Ugo Bienvenu n’a pas 40 ans mais déjà un sacré palmarès. Auteur de BDs dont le récompensé Préférence Système, dessinateur pour Metal Hurlant, il a réalisé une floppée de courts métrages et autres clips, et a même titillé Marvel avec la mini-série animée Ant-Man sortie en 2017. Le voici désormais aux manettes de son premier long métrage, une fable écologique étonnante.

Nous sommes dans un futur très très lointain. Les humains vivent dans des structures au dessus des nuages et peuvent, à l’aide de cristaux, voyager dans le temps pour ramener dans le futur des éléments du passé nécessaire à leur survie. Le jeune Arco, trop petit pour voyager, décide de faire le grand saut. Il se retrouve en 2057, à une époque au bord de l’effondrement et fait la connaissance d’une jeune fille.

Thématiquement, Arco reprend des éléments de l’univers d’Ugo Bienvenu (les robots sont ceux de Préférence Système) tout en déclinant des thèmes au bord de l’écologie. Les maisons sont en effet protégées par des boucliers leur permettant de subir les pires tempêtes et les méga feux sont légion. Cadré à hauteur d’enfant, le film multiplie les références à notre (malheureusement) probable futur : utilisation de robots, d’IA et autres technologies qui – on le voit dans le futur lointain – se révéleront inutiles et surement vite obsolètes. Le spectateur habitué des voyages temporels au cinéma, lui, s’accroche à ce qu’il peut comme éléments d’espoir visibles en pointillés dans le récit.

Visuellement, le film soigne ses décors, avec beaucoup de détails et une précision presque photoréaliste. Mais il lui oppose un chara design vraiment simple, trop par rapport aux détails des robots. On ne peut s’empêcher d’y voir un hommage à l’animation old school. On pense à René Laloux (Les Maitres du Temps) ou même aux Mondes Engloutis. On y pense d’autant plus que les jeunes héros sont poursuivis par un trio de méchants débiles qui rappellent au choix Seskapil et Mattymate de la série de Nina Wolmark ou à la Team Rocket de Pokemon.

Cette référence aux 80s fait que tout n’est pas de très bon gout, comme les collerettes étranges que les personnages portent pour voler. Ajoutez à cela des péripéties un peu sages (l’enjeu est simple : le gamin doit trouver une solution pour rentrer chez lui). Mais pour autant il se dégage un charme nécessaire. Le Jury du Festival d’Annecy ne s’y est pas trompé : le film est reparti ce samedi 14 juin avec le Cristal (la plus haute distinction). Dans son discours de remerciement, Ugo Bienvenu a évoqué le besoin de défendre la fragilité. Des hommes – comme celle de la planète sur laquelle on vit.

On le comprend forcément.

Arco, d’Ugo Bienvenu – Sortie en salles à venir

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