Alors qu’Alex s’apprête à franchir les planches de Deauville et de son cinéma américain, Jean-Victor est toujours à Paris pour L’Etrange Festival

Au programme aujourd’hui : Faults, avec Mary-Elizabeth Winstead, filmée par son mari, mais aussi Over your Dead Body le dernier né de Takashi Miike, après The Mole Song, déjà chroniqué au NIFFF, et la fin de la carte blanche de Sono Sion (après avoir présenté Babe 2, son film préféré !) avec Adieu L’ami, de Jean Herman.

 

 

 


Faults

de Riley Stearns (2014)
Afin de secourir leur fille Claire tombée sous la coupe d’une secte, des parents font appel à Ansel Roth, spécialiste de déprogrammation mentale. Rapidement, Ansel découvre que le cas de Claire est plus complexe qu’il ne l’imaginait…
Chez CloneWeb, on aime bien Mary Elizabeth Winstead. Alors vous pensez bien que quand cette dernière joue devant la caméra de son mari dans une histoire de secte, on est forcément les premiers au rendez-vous !
L’actrice connue notamment pour son rôle de Ramona Flowers joue ici une jeune femme dont la vie a changé suite à son entrée dans un culte obscur. Ses parents vont chercher les services d’un spécialiste en déprogrammation mentale, et la fine équipe kidnappe la demoiselle pour un traitement intensif de 5 jours dans une chambre d’hôtel. Comme de par hasard, rien ne se passe comme prévu et ce qui semblait être une mission de routine va vite révéler des secrets inattendus.
Filmé ultra platement (vous aimez les plans FIXES ?), Faults aurait pu tirer son épingle du jeu si son dispositif minimaliste était au service d’un scénario au cordeau. Comme ce sera trop simple, ce n’est évidemment pas le cas et très vite, on tombe dans des twists prévisibles à des kilomètres, la faute à une écriture bien lourde qui ne pardonne pas la moindre facilité quand il est question de psychologie. Malgré la comédienne principale qui s’est donné à fond dans son rôle (elle semble à vrai dire être la seule à prendre le film au sérieux), Faults reste très plat et convenu, pour ne pas dire source d’ennui.

Over your dead body
de Takashi Miike (2014)
Alias, un jeune albinos tanzanien, part chez son oncle après avoir été témoin du meurtre de son père. Il devra apprendre à survivre en communauté…
Deuxième film vu en festival cette année en ce qui concerne l’ultra prolifique Takashi Miike, qui change radicalement de genre après l’interminable The Mole Song : Undercover Agent Reiji.
Ici, il est question d’un couple d’acteurs de théâtre dont la relation mouvementée va être progressivement gangrénée par la pièce qu’ils jouent, jusqu’à perdre pied et confondre réalité avec fiction ou vice versa. L’occasion pour Miike de se la jouer cool, très coooooolll, tant son film se caractère par un rythme lent avec une réalisation faisant la part belle aux travellings latéraux discrets et à de rares irruptions fantastiques sanguinolentes. Le rythme plombe le récit puisqu’on passe vite sur une structure qui parvient mal à juxtaposer les deux histoires (couple/pièce). Le film est capable de s’étaler 30 minutes sur l’une (avec la vie du couple qui part en vrille), si bien que lorsqu’on repasse sur la strate théâtrale, on était passé à autre chose, et le va et va trop hasardeux entre les deux plombent un film qui a tendance à donner dans une violence qu’il voudrait spectaculaire pour finir en beauté un bric à brac pas possible. Si Miike emballe joliment son film, celui-ci n’en reste pas moins poussif et trop lent.

Adieu l’Ami
de Jean Herman (1968)
Dino Barran, un médecin légionnaire, se transforme en perceur de coffres forts pour aider la femme d’un homme qu’il a tué accidentellement à remettre à leur place des documents compromettants. Pour l’occasion, il doit faire équipe avec Franz Propp, un légionnaire qui lui voue une haine féroce.
Pour clôturer sa carte blanche (dans laquelle on trouvait notamment French Connection ou Babe 2 !), Sono Sion a choisi l’un des deux films réunissant ces icônes masculines que sont Alain Delon & Charles Bronson. Un face à face musclé pour une histoire de casse qui, forcément, merdouille quand il ne fallait pas, et pour cause, puisqu’au moment de passer à l’action, Alain Delon se récupère sur le dos un ancien collègue de la Légion légèrement collant. Postulat simple, figures bigger than life au machisme exacerbé qui font tomber toutes les dames passant sur leur chemin et répliques bien trempées (Tu as une parole ? –Non –Alors donne-la moi.), Adieu l’Ami représente un certain cinéma français, fait de gueules et coups bas, aujourd’hui complètement disparu et fortement regretté.


Adieu l’ami – Bande annonce FR

 

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