.

Si on doit être honnêtes, « Instinct de Survie » n’est pas le pire film sorti cet été. Mais cela ne veut pas que c’est bien pour autant. Si voir une mouette voler la vedette à Blake Lively vous intéresse, ce film est pour vous. Sinon, vous pouvez passer votre chemin et continuer de préférer le sable des plages aux salles de cinéma.

Instinct de Survie de Jaume Collet-Serra, de – Sortie le 17 août 2016



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