Critique : Paddington

Le film de Noël est un genre à part.

Chaque fin d’année sort au moins un long métrage qui en acquiert le titre. Le film de Noël doit si possible se dérouler pendant les fêtes. Sinon, il peut être une grande aventure à voir en famille, le genre de long métrage toujours réussi qu’on a envie de regarder bien installé dans un canapé confortable une tasse de chocolat chaud à la main.
De Maman J’ai Raté l’Avion à Harry Potter et les princesses Disney
en passant par Piège de Cristal (si si), Willow ou encore le Seigneur des Anneaux, chaque année a son film de Noël.

Et si Paddington était celui de 2014 ?

 

Avec son ciré bleu et son chapeau rouge, le petit ours Paddington est une super star dans le domaine des peluches, et plus simplement des héros pour enfants outre Manche. Avec ses diverses aventures sur papier, le personnage inventé par Michael Bond est devenu une icône dans les pays anglo-saxons, sans jamais percer chez nous au delà du simple nounours.
L’adaptation cinématographique qui arrive à point nommé pour Noël va peut être rectifier le tir, et permettre au public de se familiariser avec cet animal mignon comme tout, au charme so british…

Paddington au cinéma, c’est le digne successeur de Stuart Little, à quelques différences près, qui au final rendent le résultat bien plus recommandable. La comparaison avec la petite souris se fait sur l’autel du scénario en tout point semblable, avec l’arrivée d’une bête un peu bizarre et maladroite mais avec un cœur gros comme ça !
Dans un registre un peu plus rock’n roll, on pourrait aussi citer Lilo & Stitch.

Toujours est-il qu’il est question d’une famille très anglaise, bienveillante et aimante mais dans lequel il y a quelques petits problèmes de compréhension ou de communication. L’arrivée imprévue du héros éponyme va bousculer les principes, pour le meilleur évidemment, même si les choses ne seront pas toujours faciles au début.
Sortez les violons, préparez les mouchoirs et pleurez un bon coup : tout ça n’est là que pour vantez les mérites de la sacro sainte famille, le meilleur cercle relationnel qui soit au monde, celui qui fait qu’on se sent bien, surtout quand on est un ours qui débarque à Londres en touriste total, ou une souris aux Etats-Unis.
Jusque là, peu de différences avec le modèle américain, si ce n’est la géographie. Et bien justement, ça change tout.

Là où Paddington s’en sort drôlement bien malgré une structure ultra balisée, c’est dans son ADN so british, qui procure un folklore au film assez irrésistible. Tout du moins, cela lui fournit ce qu’il faut de fantaisie et de décalage pour ne pas être trop gnangnan, afin que l’on s’y prête plus volontiers. Visiblement très soucieux de respecter le personnage et de le porter à l’écran comme il se doit, le réalisateur Paul King s’est posé un minimum de questions pour donner une âme à l’univers de son film, comme en témoigne quelques idées de réalisation poétiques, avec une demeure familiale filmée comme une maison de poupée, un magasin d’apothicaire foisonnant d’objets rigolos et de détails amusants, ou encore une académie des explorateurs construite autour d’un système de messages rocambolesque, avec des tubes qui traversent le bâtiment de part et d’autre pour envoyer des cartouches contenant des lettres. Des détails lâchés ça et là qui suffisent à donner un cachet presque magique à l’œuvre, délicieusement enfantine et insouciante. L’humour anglais s’invite pour offrir des scènes cocasses, des quiproquos amusants, et une série de gags où l’on n’a pas peur du ridicule et où l’on sait tirer profit des faiblesses et du caractère de chaque personnage.

Long-métrage pour têtes blondes oblige, il fallait bien un méchant dans tout ça, ou une méchante en l’occurrence puisque c’est Nicole Kidman qui s’y colle en jouant la Cruella de service bien décidée à empailler notre ourson. C’est là que le bat blesse tant ses apparitions et les péripéties qui en découlent forment la partie la plus mécanique du récit, et la plus désincarnée et froide. Difficile de s’y intéresser, d’autant que la comédienne surjoue totalement sans y croire une seconde, avec une intrigue forcément des plus prévisibles.

Mais que cela ne nous empêche pas de saluer le plus important dans l’histoire : Paddington ! Les infographistes et autres techniciens en effets spéciaux ont fait un travail formidable pour donner vie à ce personnage très naturel dans sa manière d’être et qui garde pourtant un côté tantôt cartoon, tantôt féérique. Jouant assez bien sur sa nature et le choc des cultures avec les humains, tout en ayant la bonne idée de faire paraître sa présence pour quelque chose d’assez banal auprès des gens, cette incarnation cinéma de Paddington est un plaisir pour les yeux tant elle est animée avec soin, et elle s’avère tout aussi sympathique et plaisante que son homologue papier.

Paddington arrive à point nommé pour les fêtes de fin d’année tant il représente le film de Noël dans toute sa splendeur : à la fois drôle et touchant ou chic et décalé. Célébrant une fois n’est pas coutume les bonnes vieilles valeurs familiales, il n’en reste pas moins emballé avec soin malgré des passages automatiques anodins, et profite pleinement de son personnage principal craquant pour attendrir petits et grands..

Paddington – Sortie le 03 décembre 2014
Réalisé par Paul King
Avec Ben Whishaw, Hugh Bonneville, Sally Hawkins
Paddington raconte l’histoire d’un jeune ours péruvien fraîchement débarqué à Londres, à la recherche d’un foyer et d’une vie meilleure. Il réalise vite que la ville de ses rêves n’est pas aussi accueillante qu’il croyait. Par chance, il rencontre la famille Brown et en devient peu à peu un membre à part entière.



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