Derniers jours au NIFFF et derniers comptes rendus. David y a également réalisé plusieurs interviews en vidéo qui ne tarderont pas à être diffusée.

Avant de vous laisser découvrir les dernières critiques des films vus (dont The Murderer, sortie le 20 juillet), voici le palmarès.
Le prix H.R. Giger «Narcisse» du meilleur film a été attribué à The Troll Hunter dont la critique est à suivre sur CloneWeb. Le film a également remporté le Meliès d’Argent ainsi que le prix TSR du public. Mention Spéciale à Stake Land.
Le Mad Jury a décerné son prix à The Violent Kind. Et l’ami Olivier Béguin est reparti avec le prix Taurus Studio à l’innovation pour Employé du Mois.

A l’année prochaine !

Night fishing – Paranmanjang (New cinema from asia) – Pas de date de sortie en France
Réalisé par Park Chan-wook et Park Chan-kyong
Sur les berges d’un lac isolé, un pêcheur capture dans ses filets une jeune femme. Lorsque cette dernière commence à lui parler de sa fille défunte, il comprend qu’elle n’est autre qu’un shaman servant de pont entre le monde des vivants et des morts…

La coréalisation des frères Park traite de la thématique du deuil d’un point de vue surréaliste. Night fishing débute étonnamment comme un clip musical « arty » mais évolue rapidement vers un tout autre genre. En effet, la deuxième partie, en noir et blanc, est un hommage direct au cinéma burlesque. La dernière partie de Night fishing est moins accessible, car elle est marquée par un symbolisme religieux propre à la culturelle coréenne. Les frères Park exploitent parfaitement leur « nouvel outil filmique » (un iPhone 4) en variant leur mise en scène dans chacune des trois parties de leur film.

En abordant de façon très personnelle le thème du deuil, les frères Park évitent l’exercice de style gratuit. On peut toutefois regretter la mention « filmé avec un iPhone 4 » dans leur introduction car l’intérêt de leur (court) film est bien ailleurs…

 

The Murderer – The Yellow sea (Films of the third kind) – Sortie le 20 juillet 2011
Réalisé par Hong-jin Na
Avec Kim Yun-seok, Jung-woo Ha, Jo Seong-Ha
Yanji, ville chinoise de la Préfecture de Yanbian, coincée entre la Corée du Nord et la Russie, où vivent quelques 800 000 Sino-coréens surnommés les «Joseon-Jok.» 50% de cette population vit d’activités illégales. Gu-nam, chauffeur de taxi, y mène une vie misérable. Depuis six mois, il est sans nouvelles de sa femme, partie en Corée du Sud pour chercher du travail. Myun, un parrain local, lui propose de l’aider à passer en Corée pour retrouver sa femme et même de rembourser ses dettes de jeu. En contrepartie il devra simplement… y assassiner un inconnu. Mais rien ne se passera comme prévu…

The Murderer est un savant mélange de film d’action et de polar ultra-violent qui arrive à maintenir l’intérêt du spectateur pendant plus de 2h40.
L’intrigue, séparée en quatre chapitres, est très (trop) dense. Le film de Na Hong-jin accuse ainsi une légère baisse de régime entre la fin du 2ème et le début du 3ème chapitre qui est ensuite largement compensée par le rythme effréné de la deuxième moitié du film. Le réalisateur coréen enchaîne avec une efficacité déconcertante d’incroyables scènes de poursuites (à pied et en voiture) et de nombreuses scènes de combat à base d’armes blanches (couteaux, haches) d’un réalisme et d’une violence incroyables. La direction d’acteur est exemplaire, tous les personnages sont d’une justesse remarquable.

Même s’il n’attend pas le niveau (de perfection ?) de The Chaser, la deuxième œuvre de Na Hong-jin est une réussite qui confirme tout le talent de ce jeune réalisateur et l’inscrit déjà dans la lignée des grands noms du cinéma coréen.

