L’année 2026 est riche en animation française. A l’approche du Festival d’Annecy, et après Cannes, plein de productions de qualité sont en embuscade : Louis Clichy (Astérix) va dévoiler son Corset, Xilam adapte Michael Morpurgo avec Lucy Lost, l’adaptaton de la bande dessinée In Waves sortira le 1er juillet. Et Jim Queen bouscule tout le monde, préférant jouer des coudes pour sortir en premier, le 17 juin prochain, face au mastodonte Toy Story 5.
Réalisé par Marco Nguyen et Nicolas Athane, le premier long métrage du studio Bobypills (Creature Commando, Dead Cells) raconte comment un virus, l’hétérose, va ravager la communauté LGBTQIA+. Les gays vont devenir hétéros, devenir fan de foot et se mettre à porter des doudounes sans manche. Le remède se trouve peut-être chez un professeur un peu chelou mais capable de synthétiser la chloroqueer.
Visuellement, les deux réalisateurs appliquent le style Bobbypills, celui qu’on retrouve dans Peepoodo ou même dans Dead Cells, des personnages aux traits simples mais efficaces et de jolis effets en animation traditionnelle. L’animation est efficace et colle parfaitement à ce que le film veut raconter. On y retrouve aussi une ambiance sans filtre, où tout est visuellement permis tant que ça sert à l’histoire – comme c’était déjà le cas dans la série Crisis Jung.
Mais tout l’intérêt de Jim Queen réside dans son scénario. Nguyen et Athane ont trouvé le ton juste pour livrer un film absolument hilarant, se moquant juste comme il faut de leur communauté. Par ce qu’on imagine être une facilité d’écriture, Jim Queen s’intéresse surtout au G de LGBTQIA+, se focalisant en grande majorité sur la communauté gays. Ou les communautés. Vous découvrirez peut-être tout un tas de sous-groupes comme les accros à la salle (comme le héros Jim Queen), qui ne pensent qu’à leurs abdos ou encore les « bears » (soit des ours masculins…). Les scénaristes et réalisateurs explorent avec talent ces différentes facettes tout en se moquant des extrêmes de leur propre communauté.
Evidemment, les hétéros en prennent pour leur grade aussi – le but étant de comparer les deux groupes. Mais on apprécie de voir que c’est pour une fois les LGBTQIA+ qui sont mis en avant. Tout comme on se marre en comprenant que les méchants sont eux-mêmes un sous-groupe parmi les hétéros. Le fait que la grande méchante soit une ministre dans une époque qui ressemble quand même beaucoup à la nôtre devrait vous faire comprendre ce que les auteurs ont en tête.
Trash mais juste, super drôle, totalement pour adulte, Jim Queen est la première bombe animé française de cette année. A moins d’être homophobe (mais alors que faites vous ici ?), vous devriez vous régaler.
Jim Queen, de Marco Nguyen et Nicolas Athane – Sortie en salles le 17 juin 2026


