A film exceptionnel, articles exceptionnels. Nous avons voulu avec Arkaron et Jean-Victor fêter la sortie ce mercredi 13 mars de Cloud Atlas d’Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer en allant plus loin que d’évoquer le film lui-même.
Nous avons donc choisi de consacrer un dossier au génie créatif des Wachoskis.

La première partie, que je vous invite à prendre le temps de bien découvrir dans la suite, est une analyse de quelques séquences de Matrix. Le film avec Keanu Reeves, Lawrence Fishburne et Carrie-Anne Moss a non seulement réinventé le film d’action mais est encore copié aujourd’hui.
Arkaron vous propose donc de (re)découvrir à travers quelques scènes que la construction de la trilogie n’a rien d’un hasard….

 

Dans son roman Cartographie des Nuages, le britannique David Mitchell s’embarquait dans une logique de déconstruction narrative pour mieux atteindre l’unité thématique qu’il convoitait. Un leurre en somme, camouflant sous sa forme inhabituelle un précepte universel qui s’appuie sur l’idée de renaissance, de continuité logique dans un système d’éternel recommencement.

Pour s’atteler à son adaptation cinématographique, trois cinéastes aux œuvres singulières allient leurs forces. Tom Tykwer d’abord, bricoleur inventif et génial tout droit sorti de son atelier germanique, et débarqué éphémèrement sur la scène mondiale avec son polar The International avant de repartir œuvrer de manière plus indépendante.

À ses côtés, Andy et Lana Wachowski, deux illuminés aux capacités de synthèse stupéfiantes et aux ambitions narratives démesurées qui, sortis de nulle part, ont conquis les salles obscures du monde entier avec des histoires de futur apocalyptico-virtuel à dormir debout. Bref, l’équipe parfaite.

En effet, la stratégie adoptée par l’écrivain avec Cloud Atlas se révèle, après observation, similaire à l’approche que les Wachowski avaient choisie lors de la conception de leur trilogie ; à savoir la manipulation constante des attentes du récepteur vis-à-vis des mécanismes narratifs dans le but de créer une hétérogénéité apparente qui se révèlera au final être le meilleur catalyseur aux propos de l’œuvre.

Mais commençons par le commencement. En 1999, Neo, protagoniste du film The Matrix, conclut le métrage en annonçant au spectateur que tout ce à quoi il vient d’assister n’était qu’un prologue à la véritable histoire qui lui sera contée ultérieurement. Cependant, ce n’est pas avant la scène d’ouverture de Matrix Reloaded que le public pourra prendre la pleine mesure de cette mise en garde.

À la fin du premier volet, la somme des éléments distillés au long du film permet au spectateur de formuler plusieurs conclusions, parmi lesquelles la justesse de la cause de la rébellion humaine, la nécessité de combattre les machines et le caractère malsain de la matrice. Vient alors le redémarrage, le rechargement (Reloaded) de cette dernière, requis suite à l’erreur système causée par la manifestation de l’Élu. Le titre même du deuxième chapitre entame donc un nouveau cycle à la fois dans l’histoire et, plus littéralement, dans l’exécution du programme de l’environnement virtuel.

Il est donc peu étonnant d’observer que l’introduction de Reloaded est à première vue extrêmement similaire à celle de Matrix : Trinity, seule, s’engage dans un affrontement avec un groupe d’hommes armés. C’est pourtant là que s’arrêtent les ressemblances de surface. En effet, deux idées majeures se trouvent dans ce prologue 2.0 : une idée d’accélération (les mécanismes narratifs s’enchainent rapidement, demandant au spectateur toute son attention tandis que le premier volet le prenait un peu plus par la main) et une idée d’inversion, de remise en question des acquis (ce qu’on croyait savoir à la fin du premier film ne sera désormais plus si sûr).

