Sam Raimi continue son marché. Après avoir repéré Fede Alvarez et produit l’efficace remake du premier Evil Dead, le réalisateur de la trilogie initiale continue de faire vivre sa franchise en confiant les rennes à différents metteurs en scènes dont il apprécie le travail. Ça a donné l’efficace Evil Dead Rise de Lee Cronin. Et désormais Evil Dead Burn, réalisé par le Français Sébastien Vaniček que Raimi avait repéré, et pour cause, grâce à Vermines.

La saga Evil Dead marcherait-elle sur les pas de Destination Finale ? Chaque nouveau volet met en scène un groupe de personnes devant survivre au Mal, après l’avoir invoqué de manière plus ou moins diverse en lisant le Necromicon. Ici, on va suivre deux frères : l’un s’intéresse aux travaux de son grand-père, qui a enquêté sur le Livre des Morts et mis la main sur une dague magique (déjà vue dans Evil Dead 2). L’autre meurt dans un accident de voiture. Le Mal se propage alors lors d’une réunion de famille, dans une maison dans les bois, alors que ses proches sont réunis après sa crémation.

Lee Cronin avait fait le choix de déplacer son intrigue dans une grande ville américaine. Sébastien Vaniček et son co-scénariste Florent Bernard ramène le groupe en forêt, changeant la cabane par une vieille maison. Ils misent aussi sur la réunion d’une famille dysfonctionnelle. Personne ne s’entend ni se parle et l’héroïne du film (incarnée par Souheila Yacoub, impeccable) se sent bien décalée. Ca donne des situations particulièrement gênantes et efficaces, comme une longue scène de diner à table, qui sera le point de rupture du film avant l’explosion vers le gore.

Et du gore, il y en a. Burn est un Evil Dead brutal et sanglant, où le réalisateur s’est fait plaisir. Offrant des cadres impeccables et quelques belles idées de mise en scène, dont un long plan séquence énervé et une courte séquence dans un miroir, Vaniček met en scène son film comme si c’était sa seule opportunité de faire un tel blockbuster. Le metteur en scène cite autant Sam Raimi que James Cameron, avec un climax qui n’est pas sans rappeler Terminator.

Techniquement impeccable donc. Mais aussi trop long. On aurait bien coupé vingt minutes à ce joyeux bazar pour éviter aux personnages d’avoir des réactions débiles (la mère, pitié…). C’est d’autant plus dommage que la thématique de la famille est bonne. Certes, elle est toute cassée, entre le père taiseux, le petit frère mou et la mère qui se laisse faire mais l’ensemble est d’autant plus creusé correctement que tout ça est vu d’un point de vue éloigné – l’héroïne étant l’épouse du frère décédé, elle-même victime d’un trauma. Resserrer tout ça aurait eu un rendu un peu plus efficace. Citons enfin Luciane Buchanan, aperçue dans la série Netflix The Night Agent, et qui se donne à 1000% dans son rôle.

On est bien content par ici pour Sébastien Vaniček d’avoir pu s’amuser avec une franchise comme celle d’Evil Dead. Certes, le film tire en longueur et est ponctué de défauts, mais il confirme aussi que Vermines n’était pas un accident. Le Français sait filmer et on sera là pour son prochain projet.

Evil Dead Burn, de Sébastien Vaniček – Sortie en salles le 8 juillet 2026

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