Suite à la preview du film au Festival d’Annecy, nous avions posé quelques questions au réalisateur du Voyage d’Arlo, Peter Sohn et celui-ci nous avait mis l’eau à la bouche.

Le film mettant en scène un petit dinosaure vert et son compagnon humain arrive enfin en salles ce 25 novembre, précédé de l’incroyable court-métrage Sanjay Super Team. Si vous êtes parisiens, il est déjà visible au Grand Rex en avant-première.

 

LA CRITIQUE

Annoncé il y a trois ans, Le Voyage d’Arlo arrive enfin sur les écrans. A la base, ce “Good Dinosaur” devait être réalisé par Bob Peterson, mais ce dernier quitta le projet en 2013, officiellement parce qu’il avait du mal à conclure son métrage et était trop impliqué. Entre temps, l’histoire du film a été largement remaniée et c’est finalement Peter Sohn -co-réalisateur sur le projet original- qui a repris la barre.
Ce n’est pas la première fois que des problèmes de production se posent chez Pixar et que les réalisateurs sont remplacés. Ce n’est jamais bon signe. Pourtant, avec Le Voyage d’Arlo, Peter Sohn signe un film réussi. Pas forcément le meilleur que le studio à la lampe ait produit mais néanmoins une histoire riche, à l’émotion palpable.

Le pitch ne vous a pas échappé : la météorite qui est censée avoir causé la fin des dinosaures a manqué la Terre. Ils ont donc continué à vivre au milieu d’autres animaux et … des humains. Mais nous allons nous intéresser non pas à nos congénères mais à une famille de dinosaures herbivores cultivant du maïs dans une petite ferme. Un jour, Arlo et son père vont se retrouver piégés par la montée soudaine d’une rivière et le père va y laisser sa vie. Se remettant du décès, Arlo va à son tour être victime d’un accident et se retrouver bien loin de chez lui. Le petit dinosaure va alors devoir retrouver le chemin de sa maison tout en affrontant sa peur et le monde extérieur.

On ne va pas se mentir : sûrement à cause des aléas de sa production, Le Voyage d’Arlo a quelques défauts principalement liés à l’écriture. En effet, cette quête du héros pour retrouver son foyer a un air non seulement de déjà-vu mais est surtout bien prévisible vu ce qui a déjà été fait sur le sujet, du Roi Lion au Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles de Don Bluth. Quand le père d’Arlo martèle à son jeune fils, le plus peureux de la famille, qu’un jour il parviendra à laisser sa marque quelque part, on ne doute pas une seule seconde de l’issue de l’histoire. On regrettera aussi quelques personnages secondaires un peu trop faibles, à l’image d’un tricératops croisé pendant le périple et bien trop peu utilisé.

Pourtant, il se dégage du film et en particulier de la relation entre Arlo et le jeune humain Spot quelque chose de magique. Le dinosaure parle et se comporte sur un humain mais à quatre pattes quand le petit garçon, lui, se comporte plutôt comme le ferait un chien sans qu’on ne bascule jamais vraiment dans une opposition caricaturale. En fait, en ne parlant pas, Spot représente la partie muette du film chère à Pixar à travers laquelle passe les émotions. Avec sa tenue à la Mowgli et ses cheveux dans tous les sens, le gamin rappelle Milou dans le Tintin de Spielberg, soit pas seulement un animal de compagnie secondaire mais un vrai héros de l’intrigue suffisamment mis en avant.

D’héroïsme, il est bien question dans le film de Peter Sohn. Il y a quelque chose du monomythe de Joseph Campbell dans le parcours du jeune Arlo, propulsé malgré lui dans l’aventure, rencontrant un vieux sage (le tricératops mentionné), affrontant différents dangers et croisant plusieurs alliés (dont une famille de T-Rex emmenée en version française par Richard Darbois) jusqu’à rentrer chez lui. Mais au delà du voyage, le film aborde avec justesse d’autres thèmes : le “vivre ensemble” malgré les différences, la famille, le courage d’affronter ses peurs, l’apprentissage…Sous la couche de vernis un peu trop lisse se cachent bien des thèmes intéressants.

Il faut ajouter que le film est visuellement très beau. Il nécessite quelques secondes pour s’habituer à l’aspect photo-réaliste des décors, finalement pas si gênant puisque le visuel global est d’abord défini par les personnages et leur aspect cartoonesque. Peter Sohn fait un remarquable boulot de mise en scène et offre quelques passages splendides. The Good Dinosaur comporte aussi, autour de la notion de famille, deux scènes particulièrement émouvantes -et totalement muettes- dans lesquelles Pixar montre une nouvelle fois sa toute puissance.

Et au delà, l’histoire du petit allosaurus vert fait du bien. Alors que nous avons été frappé par des évènements tragiques et que l’on cherche du réconfort dans nos valeurs que sont la famille ou l’amitié et dans des plaisirs simples, la simplicité de l’histoire et la fraicheur des deux héros est exactement ce dont on a besoin en ce moment. Et puis il y a des dinosaures qui parlent. Fait-on plus cool ?

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