Une fois de plus, on commence par nous présenter un monde à priori normal qui se retrouve bouleversé par des actions défiant les lois connues de la physique et du possible. Les mêmes personnages y sont mis en scène : des hommes des forces de l’ordre/de sécurité, un ou des Agents en costume, et Trinity.

La première scène dépeint l’ordinaire du quotidien d’un groupe d’agents de sécurité, illustré par l’utilisation de plans taille ou rapprochés, au même niveau que la vue du spectateur, ce qui rend la scène immédiatement identifiable comme étant un monde similaire à celui dans lequel nous vivons.

Dans Matrix, le premier plan était pris au même niveau et filmait des policiers faisant leur travail. Rien n’y était déstabilisant à première vue. Les quelques plans suivants, en revanche, installaient une atmosphère inquiétante qui laissait penser que nos principes pourraient être remis en question, ce qui n’est pas le cas de Reloaded, qui part du principe que l’on sait déjà que nous ne sommes pas réellement dans notre monde, idée par ailleurs rappelée grâce à l’horloge faite de codes numériques (et voilà que notre idée d’accélération apparaît).

Toujours dans Matrix, les Agents faisaient ensuite leur apparition et représentaient, à priori, le gouvernement, ou au moins une autorité de confiance. Ces mêmes agents informent les policiers qu’un bain de sang est sur le point d’avoir lieu, positionnant le spectateur dans l’expectative d’un événement sortant de l’ordinaire.

C’est seulement ensuite que Trinity défit toute raison et tue les policiers venus l’arrêter. Le dernier plan du combat est un plan en plongée illustrant sa supériorité dont on ne doute désormais plus.

Reloaded inverse ce schéma et met directement Trinity en position de force : l’un des gardes entend un bruit de moto, tourne la tête et voit quelque chose en hors champ. Le plan en plongée permet alors de placer l’homme lambda en position de faiblesse, tandis que le contre-champ montrant la raison de sa confusion, cette fois en contre-plongée, affirme le rapport de forces établi. S’en suit, par souci d’iconisation faisant de nouveau appel à la stratégie de mise en scène vue dans l’introduction de Matrix, un plan en plongée maintenant la supériorité de Trinity.

Le véhicule, qui concluait la scène d’action du prologue dans Matrix, est ici l’élément déclencheur. La scène d’action expéditive qui s’en suit reprend la structure de celle de la chambre 303. Trinity reste filmée principalement en contre-plongée, à l’exception de sa prouesse physique. Dans les deux cas, la mêlée se termine par un plan soulignant la victoire de la jeune femme, en contre-plongée dans le premier film, en plongée dans le deuxième. Cette conclusion à la scène s’oppose à celle de Matrix, dans laquelle Trinity vient de passer à travers la lucarne et se retrouve au bas des escaliers de l’immeuble voisin, scène dans la laquelle elle était en position de faiblesse. En atteste le gros plan en plongée enfermant le personnage (il se révèle que Trinity aura exactement la même posture dans Reloaded lors de sa chute, quelques secondes plus tard).

L’accélération est toujours présente dans le sens où la course poursuite est court-circuitée (on ne sait pas ce qu’il se passe entre le moment où Trinity dit « I’m in » et celui où elle se défenestre), et alors qu’elle passait à travers une fenêtre pour rentrer dans un bâtiment dans le premier film, dans Reloaded, le plan suivant la montre passer à travers une fenêtre pour sortir d’un bâtiment, donnant ainsi une représentation graphique à l’idée d’inversion des polarités. Cependant, la raison, nous le découvrons, est identique : échapper à un Agent. D’une seconde à l’autre donc, on nous rappelle efficacement les règles de la matrice : Trinity et les autres héros sont capables de défier certaines règles mais sont en danger face aux Agents.

