Les oeuvres de Shakespeare adaptées ont déjà eu droit à tous les traitements mais jusque-là, personne n’avait encore osé raconter l’histoire de Roméo et Juliette avec … des nains de jardin.

Disney s’y colle en 3D et Romeo devient Gnomeo dans un long métrage d’animation qui a bien failli ne pas voir le jour. Deux familles de nains, bleus et rouges, s’affrontent donc sur les pelouses et évidemment deux d’entre eux vont tomber amoureux.

Puisqu’en matière de nains, c’est tout ce qu’on a à se mettre sous la dent en attendant les 13 vrais nains de Bilbo le Hobbit, voici la critique de Gnomeo et Juliette…

 

 

Gnomeo et Juliette – Sortie le 16 février 2010
Réalisé par Kelly Asbury
Avec les voix originales James McAvoy, Emily Blunt, Ashley Jensen
Juliette est belle comme le jour et comme tous les Capulet… porte un bonnet rouge.
Gnoméo est brave et comme tous les nains de la famille Montague… porte un bonnet bleu.
Juliette et Gnoméo vont-ils pouvoir vivre leur amour au grand jour sous leur flamant rose en plastique préféré ?
Voici la plus grande histoire d’amour jamais contée… avec des nains de jardin !

 

Gnoméo et Juliette est un projet qui traîne dans les tiroirs de Disney depuis 2005. C’est même un projet un peu maudit. A l’arrivée de Lasseter aux commandes de Disney, Monsieur Pixar a décidé de fermer toutes les idioties que les studios avaient mis en chantier. Entre les innombrables suites de mauvais goût se trouvait Gnoméo et Juliette, l’histoire de Shakespeare, réadapté au monde des… nains de jardin.
Miramax avait mis le projet en chantier, mais comme vous le savez probablement, les studios ont fait faillite. Adam Elliott, le génie derrière le non-moins génial Mary & Max a été approché pour le réaliser mais a refusé. Finalement, c’est Starz Animation (vous ne connaissez pas ? C’est normal) qui s’est chargé de la production, et c’est distribué par Touchstone, la branche devenue “cheap” de Disney.

Roméo et Juliette est une des pièces les plus adaptées sur les écrans. Transposer cette œuvre culte dans le monde du nain de jardin relève d’un pari osé et disons-le, un peu grotesque.
Bien sur, le film a une image un peu particulière en France puisqu’on sait que le nain de jardin est le symbole même de la beauferie. Ici pourtant, ils sont représentés comme des objets kitsch voir même de décoration. Mais si vous êtes des habitués de Toy Story ou autre Small Soldiers, voir les nains s’animer ne vous posera aucun problème tant ça finirait presque à être normal.

Non, ce qui pose problème ici c’est véritablement le scénario. Alors bien sûr, on est face à un film pour enfant. Mais sans pour autant demander une profondeur tel que Pixar peut le faire, un minimum d’enjeux est nécessaire au bon déroulement d’un film.
Le déroulement justement, parlons-en. Sans pour autant évoquer la réalité de l’histoire (oui, on n’a encore jamais vu de nains de jardins s’animer), la trame n’est clairement pas crédible.
Je veux dire par là que tout s’enchaine dans une incohérence totale, les scènes se succèdent à la va vite, sans pour autant nous laisser dans l’incompréhension mais en nous évitant de rentrer pleinement dans l’histoire. Alors oui, ça se base sur l’histoire de Roméo et Juliette, nous connaissons donc tous bien les personnages. Mais pensons au jeune public. Un scénario aussi bâclé notamment sur le traitement des personnages pourra perdre plus d’un enfant en cours de route et nous on se demandera si on est pas face à un sous-Dreamworks.
Également, Gnoméo et Juliette se trouve régulièrement le cul entre deux chaises. Kelly Asbury a visiblement eu envie de s’écarter de l’œuvre de Shakespeare tout en en gardant l’essence, si bien que finalement, ce n’est ni l’un ni l’autre.

Force est de contester que visuellement, les concurrents ou collègues de Pixar ont encore du chemin à faire pour atteindre un niveau visuel du studio à la lampe. Quand on sait que Pixar met entre 4 et 5 ans pour développer un film d’animation, et que celui-ci a été torché en 2 ans, on comprend mieux pourquoi visuellement ce n’est pas du tout ça.
Malgré quelques rendus plutôt sympathique, tout semble très lisse, peu réaliste et finalement sans âme. Et malheureusement il n’y a pas une seule séquence qui nous titillera la rétine ne serait-ce qu’un minimum. Encore une fois on a l’impression de se retrouver devant un Dreamworks du pauvre, avec des personnages cependant un peu plus charismatiques que des animaux avec un sourire idiot (cf la critique de Basile sur Ratatouille). La 3D quant à elle n’a rien à faire là.

Et pourtant, malgré le scénario bancal et le retard visuel, sans pour autant être excellent, le film n’est pas foncièrement mauvais. Un bon point pour la musique puisqu’en plus des tubes d’Elton John souvent bien placés (dont un duo enregistré avec Lady Gaga spécialement pour le film), le score de James Newton Howard est remarquable. Car le compositeur de Collateral a eu l’intelligence d’intégrer des mélodies de Sir Elton dans ses compositions. On se plaira alors parfois à entendre par exemple la mélodie de Rocketman.
Mais surtout, si on ne s’ennuie pas (trop), c’est parce que Gnoméo et Juliette c’est drôle. Évidemment pour plaire au public jeune, il y a des blagues de bas étage à base de fesses, certaines sont de bons gouts et donne un rythme suffisant au film.

Sans pour autant être un film absolument mauvais, Gnoméo et Juliette souffre d’un réel problème de scénario qui n’est pas aidé par la pauvre performance visuelle. Heureusement que le tout divertit un tant soit peu grâce à l’humour et à la musique omniprésent.

2 commentaires

  • Mr.Aka lundi 14 février 2011 13 h 36 min

    A ma connaissance, Disney n’a rien à voir dans cette histoire…

  • Marc lundi 14 février 2011 16 h 37 min

    A quel propos ?

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