Après l’efficace Badh qui devait tout à l’implication de Marine Vacht, le cinéma français continue de proposer des tentatives de thriller ou de film d’action porté par des actrices. Après des décennies de héros testostéronés, on ne pas s’en plaindre. Pas plus qu’on se plaindra de voir Eye Haïdara en tête d’affiche de Mata, nouveau film de Rachel Lang (Mon Légionnaire).
Membre de la DGSE, Mata est sous couverture en mission en Afrique. Lors d’un déplacement en voitures pour aller voir des girafes, le convoi va se faire attaquer. Son compagnon de route, Antoine, ainsi que deux journalistes vont y laisser la vie. De retour à Paris, transférée à la Sécurité Intérieure, Mata va faire ce qu’elle peut pour retrouver les auteurs de l’attaque et délivrer son compagnon retenu en otages.

En ouverture, le film de Rachel Lang s’offre un carton pour rappeler qu’il est une fiction. Mais qu’elle s’inspire du réel. On comprend alors que Mata veut nous montrer la bureaucratie à la française même au sein des services de contre-espionnages. On va suivre non pas une héroïne à la Jason Bourne mais quelqu’un de coincé dans des procédures qui ne lui laissent pas la liberté dont elle a besoin. Mata n’est qu’un pion en bas de l’échelle, trop petit pour accéder à la vérité ? A moins que… ?
C’est une occasion pour la réalisatrice de faire le portrait d’une femme, de montrer son envie d’engagement, son rôle au sein de la société et un coté « soldat de l’ombre » (ceux auxquels le film est dédié). Elle est aidée par Eye Haïdara, complètement à fond dans le rôle, et secondée par des seconds rôles tout aussi efficace, Joséphine Japy en tête.

On pourrait croire à la lecture des deux précédents paragraphes que Mata est un film ronflant de gens qui parlent dans des bureaux mais il n’en est rien : c’est un vrai thriller d’espionnage, qui va emmener son héroïne sur le terrain et dans plusieurs pays. La différence avec les blockbusters que vous avez l’habitude de voir, c’est qu’elle est tout en bas de l’échelle hiérarchique et qu’elle va faire tout ce qu’elle peut pour mener à bien sa mission.
Le film a une grande qualité : il laisse suffisamment de portes ouvertes et de mystères pour qu’on ait envie d’en discuter longuement après la projection. Un film donc on a envie de débattre, avec un petit fond de parano, a forcément plus à dire qu’un autre qu’on regarde puis oublie.
Mata, de Rachel Lang – Sortie en salles le 27 mai 2027