Les derniers plans du prologue montrent Trinity uniquement en position de faiblesse, et alors qu’aucun doute ne planait sur l’issue de l’introduction de Matrix (elle s’échappe), celle de Reloaded est beaucoup moins certaine. Les Wachowski bouleversent donc nos acquis à plusieurs niveaux. Vis-à-vis de la légitimité des actions des héros d’abord (dans le premier, elle est traquée, cette fois, c’est elle qui attaque), puis sur leur capacité à survivre, alors que la fin du premier film les dépeignait en vainqueurs. Le cycle se referme enfin sur deux scènes similaires : le réveil de Neo. La durée respective des prologues (6 min 30, puis 3 min 30) vient parachever la démonstration de l’intention des réalisateurs.

Cet exercice de retour cyclique d’éléments précédemment rencontrés est répété de manière fréquente et régulière à travers la trilogie. Une fois l’intention de Reloaded énoncée, le récit s’amorce par une rapide scène de combat entre Neo et trois agents « mis à niveau », aux prises que les danseurs de rock acrobatique ne renieraient pas, avant de démarrer une longue série de scènes pareilles mais différentes, de séquences miroir des événements du premier volet.

Ainsi Neo, qui vient de neutraliser les trois agents venus perturber la réunion clandestine, se retrouve dans une ruelle vide qui, animée d’un journal pris dans une bourrasque et d’une ambiance sonore typée western, vient raviver le souvenir du stand-off à quai de métro de Matrix. Dès lors, les réminiscences s’enchainent : les écrans de la salle de l’Architecte se révèlent être les mêmes que ceux de l’interrogatoire de Thomas Anderson ; les deux scènes de boîte de nuit sont filmées de manière symétriquement opposée, tandis que les deux morts de Trinity sont presque identiques ; les deux affrontements finaux de Matrix et de Revolutions suivent la même logique dans la réinterprétation des plans ; et l’arrivée au Club Hell se permet de rejouer la chorégraphie du hall d’entrée de Matrix, avec quelques changements.

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Parmi ces nombreux parallèles, l’un des plus importants est probablement celui qui confronte le réveil physique de Neo dans la « réalité » (son échappée du monde des machines), à son infiltration dans Zero One, la ville des machines, précédant sa rencontre avec l’entité Deus Ex Machina dans le dernier acte de Revolutions.

Une rapide observation permet de remarquer que dans Matrix, Thomas Anderson s’extirpe douloureusement de son cocon en sortant de la matrice ; il essaie donc par tous les moyens, confus, de s’échapper. Cependant, dans Revolutions, il choisit volontairement de s’infiltrer au cœur de l’ordinateur central des machines, jusqu’à la source, par le biais de passages exposant de nombreux composants quasi-organiques. Dans cette scène, l’environnement reste le même mais le point de vue est inversé : Neo est devenu l’intrus. Ce dernier est très clairement représenté comme un parasite dans un environnement contenant des organes, des anticorps et des fonctions cérébrales. Comment, également, ne pas voir toutes ces lumières mouvantes comme des millions de globules ? Le protagoniste de l’histoire impose donc sa présence aux machines, alors que le premier film avait fait sentir que celles-ci bafouaient l’intégrité physique du personnage.

Les plans se font d’ailleurs écho : Neo se réveille dans un bain de tubes (Matrix), puis rampe dans des passages recouverts de tuyaux (Revolutions). Le plan d’ensemble qui s’en suit est diamétralement opposé. Il regarde ensuite autour de lui, puis en bas. Dans sa chute, résultat de son débranchement, Neo s’empresse de sortir du champ, de s’en échapper, tandis qu’ensuite, il reste immobile et laisse Deus Ex Machina entrer dans le champ. Le mouvement ne lui est plus propre, il fait partie intégrante de cet univers, et la matrice, qu’il a quitté non sans mal autrefois se révèle finalement être sa destination finale. La lumière qui l’éblouit passe de diffuse, de géométrique, à absolue. Dans les deux cas, des machines s’approchent de lui, d’abord pour l’extraire (Matrix), ensuite pour l’ensevelir (Revolutions). Cette opposition dans la direction qu’emprunte le personnage annonce une chose simple : il ne reviendra pas.

