Après Shortbus, un film voulant “démystifier le sexe” selon son réalisateur et contenant de nombreuses scènes explicites, John Cameron Mitchell revient avec un long métrage très sage : Rabbit Hole.

Nicole Kidman, nommée aux derniers Oscars et Golden Globes pour son rôle, et Aaron “Double Face” Eckhart dans les rôles principaux incarnent un couple, la quarantaine, habitant un pavillon d’une banlieue New Yorkaise. Malheureusement, ils ont perdu leur enfant dans un tragique accident de voiture… Un drame quoi.

Voici ma critique.

 

Rabbit Hole – Sortie le 13 avril 2011
Réalisé par John Cameron Mitchell
Avec Nicole Kidman, Aaron Eckhart, Dianne Wiest
Huit mois après la disparition de leur fils, Becca et Howie redonnent peu à peu un sens à leur vie. Howie tente de nouvelles expériences tandis que Becca préfère couper les ponts avec une famille trop envahissante. Contre toute attente, elle se rapproche du jeune homme responsable de la mort de leur enfant. Cette relation étrange va permettre à Becca d’être enfin en paix avec elle-même.

 

Je ne devrais pas aller voir de drame au cinéma. J’évite déjà les drames français parce qu’ils sont souvent mal joués en plus d’être pénibles mais de temps en temps, je laisse leur chance aux drames américains. Rabbit Hole en fait partie. Si je suis allé voir le film, outre pour pouvoir vous en parler avant sa sortie, c’est en partie pour son casting. Après tout, un couple formé de Aaron Eckhart et Nicole Kidman attire forcément l’attention, les deux comédiens ayant largement fait leurs preuves au cours de leurs carrières respectives.

Le deuxième mauvais point, c’est que Rabbit Hole est adapté d’une pièce de théâtre par son créateur. Sans vouloir tomber dans la généralité ou la caricature, on est souvent face dans ce genre de cas à un découpage théâtral du film, en actes et scènes, dans peu de décors et on finit par se sentir coincé dans une salle aux sièges rouges alors qu’on est bel et bien au cinéma.
C’est un peu le cas ici, les personnages ne se baladant que dans trois ou quatre décors différents (la rue et son parc, la maison, la salle de réunion…).

Le sujet abordé n’est certes pas évident mais aurait mérité sans doute un autre traitement. Le couple dont je vous parle vivent encore, des mois après, la disparition de leur jeune fils dans un tragique accident de voiture. Comme on n’a aucun mal à l’imaginer, ils vivent difficilement la situation, chacun différemment et l’absence de leur gamin les fait s’éloigner. Chacun vit ce genre de situation différemment mais dans un film de cinéma, on aurait aimé voir un peu plus de combativité de la part des personnage.

Et c’est bien le gros point faible de Rabbit Hole : il ne se passe rien.

Nicolas Kidman passe son temps chez elle, à pleurnicher une couverture sur les genoux et Eckhart continue sa vie. Tous les deux tentent quand même quelques trucs, comme un de ses comités de parole très américain et façon alcoolique anonyme où les gens se retrouvent pour s’exprimer et pour acquiescer ce que disent les autres, en buvant des cafés dans des gobelets en plastique.
De son coté, elle va rencontrer le jeune conducteur de la voiture, celui est malheureusement responsable du décès du garçon, et ils vont se voir pour discuter.
Mais là aussi, de la même manière, ça ne mène à rien. Leurs différentes et vaines tentatives de s’en sortir ne sont pas assez développées, pas assez surlignées pour être intéressantes et pour qu’on puisse comprendre leur peine. Pour une fois, le film aurait peut être mérité d’avoir de plus gros sabots.

Malgré une réalisation sympathique, quelques passages et corrects et de bons acteurs (surtout Aaron Eckhart en fait, et ce malgré les différentes nominations de Nicole Kidman), Rabbit Hole est d’un ennui profond.
Je n’aime définitivement pas les mélodrames.

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