On m’appelle Robin des Bois
Je m’en vais par les champs et les bois
Et je chante ma joie par dessus les toits
Le distributeur français de The Death of Robin Hood avait manifestement en tête la chanson de George Guetary (1943) quand il a choisi de traduire le titre original du film de Michael Sarnoski. La Mort de Robin des Bois. Ou le crépuscule d’un héros de légende, déjà raconté dans une version bien différente par Richard Lester en 1976. Robin avait alors les traits de Sean Connery et la belle Marianne d’Audrey Hepburn.

Dans cette nouvelle version, celui qui volait aux riches pour nourrir les pauvres n’est pas le héros qu’on croit qu’il est. Si sa légende est belle et bien racontée à travers l’Angleterre, lui avoue être un hors la loi et un meurtrier, qui a semé la mort sur sa route et engendré bon nombre d’envies de vengeance. Venant en aide une dernière fois à Petit Jean, il se fait massacrer et est transporté sur une petite île au large de l’Angleterre pour être remis sur pieds. Là-bas, différents protagonistes participeront à sa rédemption.
On avait peur de la comparaison avec Logan. Deux héros mythiques incarnés par Hugh Jackman dont on raconte la dernière aventure. Mais le film de Sarnoski s’éloigne immédiatement de celui de James Mangold, déjà parce que Hugh Jackman livre deux performances tout à fait différentes mais aussi parce qu’il est bien question ici de s’éloigner le plus possible de la légende. Robin est d’abord un personnage haïssable (qui tue une gamine de sang froid dans l’introduction), qu’on déteste autant qu’on a envie de l’aimer grâce à tous les récits le concernant et qu’on garde dans un coin de notre tête.

Michael Sarnoski filme son personnage dans de très beaux décors naturels et brumeux (en Irlande du Nord principalement) aidé par Pat Scola à la photographie et surtout Jim Ghedi pour une envoutante bande originale aux influences celtiques. A la nature il oppose la brutalité du personnage et les quelques scènes d’action qui émaillent le récit sont particulièrement gores. Robin est une brute. Et face à lui le personnage de Jodie Comer, littérallement coloré et tout en douceur.
On en revient donc à la chanson de Guetary qui évoquait un Robin des Bois joyeux et bondissant. Celui-ci parcourt un chemin intérieur pour s’offrir une superbe conclusion où le personnage revient sur sa légende. Au point de faire douter le spectateur. Et s’il n’avait pas été aussi horrible qu’il se décrit ? L’histoire était-elle trop belle pour être vrai ? A vous d’en juger.
On l’appelait Robin des Bois, de Michael Sarnoski – Sortie en salles le 1er juillet 2026
