Après avoir incarné avec brio Bob Dylan, Timothée Chalamet se glisse désormais dans la peau d’un célèbre pongiste, ou presque, puisque Marty Mauser est une libre version du personnage de Marty Reisman, trois fois médaillé de bronze aux championnats du monde à la fin des années 40. Il était, entre autre, un ardent défenseur de la raquette en bois – ce qui lu a d’ailleurs valu un titre de champion des USA de « hardbat » à l’âge de 67 ans.
Le film de Josh Safdie se déroule un peu plus tard, à New York au début des années 50. On va suivre un jeune prodige du tennis de table qui veut remporter des tournois à l’étranger pour faire connaitre ce sport aux USA. Pour parvenir à ses fins, il va user de différentes combines pour gagner de l’argent, des astuces parfois dangereuses et qui pourraient remettre en cause son parcours.

Si vous avez vu Uncut Gems, vous serez en terrain connu dans le nouveau film de Josh Safdie nous plonge dans le même genre d’univers, où le tennis de table est presque un prétexte pour raconter le parcours d’un homme. Superbement filmé, très rythmé, Marty Supreme nous plonge dans un New York foisonnant de vie, des bas fonds aux hotels de luxe en passant par les inévitables salles de ping pong. La reconstitution est minutieuse et le traitement du sujet fait qu’on oublie régulièrement quand se passe le film tant l’histoire pourrait être intemporel. De temps en temps, une vieille voiture ou un téléphone filaire est là pour nous rappeler la chronologie.
Et comme le personnage d’Uncut Gems, Marty Supreme est un bidouilleur qui aime et a besoin d’argent. Si le début et la fin du long métrage sont bien consacrés à son parcours dans l’univers du ping pong, le second tiers nous montre le personnage enchainer les péripéties, souvent à la limite de l’absurde, pour obtenir ce qu’il désire. Le rythme de la narration, sa fluidité, et le talent hors norme de Chalamet font qu’on se laisse emporter, et même si on venait pour un film dédié au sport.

Du ping pong il est quand même question. Josh Safdie abandonne le coté « origin story » du personnage pour nous plonger dès les premières scènes dans le vif du sujet, sans explication pour la passion de Marty. Mais si vous aimez suivre des pongistes, vous serez en terrain connu, et vous apprécierez d’autant plus les matchs que la mise en scène est rudement efficace. Citons également le boulot remarquable du légendaire Darius Khondji à la photo et la très belle partition de Daniel Lopatin.
Marty Supreme est un film qui multiplie les qualités. Même s’il est parfois à la limite du rocambolesque et de l’hystérique, il est suffisamment bien fait pour vous donner envie d’aller le voir. Ou de vous remettre au ping pong.
Marty Supreme, de Josh Safdie – Sortie en salles le 18 février 2026
