Qu’on se le dise : contrairement à son copain devenu gouverneur, Sylvester Stallone n’est pas “de retour” dans autre chose qu’Expendables avec du Plomb dans la Tête. Le comédien n’en a en effet, à l’instar de Bruce Willis, jamais cessé de tourner.

Par contre, le film signe le retour à la réalisation de Walter Hill. Le metteur en scène (et scénariste d’Alien) n’avait pas fait grand chose depuis un téléfilm western avec Robert Duvall sorti en 2006. Il nous avait pourtant bien diverti avec des films comme 48 Heures, Double Détente ou avec Streets of Fire.

Et le bonhomme, 71 ans, revient. En forme ?

 

J’aurai bien voulu mettre en parallèle Du Plomb dans la Tête et le film qui a fait le succès de Walter Hill, 48 Heures. Mais l’offre VOD en France est manifestement la plus pauvre de l’univers, on ne m’a proposé que d’autres titres moins connus ou le 2e volet. Aberration totale que de proposer la suite d’un film et pas l’original. Pas question de pirater mais il faut avouer que c’est parfois tentant…

Ceci étant dit, pourquoi comparer ? Parce que le Walter Hill de 2013 fonctionne comme son ainé : c’est un buddy movie con mais efficace, réunissant dans une aventure un flic et un méchant, bien obligés de s’associer le temps d’une histoire.
Dans 48 Heures, un flic négocie une permission de sortie à un prisonnier pour qu’il l’aide à coincer d’anciens complices en quête d’un butin. Evidemment, tout les oppose.
Dans du Plomb dans la Tête, on va suivre Stallone, un tueur à gages dont le co-équipier se fait abattre. Il reçoit l’aide d’un flic venu à la Nouvelle Orléans pour enquêter sur un meutre. Eux aussi, tout les oppose et pourtant ils vont devoir s’associer le temps de retrouver qui est en tête de la machination et faire le ménage.

Vous avez compris, Walter Hill fait du Walter Hill. Et pourtant, Du Plomb dans la Tête est à l’origine une bande dessinée créée par Matz et Colin Wilson (et éditée en France chez Casterman). Il semble cependant que le réalisateur n’en ait pas repris grand chose, si ce n’est l’idée d’un tueur qui abat une personnalité en présence d’une fille (la première scène du film). Le reste dévie très vite, même le lieu de l’action a été modifié, de New York à la Nouvelle Orléans.
Et à 71 ans, après quelques années à n’avoir pas fait grand chose, le réalisateur est encore en grande forme quand il s’agit de mettre en scène de l’action. Les scènes sont efficaces et les acteurs en grande forme, même Stallone qui évite d’ailleurs la caricature du vieillard sur le retour. Mention particulière à Jason Momoa (c’est étonnant), excellent dans le rôle du méchant bien badass de service. On l’imagine d’ailleurs assez facilement le crane rasé dans la peau d’un certain Agent 47 si un jour ça passait par la tête d’un producteur.

Mais ne vous faites pas d’illusion : Du Plomb dans la Tête est un film con comme la Lune, globalement assez mal écrit d’ailleurs et débordant de raccourcis scénaristiques d’une facilité abyssale (le méchant qui, avant de mourir, livre une preuve mais lâche une réplique bien méchante quand même) et de personnages caricaturaux (comme le fait que Stallone ait une fille qui soit absolument canon et qui tape dans l’oeil du flic).
C’est à tel point débile que l’une de ces grosses ficelles finit par être un running-gag : le coup du téléphone. Walter Hill, au scénario, montre qu’il a plus de 70 ans et qu’il est dépassé par la technologie : le jeune flic parvient à faire avancer l’enquête à grands pas juste grâce à son Blackberry et au fur et à mesure que l’histoire avance, cette scène va se répéter et finira par faire rigoler.

Du Plomb dans la Tête n’est donc rien d’autre qu’un buddy movie grossier, enchainant les scènes où les deux protagonistes discutent dans une vieille bagnole et les scènes de grosse baston. Le film ne raconte au final pas grand chose mais assume complétement ce coté-là, ne cherchant pas à justifier les actions des méchants. Ils sont méchants et vont y passer, point. Il s’offre même le luxe d’un final scénaristiquement à l’ouest mais uniquement là pour assurer un combat final Stallone-Momoa d’envergure (à la hache !).
Bourré de défauts, le film reste quand même un divertissement honnête et qui plaira sans doute aux vieux amateurs. Pas sûr que les jeunes spectateurs biberonnés aux Nolaneries et autres volonté de réalisme apprécieront. Les autres se rappelleront de l’époque bénie où on pouvait louer ce genre de film au vidéoclub et les regarder sur une vieille télé sans se prendre la tête.

 

Du Plomb dans la Tête – Sortie le 27 février
Réalisé par Walter Hill
Avec Sylvester Stallone, Sung Kang, Sarah Shahi
Interdit aux moins de 12 ans
Tueur à gages à La Nouvelle-Orléans, James Bonomo, dit « Jimmy Bobo », a pour règle de ne jamais tuer un innocent. Après l’exécution d’un contrat, il laisse derrière lui un témoin, vivant. Pour le punir de ce travail bâclé, son partenaire Louis est abattu par un mystérieux assassin. Lorsque l’inspecteur de police Taylor Kwon arrive en ville pour rejoindre son équipier et suivre une nouvelle piste sur une ancienne affaire, il découvre que celui-ci a été tué. Tous les indices accusent Jimmy et son complice désormais disparu, Louis. Pour trouver qui a tué leurs partenaires respectifs, le flic et le tueur à gages vont être forcés de faire équipe. Bien que chacun d’un côté de la loi, ils vont vite se rendre compte que la frontière est mince…

2 commentaires

  • Martin J jeudi 21 février 2013 20 h 47 min

    Ca devient redondant les piques sur Nolan. Pourquoi jamais sofia coppola?

  • Marc jeudi 21 février 2013 22 h 48 min

    Plus vraiment sa faute à ce brave Chris mais son modèle ayant été repris depuis, on en bouffe du réalisme et des héros humais qui pleurent sous la douche.
    Au moins Walter Hill s’emmerde pas avec tout ça

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