Au Festival d’Annecy, il est possible de découvrir des longs métrages à différents stades de la production. L’immense Marché du Film est notamment l’un des lieux pour cela, où des réalisateurs enchainent les cafés avec des producteurs à convaincre et où les étudiants viennent proposer leurs portfolios aux studios d’animation.

Le festival montre des films plus ou moins avancés lors de séances ouvertes aux accrédités. C’est ainsi que Paramount a dévoilé des images achevées des Schtroumpfs ou que Netflix vient teaser son lineup. Mais il est aussi possible de découvrir des films en quête de financement. Pour cela, Annecy Festival organise des « Sessions de Pitch » où les réalisateurs et scénaristes ont dix minutes pour vendre leur film à un panel d’intéressés.

Nous avons découvert ce mercredi Le Chevalier Englouti. Pendant cette session express, l’un des meilleurs scénaristes de France, Fabien Vehlmann (Seuls, Spirou) est venu nous raconter l’histoire de son premier long métrage accompagné par son réalisateur et dessinateur Sébastien Cosset (connu comme la moitié du duo Keroascoet).
On ne spoilera pas l’histoire en entier mais le projet utilise la légende de la ville d’Ys, cité bretonne engloutie dans la baie de Douarnenez. Les villageois ne peuvent plus aller dans l’eau (et donc plus pêcher) sous peine de réveiller le Chevalier Englouti. Évidemment, une jeune fille va braver cette interdiction pour partir en quête de son frère disparu.

La session de présentation était généreuse en images et en animatique (réalisé par Benjamin Renner !) et le projet aussi beau qu’alléchant. De la belle 2D aux décors soignés comme les Kerascoet nous y ont habitué dans leurs différentes BDs. Évidemment, on est ici au stade de la pré-production et il est probable que ce qu’on a pu voir va évoluer dans les prochains mois. Mais la proposition était efficace et on a hâte de voir ce que ces talentueux auteurs et autrices de BDs vont proposer dans le monde de l’animation. On leur souhaite qu’un riche producteur leur finance généreusement Le Chevalier Englouti.

De riche producteur le second projet n’a pas besoin puisqu’ils en ont déjà un, en la personne de Marc du Pontavice. Le patron de Xilam a lancé la production d’un second long métrage appelé Lucy Lost, comme le bouquin de Michael Morpurgo.

Il n’était pas question de pitcher une histoire mais bien de la montrer en cours de développement. Ce sont les cessions « Work In Progres »s du festival (ou WIP, pour les intimes), des séances envahies d’étudiants venus écouter réalisateurs, assistante réalisatrice et techniciens aligner les termes techniques et les noms d’outils qui sonnent pour l’auteur de ces ligne comme « pompe à laso-convecteur ». Ca n’en est pas pour autant moins intéressant et ce qu’on a vu était particulièrement joli, avec une esthétique celtico-bretonne lorgnant vers Ghibli, histoire de bien montrer que Xilam pour multiplier les styles graphiques.

Librement inspirée de l’auteur de Cheval de Guerre, l’histoire raconte celle d’une jeune fille vivant sur une des îles Scilly au large de la Cornouaille et qui établit un lien un peu magique avec une jeune new yorkaise. On n’a pas su grand chose de plus mais il semblerait qu’elles puissent interagir et s’imaginer dans l’univers l’une de l’autre.
La séance permettait de découvrir les différentes étapes de processus du film. Ici, le réalisateur Olivier Clert a expliqué avoir bossé sur l’histoire et fait tout un storyboard tout seul pour ensuite être rejoint par une équipe pour rentrer dans le vif du sujet : recherches graphiques, animation du storyboard, voyage sur place pour prendre un maximum de références et recherche de solutions à différents problèmes. Par exemple, l’équipe sur place a expliqué qu’il était trop couteux d’animer toute cette eau à la mano (l’histoire se déroule au bord de la mer), il a donc fallu passer par de la 3D avec un rendu 2D pour réduire les couts et les temps de prod.

Le principe de ces sessions est de proposer un film au développement déjà bien avancé, il est donc très probable qu’Annecy 2026 accueille Lucy Lost dans sa sélection prochaine. Et vu l’aperçu, on sera dans la salle.

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