Du reste, il semble que le doute a pesé quant au sort de Neo lors de son ultime apparition dans le monde réel. Toutefois, l’importante symbolique utilisée tout au long de la saga s’est largement évertuée à mettre en avant la notion de cycle et de recommencement. De ce fait, il n’est pas surprenant de constater que la musique accompagnant l’affrontement final, intitulée Neodämmerung, renvoie directement au Göterdämmerung (la chute des dieux) de la mythologie scandinave (aussi appelé Ragnarök). Cet événement marquait la destruction d’un monde au profit de la renaissance d’un nouveau, grâce au sacrifice des dieux. Par conséquent, c’est peut-être exactement ça qu’a fait Neo : il a offert sa vie pour le salut de deux espèces et l’émergence d’un nouveau monde, avant de s’en aller à l’horizon sur son drakkar en proie aux flammes, comme le faisaient autrefois les Vikings.

Ainsi, en plus de sa mise en scène plus riche et réfléchie qu’en apparence, la trilogie trouve énormément de son intérêt dans les multiples interprétations symboliques qu’elle permet. Si l’on continue donc sur le principe que les deux derniers segments sont composés d’une accumulation de réinterprétations de scènes passées, il semble que Reloaded présente, plus ou moins en son centre, une scène construite autour de la notion de cycles, de rétrospectives et de prédictions. Cette scène, souvent décriée comme gratuite ou inutile par certains spectateurs, prend selon moi tout son sens dans son utilisation des symboles au sein d’une logique de synthèse de l’évolution de Neo dans la trilogie entière. Cette scène est la suivante :

Dans une pièce décorée de statues évoquant sans mal les guerriers celtes ou nordiques, la scène démarre par un rappel simple et efficace du pouvoir de Neo : il arrête, de sa seule volonté, les rafales de balles de ses opposants, renvoyant ainsi à la scène pivot du premier volet, dans laquelle il prenait enfin la pleine mesure de ses possibilités.

Cette iconisation passée, le combat au corps à corps s’engage, les adversaires du héros n’hésitant pas à se servir des outils à leur disposition dans la salle d’armes. Neo décide de continuer à se battre avec ses poings, du moins jusqu’à ce qu’il soit obligé d’arrêter la lame d’une épée à main nue. La mêlée est alors interrompue un instant par l’apparition, rarissime, de goutes de sang. Comme expliqué par Rafik Djoumi sur son site Marix Happening, la couleur rouge, quasiment absente de la matrice, symbolise très probablement la vérité, l’annonce d’une vérité, ou le porteur de vérité.

Dans la même optique, cette césure dans l’action ne sert pas tellement à affaiblir l’image du protagoniste (considérablement héroïsé jusque là), mais plutôt à annoncer une vérité. Dans ses deux combats à la loyale contre Smith, Neo crache du sang (Matrix et Revolutions), indiquant ainsi que ses prochaines paroles seront déterminantes quant à la définition du personnage (respectivement « My name is Neo. » et « Because I choose to. », définissant son être et sa raison d’être). Ici, Neo saigne de la main, ce qui pourrait laisser entendre que la vérité ne viendra pas de ses paroles, mais plutôt de ses actions. Dès lors, il est possible de diviser la suite du combat en quatre étapes délimitées par la succession d’armes employées.

1/ Des saïs, armes japonaises qui, selon la légende populaire, auraient servies aux paysans à se défendre contre les katanas des samouraïs. L’histoire attribue plutôt l’usage des saïs à la police mise en place après l’abolition du système han sous le règne de Meiji (1876). Ces réformes visaient à abolir le système féodal et mettre en place un système politique organisé autour d’un gouvernement central. Le saï est depuis resté un symbole d’opposition à l’ancien système.

