Le film de braquage français avait trouvé ses lettres de noblesses dans les années 70 et 80 avec Le Cercle Rouge ou l’excellent Hold Up avec Jean-Paul Belmondo pour ne citer qu’eux. Puis le genre s’est plus ou moins tarri de ce coté-ci de l’Atlantique et il a fallu se tourner vers les Américains pour la suite, de Haute Voltige à la série des Ocean’s, The Town ou dans une moindre mesure Une Journée en Enfer.

Le réalisateur Eric Barbier revient avec une nouvelle proposition, mettant en scène Bérénice Bejo et Yvan Attal, tournée principalement à Anvers, ville de Belgique célèbre pour ses diamantaires.

Un film de braquage en France ? Est-ce que ça peut encore fonctionner ?

 

Depuis son triomphe aux cotés de Jean Dujardin dans The Artist, Bérénice Bejo continue lentement mais surement son petit bonhomme de chemin s’offrant le luxe d’un prix d’interprétation à Cannes pour Le Passé d’Asghar Farhadi sorti en 2013. La comédienne, découverte par Gérard Jugnot dans Meilleur Espoir féminin il y a déjà quatorze ans retrouvera prochainement son compagnon Michel Hazanavicius dans un film de guerre intitulé The Search. D’ici là, elle sera à l’affiche du Dernier Diamant, nouveau long métrage d’Eric Barbier.

S’il fallait mettre Le Dernier Diamant dans une case, ce serait celle du “film de casse”, une sorte d’Ocean’s Eleven à la française matinée de Panthère Rose version Blake Edwards. Excusez du peu.

Yvan Attal, qui avait déjà tourné devant la caméra d’Eric Barbier dans Le Serpent, est un voleur en conditionnelle qui dévalise les chambres d’hôtel grâce à des plans millimétrés et des stratagèmes osés. On va lui proposer de partir à Anvers, ville belge bien connue pour ses bijoux, pour y chourrer un gros diamant. Pour cela, il va devoir se rapprocher de Bérénice Bejo, organisatrice de l’exposition suite au décès malheureux de sa mère. Et mettre en place un scénario bien huilé qui ne se déroulera pas forcément comme il a prévu.

La lecture de ces quelques lignes vous donne une impression de déjà vu ? C’est normal, l’histoire du Dernier Diamant est inspirée des titres pré-cités et sans doute aussi un peu de l’Affaire Thomas Crown mais uniquement dans son premier acte. Le film est en effet découpé en deux volets, le casse évoqué et, disons, ses conséquences. A Hollywood, les producteurs auraient surement exigé deux films différents pour raconter ces deux parties mais Eric Barbier sait bien que la production française est toute autre.

La bonne nouvelle, c’est qu’il en résulte un rythme très prenant. Le film n’est ni trop lent ni trop rapide, le suspens et l’action sont savamment dosées et les dialogues assez bien écrits. On prend donc beaucoup de plaisir à découvrir Attal charmant Béjo tout en voulant la voler. Le fait d’avoir resserré le film sur deux actes permet de maintenir la tension de bout en bout. On sent également un gros travail d’écriture de la part de Barbier, Trân-Minh Nam et Marie Eynard pour que tout soit aussi millimétré dans la narration que le plan du vol.

Techniquement, le réalisateur soigne sa mise en scène et veille à un bon éclairage de ses scènes, faisant en sorte avec sa caméra de maintenir le rythme évoqué. Reste quelques comédiens pas toujours justes, foutue manie du cinéma français de jouer comme au théâtre en ne cherchant pas l’implication, et quelques scènes pas forcément utiles au récit (les passages avec le contrôleur judiciaire sont-ils vraiment à leur place ?).

Mais au delà, Le Dernier Diamant est un film bossé, un vrai divertissement avec un coté un peu old school, qui ne réinvente pas la roue mais se regarde avec plaisir au cinéma. Et se re-regardera un dimanche soir à la télévision, bien calé chez soi.

 

Le Dernier Diamant – Sortie le 30 avril 2014
Réalisé par Eric Barbier
Avec Yvan Attal, Bérénice Bejo, Jean-François Stévenin
Simon, un cambrioleur en liberté surveillée, accepte de monter sur le plus gros coup de sa vie: Le vol du “Florentin”, un diamant mythique mis en vente aux enchères par ses propriétaires. Pour réussir, il devra approcher Julia, l’experte diamantaire, pour qui la vente constitue un enjeu personnel et familial considérable. Au-delà d’un casse particulièrement osé, Simon entrainera Julia vers un destin qu’elle n’aurait pas pu imaginer.

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