C’est assez étonnant qu’un personnage comme Charles De Gaulle n’ait pas été plus représenté au cinéma. Un film avec Lambert Wilson et … c’est tout ?
Antonin Baudry avait donc le champs libre devant lui pour une œuvre historique, aidé par 704 millions d’euros de budget, divisé en deux films (dont la deuxième partie, J’écris ton Nom, est prévue le 3 juillet – pile un mois après la sortie du 1er).
Un diptyque qui s’annonçait très ambitieux, ambitieux comme a pu l’être Le Chant du Loup. Mais si le film n’est pas exempt de défaut, il a le mérite d’exister et de proposer quelques belles scènes – malgré une direction d’acteurs un peu limite.

La Bataille de Gaulle, L’âge de fer est très beau. Visuellement léché, une belle photographie, une bonne musique, de beaux plans. Techniquement c’est quasiment impeccable. Mais c’est ailleurs que le bât blesse.
Avec ses 2h40 (!!!), le film peine à être vraiment intéressant et n’est en somme qu’une longue série de chefs de guerre (surtout De Gaulle et Churchill) parlant dans des bureaux. Les quelques scènes de guerre sont réduites à une trentaine de minutes, la plus importante étant celle de Bir-Hakeim. C’est d’autant plus dommage quand elles offrent les meilleurs passages du film. Mais Antonin Baudry semble être plus intéressé par la psychologie de son personnage que le reste.
Et si la promesse est intéressante, le résultat lui, l’est moins. La faute surtout à un casting stoïque empêtré dans l’imitation plutôt que l’interprétation et des longs, très longs dialogues. Seul Benoît Magimel, formidable en Pierre Koening, tire son épingle du jeu.
Simon Abkarian singe le général et utilise son phrasé ad vitam nauseam au point qu’on frôle par moment le ridicule, surtout dans les scènes intimes prononcées comme un discours à la BBC. Il en va de même pour Simon Russell Beale en Winston Churchill, surtout quand on a encore Gary Oldman en tête.

Enfin, le film passe ses 2h40 à se chercher sans cesse et sans vraiment se trouver, le résultat est donc atypique et encore une fois pas passionnant. Biopic mêlant des images d’archive, il fait mine d’explorer la personnalité du Général sans aller assez loin, avec unton changeant trop régulièrement.
On n’enlèvera pas à l’ensemble une très belle technique et en somme un pan de l’Histoire toujours important à se remémorer, avec du matériel à montrer dans les écoles. Mais pour le reste, on ne cache pas son ennui. En espérant que la seconde partie donne un peu d’énergie à l’ensemble ?
La Bataille de Gaulle L’Age de Fer, d’Antonin Baudry – Sortie en salles le 3 juin 2026