 

Urban explorer (compétition internationale) – Pas de date de sortie en France
Réalisé par Andy Fetscher
Avec Adolfo Assor, Catherine de Léan, Nick Eversman
L’exploration urbaine: activité clandestine consistant à s’introduire dans des lieux abandonnés, interdits d’accès ou cachés. C’est dans l’objectif de découvrir un légendaire bunker du 3ème Reich que quatre jeunes aventuriers en herbe se rencontrent sur internet et se retrouvent à Berlin. Avec leur guide allemand et une équipe d’autres curieux, ils s’enfoncent dans les entrailles sous-terraines de la capitale allemande. Et les joyeux lurons en auront pour leur compte niveau sensations! Mais si l’aller n’est qu’émerveillement et pure excitation, le retour s’avèrera beaucoup moins sympathique, et surtout bien plus douloureux…

Ce slasher allemand situe son intrigue dans un cadre original en plongeant ses cinq personnages principaux dans les décors souterrains (réels) de Berlin.
Après une phase d’exposition un peu laborieuse, le spectateur est orienté sur une fausse (possible) intrigue juste avant que le film ne « tombe » dans le slasher pur et dur. Urban explorer contient plusieurs scènes de tension très efficaces, à l’image de la rencontre avec deux inconnus et leur chien, et une scène de torture particulièrement sadique.
Le principal intérêt du film d’Andy Fetscher réside dans le personnage du tueur, un véritable psychopathe au visage incroyable. Ce dernier est l’un des meilleurs boogeyman des productions horrifiques de ces dernières années. Son plan final est original et très réussi.

S’il n’innove pas le genre, Urban explorer est un slasher honnête et efficace qui exploite son concept jusqu’au bout.

 

La maschera del demonio (Les prémisses du genre) – 1961
Réalisé par Mario Bava
Avec Barbara Steele, Andrea Checchi, John Richardson
Dans la Moldavie du XVIIe siècle, la princesse Asa Vajda, soupçonnée de sorcellerie, est condamnée par l’Inquisition et meurt en maudissant sa propre famille, responsable de son sort. Au XIXe siècle, les docteurs Kruvajan et Gorobec, en route pour un congrès médical, découvrent en chemin le cercueil d’Asa et la réveillent par inadvertance. Celle-ci entreprend alors méthodiquement de se venger…

La première réalisation “officielle” du “maestro” Bava est œuvre romantique et macabre magistralement filmée en noir et blanc.
Le pré-générique de La maschera del demonio est simplement magnifique. Il a été présenté comme “l’un des plus beaux de l’Histoire du cinéma” par le critique Philippe Rouyer venu introduire le film avec Barbara Steele (l’actrice principale).
Le film de Mario Bava va très loin dans le “gore” pour l’époque (1960) et contient plusieurs scènes sanglantes et sadiques qui impressionnent encore aujourd’hui par leur réalisme.
Parmi les différents personnages qui évoluent dans les magnifiques décors gothiques du film de Bava, se distingue aisément Barbara Steele, la première “reine de l’horreur”, dans le double rôle troublant d’une sorcière du XVIe et de sa descendance au XIXe siècle.

La maschera del demonio est un chef d’œuvre intemporel qu’il faut absolument avoir vu. Cette oeuvre a inspiré de nombreux réalisateurs (Burton, Argento) et est considérée, à juste titre, comme l’une des plus grandes réussites du cinéma fantastique.

 

Pieces (Carte blanche Eli Roth)
Réalisé par Juan Piquer Simon
Muni d’une tronçonneuse, un sadique découpe des étudiantes.

Pieces est le dernier des trois films projetés dans le cadre de la carte blanche Eli Roth. Voici comment le réalisateur de Hostel l’a présenté :
“Pieces est so beautiful, vraiment un des plus stupide et génial film en même temps”. “Je suis si jalouse de vous, vous êtes le plus chanceuse pas en festival mais en Suisse parce que Pieces c’est vraiment le meilleur film de tous. Désolé après ce soir chaque film que vous verra, on va dire c’est bon mais c’est pas Pieces.”

Ce “what the fuck movie”, comme l’a défini Eli Roth, est un pur nanar qui enchaîne à la fois un jeu d’acteur catastrophique (même les figurants sont mauvais), des dialogues, des situations et une intrigue invraisemblables (l’enquête est confiée par la police à un étudiant) et des scènes de meurtres sanglantes très réussies. Si vous avez aimé Thanksgiving, le faux trailer Grindhouse réalisé par Eli Roth, vous allez adorer Pieces.

 

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