Le vrai commencement de Transformers remonte à 1984. Oui, les Autobots et les Decepticons se battent depuis 40 ans. Tout a commencé au milieu des années 80 quand Hasbro met sur les marchés des robots transformables en véhicules. Les jouets sont achetés au Japon et rebrandés à l’américaine. A l’instar de produits comme Les Maitres de l’Univers, Hasbro commande une histoire à différents scénaristes de comics. Bob Budiansky et ses potes crées Optimus Prime et Megatron. Et la légende pouvait commencer.

En 40 ans d’aventure, beaucoup de versions des Transformers ont vu le jour. Citons la base, la fameuse série d’origine désormais appelée Generation One, ses déclinaisons japonaises, Beast Wars (les Animutants) en CGI des années 2000 ou l’excellente Transformers Prime (disponible ici). Et évidemment la saga live-action initiée par Michael Bay.
40 ans d’aventures, c’est aussi 40 ans d’origin story, d’alliances, d’oppositions et de batailles.. A l’instar de Batman ou Superman, Transformers a plusieurs fois été rebooté mais certains éléments ont toujours été conservés : deux factions (les Autobots et les Decepticons), robots humanoïdes pouvant se transformer en véhicules s’affrontent sur leur planète Cybertron puis sur Terre. Avec au premier plan, le héros légendaire Optimus Prime pouvait se transformer en camion rouge et face à lui Megatron, se changeant en arme à feu puis en tank. Et en background quelques éléments d’intrigue venus de leur passé pour donner de la densité à l’univers.

Transformers One (c’est le titre en VO) pioche allégrement dans tout cela pour nous raconter une nouvelle version de l’origine d’Optimus et Megatron. Dans le film de Josh Cooley, les deux protagonistes sont des jeunes robots fougueux travaillant dans les mines de leur planète pour extraire un matériau, l’Energon (ou Energeon dans le film en VF). Comme beaucoup, ils ne peuvent malheureusement pas se transformer car ne possédant pas le module ad hoc. Fasciné par le passé de sa planète et les guerriers légendaires qui ont repoussé un envahisseur, celui qui deviendra Prime se met en quête de la Matrice de Commandement, un artefact disparu. Il va découvrir sur sa route que les apparences sont trompeuses… (!!!)

Réalisé par Josh Cooley (Toy Story 4) et animé par ILM avec le légendaire Rob Coleman (Star Wars, Happy Feet 2) aux manettes, Transformers One est une bombe de rythme. Structuré dans sa première partie comme la Menace Fantôme, le film pose les bases de ses personnages dans une ambiance jeune et décontractée, donnant un petit coup de frais aux personnages. Chris Hemsworth (VO) et Adrien Antoine (VF) aident à cela, cherchant à poser leurs grosses voix respectives sans trop en faire tout en n’oubliant pas qu’ils sont les héritiers de Peter Cullen et Francis Lax.
Le boulot de Coleman sur l’anim est remarquable et le design de Cybertron tient tout à fait la route, s’éloignant un peu de l’aspect sombre de la planète connu jusque là pour offrir de la lumière aux spectateurs.
Cooley, lui, tient parfaitement le rythme, livrant un film aussi solide qu’émouvant dans sa dernière partie, un dernier acte explosif qui mérite plusieurs visions.

Difficile de bouder son plaisir devant le résultat. Transformers Le Commencement est une franche réussite, qui doit notamment son salut à l’absence d’humains. A chaque fois qu’une franchise tente le passage au cinéma avec des humains, ça fonctionne moins bien, voir pas du tout. C’était déjà le cas chez Michael Bay où on sauvait les scènes avec les robots mais où tous les humains étaient pénibles. Ca fonctionne aussi avec d’autres franchises (coucou Sonic). Et ça démontre que quand on fait confiance au monde de l’animation, on obtient de meilleurs résultats qu’en live (coucou Les Tortues Ninja)

Blindé de références et de cameos, piochant dans les différentes incarnations sans mettre de coté les films live, Transformers One monte en puissance. Une fois les bases posées et quelques allers retours pour mieux justifier son histoire, Josh Cooley livre un dernier acte mémorable, une bataille énervée et ultra lisible, dans laquelle ceux qui étaient amis vont se déchirer et devenir les ennemis qu’on connaisse. On a eu le privilège de voir le film deux fois et le parallèle entre la transformation d’Orion Pax en Optimus Prime et celle de D-16 en l’horrible Megatron a fait à chaque fois frémir la salle. Cooley sait iconiser des personnages jusqu’aux moindres détails.
Le seul reproche qu’on peut vraiment faire au film vient de sa musique pas très inspirée. Brian Tyler avait pourtant déjà bossé sur la franchise (sur la série Transformers Prime) et avait fait un chouette boulot sur Super Mario Bros mais ici il livre une partition qui aurait mérité un thème mémorisable.

Il y aura forcément une suite à Transformers One. Pas forcément un second long métrage. Mais on espère une réflexion. Hasbro va-t-il vouloir continuer en live ? Et faire le cross over envisagé avec G.I Joe ? Ou faire, enfin, d’avantage confiance au monde de l’animation. Parce que nous, on prendrait bien un Transformers Two aussi inspiré.

Emmenez donc votre progéniture découvrir les Transformers via ce Commencement. Eux comme vous passeront un moment formidable. Seul votre porte-monnaie grincera : le film donne envie d’acheter plein de jouets.

Transformers Le Commencement, de Josh Cooley – Sortie en salles le 23 octobre 2024

1 Commentaire

  1. Broack dincht

    la bande annonce ne me fait pas du tout envie. Entre l’humour lourdingue (je suis peut-être trop vieux et aigris) et les visages que je trouve dérangeants, pour moi ça ne passe pas . Je me laisserai peut être tenté un jour depuis chez moi, mais en salle, non

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