Paru en 2019 sous la houlette de Casterman et traduit par un ancien de la famille CloneWeb, In Waves est un roman graphique signé AJ Dungo, dans lequel il mêle dans des cases sans bulles l’histoire de sa rencontre avec Kristen et leur passion commune pour le surf. En parallèle, il va raconter l’origine de ce sport pour mieux intercaler les deux récits au milieu des vagues. Sept ans plus tard, l’histoire est désormais un film d’animation.
Comme dans le bouquin, In Waves le film commence sur une île du pacifique avec une jeune fille face à la mer. Ensuite, on va suivre le personnage d’AJ, un jeune garçon qui va rencontrer Kristen. Elle va lui apprendre à vaincre sa peur de l’eau et lui montrer comment surfer. Mais leur idylle va être bouleversée par le cancer qui va la frapper…

La première chose qui surprend une fois passée l’ouverture de In Waves est l’utilisation de la couleur. La réalisatrice Phuong Mai Nguen fait de nombreux choix pour adapter le récit pas toujours évident à transposer d’AJ Dungo. L’un d’eux est d’abandonner la monochromie (sauf pour les scènes sur l’origine du surf) pour faire exploser la couleur. In Waves est un film vibrant de couleur et magnifique, à l’image de son héroïne. Mêlant habilement 3D rendu en 2D pour les personnages et superbes décors semblant sortir d’un artbook, le film multiplie avec intelligence les appels à la couleur. Le rendu de l’eau et des vagues, parfois roses, est magnifique et la mise en scène particulièrement dynamique.
L’autre choix fait par Phuong Mai Nguen est de raconter l’histoire de manière linéaire là où AJ Dungo commençait par la fin et remontait le temps au gré des souvenirs. Même si certaines scènes sont décalées dans le temps, la linéarité permet un effet de surprise qui n’existait pas dans la version de papier. Ainsi, on a tendance à voir les deux versions comme complémentaires. Il faut peut-être commencer par la version cinématographique avant de lire la version graphique.

Le roman graphique a la particularité de ne pas avoir de dialogues, mais un peu de texte raconté par le narrateur. En choisissant de faire parler ses personnages, la narratrice les rend vivants et attachants. Le récit n’en est que plus poignant tant on a envie, comme le narrateur, de tomber amoureux de Kristen et de tout lacher pour elle. L’héroïne féminine, doublée par Lyna Khoudri, est éblouissante. On s’attache à eux, à leur relation, et on vit avec eux.
Car c’est bien une ôde à la vie que raconte In Waves. Le film met de coté l’histoire du surf et ses flashbacks pour se concentrer sur un petit groupe de jeunes qui a envie de vivre, de vivre à fond et idéalement de vivre dans les vagues. Le film de Phuong Mai Nguen n’aurait pas pu exister sans l’histoire d’AJ Dungo et les deux se complètent à merveille.
Nous, on a laissé une mer de larmes sur le sol de la salle de cinéma devant cette histoire belle, touchante et impeccablement racontée. On comprend mieux les sélections en festivals (et un potentiel prix à Annecy ?) et on leur souhaite, au film comme à sa réalisatrice, de vivre encore longtemps.
In Waves, de Phuong Mai Nguen – Sortie en salles le 1er juillet 2026
