4 films et non des moindres aujourd’hui.

Jean-Victor a en effet vu Saving General Yang de Ronny Yu dont la bande annonce diffusée sur CloneWeb en décembre dernier faisait rudement envie. Si le film n’a pas encore de date de sortie française, nulle doute qu’on finira par le voir que ça soit en salle ou chez soi. Il vous parle aussi de Cheap Thrills de E.L Katz.

De son coté, Arkaron a vu une histoire de vampires intitulée Kiss of the Damned, réalisé par Alexandra Cassavetes, fille de John et soeur de Nick ainsi que Chimères de l’ami Olivier Béguin. Nous avions rencontré le réalisateur suisse à plusieurs reprises dont au NIFFF 2010 mais aussi pour une présentation de Chimères ainsi que sur le tournage de son court métrage Employé du Mois. On a enfin pu voir à quoi ressemblait son premier long…

 

Cheap Thrills
de E.L Katz (2013)

L’an dernier, le NIFFF subissait de plein fouet la prétendue subversion, totalement boursouflée, de God Bless America. L’édition 2013 aura le droit au film de petit malin azimuté du bulbe avec ce Cheap Thrills, dans lequel un homme fraîchement au chômage et à deux doigts de l’expulsion de logement se retrouve embarqué avec une vieille connaissance dans un jeu étrange. Et pour cause, puisqu’un couple pété de brouzoufs croisé dans un bar leur propose de l’argent en échange de défis de plus en plus cons. Ca commence avec 50 dollars au premier qui gobera son shot de tequilla, puis 500 à celui qui frappera le videur, etc… Une idée simple, qui se rêve en reflet d’une société en crise capable d’aller de plus en plus loin dans le sacrifice des valeurs et dans l’humiliation pour survivre. Une idée simple et malheureusement unique, le scénario ne proposant rien d’autre que cette montée en puissance d’enchères sordides, qui fera sûrement le bonheur des ados amateurs de jackass et autres conneries dans le genre. C’est problématique car vite redondant, le film proposant quelques effets gores mais ne pouvant tomber dans la subversion auquel il aspire vu que le tout reste paradoxalement puritain, comme le prouve une scène de sexe totalement habillée. Vain et limité, Cheap Thrills nous rappelle une fois de plus que la frontière entre subversion et bêtise est très fine…

 

Saving General Yang
de Ronny Yu (2013)

Ronny Yu est un type à la carrière bien curieuse, allant de productions américaines gras du bide comme la Fiancée de Chucky ou Freddy VS Jason, à côté de films asiatiques plus traditionnels tels Fearless ou Ye ban ge sheng . A vos souhaits.
Toujours est-il que Ronny réalise ici un Wu-Xia Pian inspiré de l’histoire du clan Yang, une famille de guerriers chinois qui a prospéré durant des générations avant d’assister à l’épisode conté ici, quand les 7 fils de la famille sont partis traverser le pays face à une invasion sanglante pour ramener le paternel à la maison. Pour simplifier, c’est 7 fistons face à une armée pour sauver papounet.
Classe hein ? Malheureusement, le fantasme promis par le pitch n’est pas tellement accompli puisque le long-métrage a le cul entre deux chaises, le récit historique se confrontant à une envie de scènes d’action over-the-top qui coupe trop rapidement. Loin de la maestria d’un John Woo sur les 3 Royaumes qui mariait précisément ces tonalités en multipliant les moments de bravoures, Ronny Yu a en plus tendance à trop découper ses scènes d’actions, ratant la spatialisation des moments les plus propices à la tactique martiale. Production solide s’il en est, Saving General Yang propose une direction artistique soignée et une bande son de haut vol, au service d’un récit mettant en avant des valeurs épiques à souhait, prônant le sacrifice, l’honneur et la famille. Ca suffira aux amateurs du genre pour apprécier la chose, mais il reste un goût d’inachevé, le film donnant plus envie de revoir le 13 Assassins de Takashi Miike qu’autre chose.

 

Kiss of the Damned
de Xan Cassevetes

Un autre film, une autre histoire de vampires… pas comme les autres. Plongé dans une atmosphère romantico-poétique, le film construit un univers intriguant et unique, qui s’autorise des séquences d’une composition et d’un cadrage magnifiques. Les personnages, censés constituer le cœur du récit, sont étonnamment peu épais, orientant finalement le métrage vers l’essai stylistique plus que vers la chronique idyllique. A son tiers, Kiss of the Damned relance cependant son intrigue, qui dépasse ainsi le cadre limité du couple d’amants et se perd légèrement en intrigues annexes qui tendent à diluer l’impact de l’univers visuel. Heureusement, le duo principal d’acteurs est convaincant et permet de pardonner les interprétations inconsistantes des rôles secondaires. Une belle découverte, pas exempte de défauts, mais efficace dans son approche esthétique et artistique.

 

Chimères
d’Olivier Beguin

Production suisse à petit budget (moins de 100 000 francs suisses), Chimères est le premier long métrage d’Olivier Beguin. L’histoire se concentre sur les vampires à nouveau, cette fois traités de manière plus naturaliste dans une narration ponctuée de parenthèses hallucinatoires. Recentré sur deux acteurs au travail inégal, Chimères est un film qui se veut généreux et ambitieux dans son dernier acte, sans oublier de créer une empathie pour ses protagonistes.
Malheureusement, si le scénario tient la route, la mise en images n’est pas toujours convaincante, la faute à une direction d’acteurs pas encore au point et à une approche peut-être un peu répétitive sur les mécanismes narratifs employés (en particulier dans l’utilisation des miroirs). On apprécie l’effort mis dans le traitement psychologique percutant du personnage principal, même s’il semble s’étioler légèrement à mesure que le film se déroule, probablement à cause d’un rythme déséquilibré. Certains choix étonnants tendent aussi à sortir le spectateur du film, notamment dans la représentation des quartiers dangereux déserts ou à travers une utilisation d’inserts sur fond noir qui laisse perplexe. Le dernier acte offre au public de l’action bien gérée quand on connait le budget, et l’on pardonne donc aisément le recours au hors champ.
Un début de carrière qui laisse entrevoir un véritable amour pour le genre et certaines compétences de mise en scènes donc… à suivre.

 

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