Trois épisodes, c’est bien. Trois épisodes, c’est ce qui permet de dépasser le pilote souvent plus spectaculaire que le reste et d’entrer dans le vif du sujet d’une série. D’avoir un bon aperçu des qualités et des défauts.

Nous avons vu les trois premiers épisodes d’Umbrella Academy.

 

LA CRITIQUE

Umbrella Academy est à la base un comic paru il y a une dizaine d’années, écrit par Gerard Way (oui, le chanteur de My Chemical Romance) et dessiné par Gabriel Ba. Alors que les auteurs publient actuellement ce qui sera un troisième volume prévu pour juillet 2019, Netflix a confié au producteur Steve Blackman (Fargo, Altered Carbon) d’adapter la bande dessinée pour le petit écran.

Le premier épisode s’ouvre sur une séquence surprenante : deux jeunes discutent au bord d’une piscine. L’une d’elle se jette à l’eau et remonte à la surface … enceinte de neuf mois et sur le point d’accoucher. On apprend alors que 43 bébés sont nés de par le monde, tous en même temps, de femmes qui n’étaient pas enceintes auparavant. Sept d’entre eux sont recueillis par un riche milliardaire qui monte l’Umbrella Academy : tous les enfants ont des pouvoirs et lui désire rien de moins que sauver le monde.
Une très belle séquence, montée sur un morceau de violon joué par Ellen Page (la seule des sept qui n’a aucune capacité), permet de tous les présenter. Est-ce l’influence de Blackman et ses travaux sur Fargo ou Legion ? Quoiqu’il en soit, on découvre que la série est joliment filmée, moins lambda que les productions Marvel pour Netflix et c’est déjà un premier bon point.

Une fois l’univers introduit, le premier épisode peut dérouler son intrigue : le milliardaire qui a réunit les enfants, devenus des adultes désormais éparpillés dans le monde, est décédé. Et la famille se regroupe dans la maison familiale pour un dernier hommage. On les découvre tous un peu plus, entre celui qui revient de l’espace et qui devient un animal, le cinglé drogué incarné par le toujours brillant Robert Sheehan ou encore Rumeur, qui peut souffler une action à l’oreille de quelqu’un pour qu’elle se produise. On les découvre dans le présent, à travers des scènes un peu trop dialoguées, mais aussi à travers une série de flashbacks qui montrent qu’avant de se séparer, ils étaient une véritable équipe de superhéros.

On pense forcément à un groupe de X-Men un peu barrés ou à la Doom Patrol (chez DC, justement bientôt en série) ou même à Watchmen mais les débuts d’intrigues mis en place et les différents personnages nous permettent de vouloir en savoir plus. Ajoutez à cela un héros supplémentaire, qui peut se téléporter à travers l’espace et le temps et qui revient façon Trunks dans Dragon Ball pour avertir ses camarades et vous avez une belle équipe de personnages cassés à suivre. On retiendra en particulier ce gamin à l’esprit adulte, Numéro Cinq, sans doute le personnage le plus intéressant de l’épisode avec celui d’Ellen Page.

C’est d’ailleurs surtout autour de Numéro Cinq que le second épisode tourne. Il prend le temps de poser les bases de l’intrigue et de nous faire découvrir un peu plus l’univers de chaque personnage. Coté histoire justement on va découvrir des “méchants” ou du moins des grains de sable (dont Mary J. Blige) qui viendront se glisser dans les rouages du quotidien des héros, à l’instar d’une flic qui a bien l’intention de découvrir ce qui se trame, les fusillades se multipliant en ville. L’épisode est construit comme son ainé, avec une introduction bien trouvée, quelques tunnels de dialogues malheureusement indispensables, et un final (monté sur Queen !) qui vient secouer l’ensemble. On retiendra aussi la performance de Robert Sheehan, qui retrouve un rôle de cinglé à la Misfits comme il les affectionne.

Mais la série compte bien développer ses personnages au fur et à mesure, comme avec l’épisode trois qui équilibre un peu mieux la donne tout en continuant les pistes évoquées précédemment. On a donc droit à des flashbacks qui lèvent le voile sur cette famille pas comme les autres, des tunnels de dialogue et quelques jolies scènes dont un combat monté sur du Nina Simone. Un reproche : l’arc narratif qui semblait le plus intéressant, et le plus urgent vu qu’il y est quand même question d’une apocalypse approchante, est mis de coté. Mais nous n’en sommes qu’à un quart de la saison, tout peut donc encore changer.

On craint des longueurs comme dans les séries Marvel que proposent Netflix mais avec Umbrella Academy on apprécie aussi de voir une série basée sur une bande de super-héros sortir (un peu) des plates bandes habituelles. Umbrella Academy tire son épingle du jeu dans ses premiers épisodes et on a désormais très envie de voir la suite.

Umbrella Academy, disponible sur Netflix le 15 février 2019

 

1 commentaire

  • Trunk samedi 2 février 2019 8 h 46 min

    Le comics est génial, donc grosse attende.

    Mais a mon avis, ca sera rien comparer a la futur série “The Boys” (il n’atteindront jamais les limite du comics), alors celle la, mon attende Number One avec Watchmen.

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