Il fait toujours aussi chaud à Neuchâtel et même le thé “froid” local ne suffit plus à nous rafraichir. Il faut d’ailleurs saluer l’organisation du festival qui se démène pour qu’on ait un peu de fraicheur, distribuant ponctuellement des bouteilles d’eau ou faisant installer des brumisateurs de fortune devant les cinémas.

C’est donc dans les salles obscures que nous allons chercher un peu de fraicheur avec, au programme de ce dimanche, un western avec Michael Fassbender qui devrait sortir en salles dans les prochains mois, un film dédié au badminton (!) ou encore du Sono Sion parce qu’on n’en regarde jamais assez.

 

Slow West (Sortie prochaine en France – 2015)
Réalisé par John Maclean

Premier film du réalisateur John Maclean, Slow West raconte comment un jeune garçon incarné par Kodi Smit-McPhee (La Route, La Planète des Singes) traverse seul les Etats Unis au 19e siècle pour retrouver une jeune fille rencontrée dans son Ecosse natale. Sa route vers l’Ouest va l’amener à croiser une galerie de personnages habituels du western, à commencer par Michael Fassbender parfait en chasseur de prime qui va apprendre la vie au gamin plein d’illusions.
Très classique dans son histoire, le film se démarque par sa construction ponctuée de flashbacks et surtout par ses magnifiques plans de l’Amérique sauvage et une sublime photo. A noter aussi la présence rafraichissante de la jolie comédienne Caren Pistorius qu’on espère revoir vite ailleurs.
Étrangement ponctué de quelques touches un peu surréalistes, dont une scène finale qui a fait involontairement rire la salle alors qu’elle était dramatique, Slow West porte bien son titre -puisque le film est assez lent, donc- mais réunit tous les éléments d’un bon western comme on aime en voir.

 

Strange Circus (2004)
Réalisé par Sono Sion

Il y a 10 ans environ, Sono Sion était un jeune auteur venant présenter son Suicide Club au NIFFF.
La suite, on la connait, et cette année le japonais avait le droit à un hommage et une petite rétrospective dont Strange Circus. Le cirque étrange en question, c’est celui d’une famille pour le moins bordélique et déviante, puisque papa se tape maman en cachant fifille dans une boite d’instrument de musique devant le lit afin que celle-ci ne rate pas une miette des ébats parentaux. Sympa l’ambiance !
Avec une éducation aussi précoce, l’équilibre psychologique n’était pas gagné, et l’on retrouvera la même femme plus tard avec un train de vie pour le moins déviant lui aussi.
Malgré un travail sur l’ambiance très réussi, et une première partie assez stupéfiante, Strange Circus sombre dans cette fâcheuse tendance nipponne à vouloir choquer coûte que coûte. Et si l’on pense en début de long métrage que toutes les cartes ont étés abattues rapidement, c’est pour mieux se payer du gros twist censé retourner une nouvelle fois la psychologie générale histoire d’éclater cette dernière encore plus fort. L’hystérie n’est jamais loin, et le résultat est un peu trop ostentatoire pour être parfaitement honnête, même si le film impressionne sans problème les moins coutumiers du genre.

 

Full Strike (2015)
Réalisé par Derek Kwok & Henri Wong

Lors de notre deuxième excursion au NIFFF, on avait découvert les joyeusetés du Kung-Fu et de son apprentissage avec Gallants, une comédie d’arts martiaux réjouissante. Son réalisateur remettait enfin le couvert cette année avec Full Strike, dans lequel une ancienne championne de badminton s’allie à des criminels pour s’entrainer et gagner un tournoi ! Commençant à fond les volants, Full Strike est capable de délivrer un humour savamment déluré, puisqu’on y croise une météorite en forme de volant de badminton, un homme vomissant tel une fontaine ou encore des gags slapsticks à grand renfort de Kung-Fu. Seul souci, le film s’embourbe progressivement dans un relatif sérieux qui plombe de plus en plus son rythme, et couplé à la volonté de célébrer les losers, le final s’avère déceptif au possible. Clairement, le film aurait gagné à être plus fidèle à son programme tout tracé entrainement/tournoi comme tout bon film sportif en équipe qui se respecte, ce qui ne l’empêche pas de proposer un vrai capital sympathie et de marquer quelques bons points.

 

Contracted : Phase 2 (2015)
Réalisé par Josh Forbes

L’une des premières mondiales de ce NIFFF était la suite de Contracted, l’histoire d’une nana qui chopait une violente MST après un coup d’un soir. On pensait que le virus allait se répandre violemment pour prendre en ampleur, et finalement on est face à un quasi remake, où le stalker de l’héroïne dans le premier découvre lui aussi les méfaits du sexe non protégé. Couplé à une enquête policière tout droit sorti des années 80, le film multiplie les victimes mais s’avère plus cheap que son prédécesseur et plus mauvais sur tous les points. Et le premier Contracted étant déjà un mauvais film, cette Phase 2 nous rappelle simplement qu’on peut toujours faire pire. Toujours !

 

Yakuza Apocalypse (2015)
Réalisé par Takashi Miike

Takashi Miike revient pour la énième fois avec un film de folie surpassant en audacité ses quelques derniers efforts. Yakuza Apocalypse est donc l’histoire d’un jeune yakuza devenant vampire lorsque son maître aux portes de la mort lui transmet sa malédiction, entraînant une série d’évènements qui bouleverseront l’équilibre du monde criminel. Confronté tour à tour à ses anciens amis ou à un cortège d’assassins tous plus incroyablement décalés les uns que les autres, le protagoniste sert de matrice à une nouvelle variante du récit de parcours initiatique. Le film commence sur les chapeaux de roue et ne s’arrête jamais, enchaînant les idées scéniques ou scénaristiques sans répit. On s’extasie donc des chorégraphies carrées de Yanan Ruhan, couplées à la folie invraisemblable du réalisateur, qui nous livre un univers comique book haut en couleur, et habité par des têtes de vampires encore conscientes, un mutant humain-tortue-oiseau émanant d’intolérables odeurs, des fuites d’eau et liquéfactions cérébrales, un prêtre catho meurtrier, ou encore un homme grenouille expert en kung fu dores et déjà mythique dans le monde du cinéma, le tout pour créer un univers singulier, inspiré de très nombreuses oeuvres. S’agirait-il là du western carnavalesque le plus nerveux et le plus jouissif jamais fait? C’est bien possible… Du grand Miike.

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