Critique : Coco

Cette année, l’habituel Disney de fin d’année est un Pixar.

Après Cars 3 sorti cet été, c’est Coco de Lee Unkrich qui clôture 2017. Point de princesse mais une histoire de famille qui sied parfaitement aux fêtes de fin d’années. Avec les jeunes Andrea Santamaria en version française et Anthony Gonzalez en VO dans le rôle du jeune Miguel…

 

LA CRITIQUE

A mon grand-père…

Tout le monde se souvient de Toy Story 3 et de son incroyable final. Depuis 2010, Pixar a enchainé les films sans jamais vraiment parvenir à égaler le chef d’oeuvre de Lee Unkrich. Entre suites franchement loupées (Cars 2) ou aussi vite vues qu’oubliées (Le Monde de Dory, Cars 3) et projets originaux mais casse gueule (Rebelle, Arlo), le studio n’a retrouvé sa superbe que le temps de Vice Versa sorti en 2015 pour replonger dans une forme, relative, de médiocrité.
Mais aujourd’hui Lee Unkrich, le génial réalisateur du troisième Toy Story, revient aux affaires. Et il est en très grande forme.

Coco -le film- est une histoire de famille. Coco -le personnage- est la matriarche d’une famille mexicaine. Son père était musicien, et il a abandonné femme et enfant pour embrasser sa carrière de guitariste. Depuis ce drame, la musique a été bannie de la dite famille, ce qui pose un problème à Miguel, un jeune garçon fan d’une superstar de la variété mexicaine et bien décidé à participer à un concours de musique sur la place du village le jour de la fête des morts. Pour cela, il va dérober la guitare appartenant à son idole. Mais quand il va en jouer, il va se retrouver dans le monde des morts. Et pour retourner chez lui, il va devoir obtenir la bénédiction de ses ancêtres décédés.

Sur le papier, Coco ressemble à une quête pour rentrer à la maison comme Pixar nous en a fait vivre d’autres par le passé. On aurait donc pu s’attendre à une histoire banale, ou à quelque chose ressemble à La Légende de Manolo, le film d’animation de Jorge Gutierrez se déroulant le même jour célébré au Mexique mais il n’en est rien. La narration d’Adrian Molina et Lee Unkrich fait des merveilles : l’histoire est simple, parfois prévisible dans ses rebondissements, mais si maitrisée et habile qu’on se laisse prendre au jeu. Le studio à la lampe revient à un long métrage à plusieurs niveaux de lecture où petits comme grands trouveront leur compte. Qu’on soit un jeune enfant qui a envie d’envoyer balader les valeurs familiales, un artiste/musicien avec l’envie d’une aventure loin des conventions ou un adulte qui voit ses ancêtres disparaitre autour de lui, on ne peut que se sentir touché par Coco, qui évoque tour à tour l’héritage, la mort, la transmission et les valeurs familiales.

Le film fait penser à Là-Haut avec une construction inversée. La réalisation de Pete Docter offrait une introduction chargée, enchainait avec des péripéties amusantes avec des animaux et finissait avec une fin mignonne. Coco commence gentiment, fait vivre à ses personnages (dont ici aussi un chien débile) des péripéties qui font sourire et permettent aux personnages d’avancer et se termine en apothéose. Lee Unkrich, décidément très très bon pour terminer ses histoires, offre une conclusion qui a fait verser à l’auteur de ses lignes un torrent de larmes, chose qui n’était pas arrivée depuis … Toy Story 3. Le bougre glisse des éléments puissants en émotions petit à petit dans le récit mais fait tout exploser dans les dix dernières minutes, avec une scène pourtant sobre mais rudement efficace.

Il faut ajouter à cela une animation au dessus de la concurrence, marquée par une gestion des foules impressionnante, une palette de couleurs magnifiques, des squelettes hilarants dont certains sont des caricatures (on a reconnu Michael Giacchino dans le rôle d’un chef d’orchestre). Et un profond respect pour la culture mexicaine, pays où la musique est inscrite dans l’ADN des gens tout autant que le respect pour les ancêtres qu’on fait revenir le temps d’une journée, non pas pour les pleurer mais bien pour les célébrer. Lors du Dia de los Muertos, on n’est pas triste de voir que nos ancêtres ne sont plus là, on leur fait des autels pour leur donner accès à notre monde, on leur cuisine leurs plats préférés et on fait une nouvelle fois la fête avec eux. Parce que la vie continue et qu’ils ne sont jamais loin.

Avec sa version française soignée, son ambiance visuelle aux petits oignons, et son incroyable richesse narrative, Coco se hisse dans le haut de la pile des films réalisés par le studio à la lampe, à coté des Là-Haut, Wall-E et autres Toy Story. La sensibilité de Lee Unkrich, bien visible à la fin de Toy Story 3, fait une nouvelle fois des merveilles. Et couler des larmes.

Coco, de Lee Unkrich et Adrian Molina – Sortie le 29 novembre 2017



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