Sur CloneWeb, on tourne autour du Dernier Maitre de l’Air – une des meilleures séries d’animation de ces vingt dernières années – autant que possible. Par le passé, nous avons interviewé Joaquim Dos Santos (La Légende de Korra, Voltron, Spider-Vere), Tim Hedrick (co-scénariste d’Avatar Aang) et Ethan Spaulding (désormais showrunner de la future série Seven Havens). Autant dire que l’arrivée d’un long métrage animé, vingt ans après la série originale, avait tout pour plaire.
Pour les deux du fond, qui auraient échappé aux 61 épisodes de la série animée, à l’adaptation live par M. Night Shyamalan et à la série live produite par Netflix, Avatar se déroule dans un monde de fantasy où les habitants de différentes régions peuvent avoir des pouvoir leur permettant de maitriser l’eau, le feu, la terre et l’air. Chaque génération voit naitre un Avatar, le seul capable de maitriser par télékinésie les quatre éléments. Aang est l’un d’eux. Après un long sommeil, il se réveille dans un monde sous le joug d’un tyran où les Airbenders ont disparus. Avec l’aide de différents protagonistes qui deviendront ses amis (la Team Avatar), il va maitriser l’ensemble de ses pouvoirs et ramener la paix.

Dans le long métrage, quelques années après la série, Aang cauchemarde des évènements de son enfance. Il est marqué par le fait d’avoir abandonné son peuple et d’être leur dernier survivant. Sa route croise celle d’un groupe de pirates, les « denied » (laissés pour compte), des méchants sans pouvoir mais habiles au combat qui veulent mettre la main sur un baton. La relique permettrait de leur donner des pouvoir de Maitre de l’Air, mais dans un but maléfique. Aang réunit donc la Team Avatar pour trouver l’objet avant eux.
Ne vous fiez pas à la probable complexité de ce résumé : Avatar Aang est à la fois une belle suite et une porte d’entrée efficace à la série. Si le film n’est pas sans défaut (nous y reviendrons) mais que l’univers vous plait, vous trouverez votre bonheur dans l’œuvre de ces créateurs Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko. L’écriture est finalement assez simple, avec une introduction posant les bases, un voyage vers une nouvelle destination et un formidable climax.

Réalisé par Lauren Montgomery (La Légende de Korra, Voltron), le film est visuellement un ravissement. L’animation est superbe, et les décors soignés. On est plusieurs crans au dessus de la série d’origine, on y sent l’envie de produire un long métrage pour être vu sur le plus grand écran possible – ce que Paramount a un temps envisagé avant de lâcher le film sur leur plate-forme pour gratter des abonnés.
Le long métrage reprend tous les éléments qui ont fait le sel de la série : des thématiques adultes vivant le jeune public, de l’action superbement maitrisée, une belle dose d’émotion (ici, à travers les PTSD de Aang) et beaucoup d’humour grâce aux personnages et à des situations parfois absurdes. Pour autant, le film connait un problème de durée et de rythme. Pour tenir 90 minutes seulement, il faut raboter. Raboter quelques belles idées (dont les fameux pirates « Denied », basé sur un principe génial mais vite mis de coté), raboter les personnages (tous les membres de la Team Avatar font de la figuration à l’exception de l’exceptionnelle Katara) pour les réduire à leur caricature. La production a voulu mettre tous les héros de la série mais ne parvient pas à leur laisser suffisamment de place. On ne développe pas un film comme on développe une série. On aurait donc bien pris 15-20 minutes de rab’.

A l’exception de Katara, donc, et de Aang qui est au coeur du récit. Le titre du long métrage n’y est pas pour rien : c’est son film, et pour les puristes, ce qui manquait à la série : une véritable histoire basée sur les Maitres de l’Air eux-même et la possibilité d’en voir plusieurs en action.
Les puristes, eux, justement devineront aussi une partie de la fin. En effet, la série Legend of Korra qui se passe chronologiquement après spoile de fait une partie de la résolution de l’intrigue. Et peut-être seront-ils frustrés de voir leurs personnages favoris trop peu à l’écran (alors que Toph en armure, c’était une idée parfaite).
On aurait aimé qu’Avatar Aang fasse 15-20 minutes de plus, qu’il bénéficie d’une belle sortie en salles pour le voir sur le plus grand écran possible. Mais en l’état actuel des choses (dont le leak du film qui ne va pas aider sa sortie), le résultat est tout à fait honorable. Et puis, ça nous permet de patienter jusqu’à la prochaine et très attendue série Avatar Seven Havens.
Avatar Aang The Last Airbender, de Lauren Montgomery – Disponible sur Paramount+ le 25 juillet 2026
1 Commentaire
En voyant la bande annonce je m’étais dit que Suki avait l’air d’être partie en vacances, mais que c’était sans doute difficile de donner un rôle à tout le monde.
Très hâte de voir le film malgré tout