Alban Lenoir enchaine les bangers. Après Aka ou la trilogie Balle Perdue (ou dans une moindre mesure Rapide, porté par Paola Locatelli), le voici dans un buddy movie à la française dans lequel il partage l’affiche avec Dali Benssalah (Je Verrais Toujours Vos Visages) : Les Orphelins. Derrière ce nouveau projet, des noms qui méritent d’être cités : Nicolas Peufaillit à l’écriture (et bientôt aux manettes de la future série Un Prophète), Rémy Leautier (le producteur de Balle Perdue) et Olivier Schneider à la réalisation. Ancien cascadeur, le bougre a à son CV des films tels que Mourir Peut Attendre, Colt 45 ou Fast and Furious 6.
Gab et Driss retournent dans les Pyrénées-Atlantiques quand leur amie d’enfance a un accident de voiture, rappelés par la directrice de l’orphelinat où ils ont grandi tous ensemble. Elle a une fille de 17 ans et ils pourraient bien en être les pères biologiques. La gamine en veut au chauffard qui a renversé sa voiture : elle découvre son identité et le menace. Mais les choses ne tournent pas comment elle l’avait prévu et elle se retrouve avec toute une milice aux fesses. Gab et Driss vont donc devoir se retrouver pour mieux casser des bouches ensembles.
Les Orphelins prend le temps de poser ses personnages et leur relation, dans une première partie plus dramatique qu’on ne l’imaginait. Le film en profite pour éviter de nous sortir une histoire de « damsel in distress ». Pas question de voir deux mecs sauver une nana, et Sonia Faidi montre qu’elle peut rivaliser dans une histoire qui cherche à proposer autre chose, un buddy movie à la française très sérieux dans ce premier acte mais qui desserre vite les dents une fois les enjeux posés.
La suite est une succession de « set pieces » bien foutus : des poursuites, un peu de baston à mains nues et de vraiment très chouettes fusillades. On pense à l’Arme Fatale premier du nom, à la fois pour la tonalité mi-sérieuse mi-comédie avec de vrais moments de drame, mais aussi dans tout le dernier acte pour un combat sous la pluie qui rappelle l’affrontement entre Riggs et Joshua. Excusez du peu.
Dix ans presque jour pour jour après la sortie d’Antigang de l’ami Benjamin Rocher, Alban Lenoir continue d’enchainer les rôles, alternant l’action (que, nous, on retient) avec d’autres productions très différentes. Celui qu’on a envie de qualifier désormais de Jean-Paul Belmondo des années 2000 parvient à ne pas s’enfermer dans un personnage caricatural pour proposer toujours des choses différentes, mais toujours des projets riches en castagne. Autant vous dire qu’on attend désormais sa version de Lucky Luke de pied ferme.
Les Orphelins, eux, sont le divertissement solide dont vous avez besoin à la fin de l’été, celui qui va mieux faire passer la rentrée prochaine. Le long métrage d’Olivier Schneider est ensoleillé et généreux, surtout si vous aimez la bagarre.
Les Orphelins, d’Olivier Schneider – Sortie en salles le 20 août 2025