Si le Mérovingien vient de versions précédentes de la matrice, il n’est pas surprenant de voir Neo utiliser cette arme pour combattre ses sbires, autrement dit des souvenirs de l’ancien système. Cependant, il est également possible de voir ça comme la première étape de sa rébellion contre la matrice et les machines, si l’on considère d’abord l’image plus folklorique qu’a gardé le saï.

2/ Une épée, arme médiévale qui trouve ses équivalents dans le monde entier, et avait la particularité d’être un symbole de richesse, de protection et de supériorité sociale au Moyen-Âge. Cette arme va de pair avec le statut actuel de Neo, lors de la scène elle-même : celui du guerrier aux frontières du super-héros, à un moment où il ne remet en cause ni sa fonction ni sa légitimité, et pense d’ailleurs savoir quel sera son chemin tout tracé. L’épée est au final l’arme qu’il garde le plus longtemps, puisque ce statut est celui qu’il occupe la majeure partie de la saga.

3/ Une lance, qui se trouve très vite brisée en deux. Elle évoque la figure allégorique de la Synagogue, par exemple représentée à la cathédrale de Strasbourg (ainsi que Bamberg, Worms et Paris), arborant une lance brisée mais aussi un bandage sur les yeux et les tables de la loi lui tombant des mains. Celle-ci s’opposait à la figure de l’Église, et représentait une forme obsolète et déchue de promesse divine. La figure est dépeinte les yeux bandés, situation dans laquelle se retrouvera Neo durant tout l’acte final de Revolutions, période pendant laquelle il est vu par certains résistants comme un imposteur, et par le spectateur comme une anomalie qui a risqué la survie de son espèce au profit de ses sentiments.

Cela peut indiquer que Neo va bientôt déchoir au rang de messie aveugle de la vérité (statut engendré par les manipulations de l’architecte, ainsi que par son incapacité à expliquer ses choix aux autres résistants), qu’il essuiera une probable défaite (la fin de Reloaded) et qu’il abandonnera les textes de loi (le reboot cyclique de la matrice) au profit d’un nouvel ordre.

La mise en scène de ce passage ne se prive d’ailleurs pas de faire écho à différentes scènes à venir, comme la chute de Trinity (les sauts dans le vide des sbires du Mérovingien et de l’agent poursuivant Trinity sont des plans similaires) ou l’enfermement de Neo entre deux polarités (deux portes, deux choix, illustrés par les portes physiques, une dans chaque plan du champ-contrechamp, et ses deux adversaires bien sûr).

4/ Une masse d’arme, enfin, qu’il utilise uniquement pour asséner le coup final et mettre un terme au combat. Il se trouve que cette masse est de type Morgenstern, qui signifie en allemand l’étoile du matin, ce qui, rétroactivement, renverra au plan final de Revolutions, mettant un terme à l’ensemble de la saga.

6 commentaires

  • EagleWolf vendredi 8 mars 2013 22 h 53 min

    Intéressant !

  • Medd samedi 9 mars 2013 2 h 59 min

    Grandiose. Merci !

  • Keanu Reeves samedi 9 mars 2013 12 h 47 min

    Malgré sa conclusion pour le moins déroutante, Matrix et les frères Wachowski nous ont livrés une oeuvre qui nous permet de voir à chaque fois beaucoup plus qu’un blockbuster d’action. Merci à Jean-Victor et Arkaron de s’être dédiés à l’étude de cette thématique très bien menée. Ce genre d’article hisse Cloneweb.net à un niveau de qualité certain. On en demande encore !

  • Marc samedi 9 mars 2013 14 h 06 min

    Merci beaucoup. Il y aura une 3e partie demain :)

  • Florian mardi 19 mars 2013 11 h 02 min

    Fantastique, j’ai beau avoir regardé un paquet de fois chaque film, je ne pensais pas encore aujourd’hui découvrir une telle richesse !

    Les Wachowski m’éblouiront toujours…

  • Trackback: CloneWeb » Critique : Jupiter, Le Destin de l’Univers

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