Si vous suivez la carrière de Amélie Nothomb, il ne vous a surement pas échappé que l’autrice belge a grandi au Japon et a été profondément marquée par son séjour au Pays du Soleil Levant. En réalité née dans la banlieue de Bruxelles, elle a suivi son père diplomate dans plusieurs pays. Mais elle a décidé de modifier la réalité pour faire de l’autofiction. C’est ainsi que la jeune Amélie, héroïne de Métaphysique des Tubes, est originaire de Kobé d’un père diplomate belge et d’une mère pianiste.

Le film, adapté du court roman éponyme (150 pages), raconte donc les toutes premières années de la petite Amélie, à partir du moment où elle né … dans sa tête. Se considérant à deux ans comme Dieu, réfléchissant à la vie tout en étant un petit bébé, elle débarque dans le grand monde grâce à sa grand-mère qui lui donne du chocolat belge, un moyen de libérer la toute petite fille qui était en elle. Comme une révélation. Alors douée de parole et capable de marcher, elle va découvrir la vie et se prendre d’admiration pour une Japonaise venue aider ses parents en galère.

Si on ne connait pas le bouquin, Amélie et la Métaphysique des Tubes démarre un peu bizarrement avec ce petit bébé doué de pensées et approchant le monde des adultes comme on créerait un univers. Mais il ne faut que quelques minutes au spectateur pour s’adapter et plonger avec bonheur dans cette histoire charmante.
On dit que les bébés comprennent tout et c’est à partir de ce postulat que le personnage est développé. La gamine est drôle, espiègle, sûre d’elle et -puisqu’on est dans ses pensées- bien trop adulte pour son tout jeune âge. Bref, on tombe sous le charme et on a envie de suivre son quotidien.

On en a d’autant plus envie que la réalisation de Liane-Cho Han et Mailys Vallade est absolument superbe. Le travail sur les couleurs et la lumière est une vraie réussite. L’animation, sans trait de layout, rappelle le travail de Rémi Chayé. Le rendu est vraiment très beau, donnant un coté presque magique à l’ensemble, ce qui participe à l’ambiance très japonaise de l’ensemble. Et puis les deux réalisateurs multiplient les belles idées, comme quand la nounou d’Amélie lui raconte la guerre en cuisinant un curry.

Si vous avez des enfants, vous serez forcément touché par l’universalité de l’histoire. En espérant que vous ne soyez pas comme les parents d’Amélie, débordés et incapables de s’occuper d’elle. L’auteur de ces lignes a des neveux et s’est vachement projeté dans le personnage de la nounou, qui s’adresse à l’héroïne comme à une adulte tout en se mettant à son hauteur.

Le résultat est beau, émouvant et on peut imaginer qu’il repartira avec un prix au Festival d’Annecy 2025 (ce papier étant écrit avant le palmarès, on croise les doigts).

Amélie et la Métaphysique des Tubes, de Liane-Cho Han et Mailys Vallade – Sortie en salles le 25 juin 2025

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