Critique : Zootopie

Nous vous avons chauffés avec notre Sortie de Projo ? Parlons donc maintenant plus largement de Zootopie, le nouveau Disney signé Byron Howard et Rich Moore.

Vous pourrez vous faire un avis complet dès le 17 février dans toutes les salles mais sachez que le film bénéficie de nombreuses avant-premières dès ce dimanche 14 (voir le détail chez Allociné), histoire de fêter la Saint Valentin devant un film de qualité…

 

LA CRITIQUE

C’est un constat étonnant : quand on regarde le lineup cinéma de la Walt Disney Company, on ne peut que constater le manque d’originalité de la société de production, enchainant les suites et autres reboots, incitant le reste d’Hollywood à se reposer sur ses acquis plutôt qu’à proposer de nouvelles choses. Même Pixar qui, à quelques exceptions récentes près, a du mal à produire des idées nouvelles préférant remonter à la surface Nemo et ses camarades ou faire redémarrer les voitures de Cars pour un troisième volet.
C’est étonnant parce que le salut vient peut-être bien également de Disney, via son studio d’animation.

Zootopie est en effet un petit bijou d’originalité, d’une richesse thématique inattendue pour un long métrage de la société aux grandes oreilles.

Le film appelé Zootopia aux Etats Unis et Zootropolis en Angleterre raconte l’histoire de Judy Hopps, une lapine venue de la campagne et la première de son genre à devenir policière. Fraichement arrivée dans la grande ville où cohabitent de multiples espèces animales, elle est reléguée à coller des PV sur des pare-brises. Mais sa rencontre avec un renard, Nick, va l’amener à enquêter sur des disparitions étranges de certains animaux, considérés comme des prédateurs.

Annoncé au D23 en août 2013 puis largement dévoilé lors du festival d’Annecy, Zootopie nous plonge d’abord dans un univers foisonnant. Réutilisant des techniques pour générer des foules et construire facilement des immeubles comme on avait déjà pu le voir dans Les Nouveaux Héros, les réalisateurs Byron Howard (Raiponce) et Rich Moore (Les Mondes de Ralph) rivalisent d’ingéniosité pour faire vivre leur univers si particuliers. Ce n’est pas la première fois que Disney fait des films avec des animaux qui parlent mais soit ils se déroulent dans des univers extérieurs (le Livre de la Jungle) soit les personnages cohabitent en ville avec des humains (Bernard et Bianca, Basile Détective Privé, Oliver & Cie). Même Robin des Bois, qui a servi d’inspiration pour le personnage de Nick, est particulier puisque les animaux représentés ont à peu près tous la même taille, les réalisateurs d’époque n’ayant jamais eu à se prendre la tête sur les problèmes d’échelle. A l’inverse, Zootopie prend le problème à bras le corps, faisant vivre ensemble des souris, des lions et des lapins. Tout l’univers doit donc être pensé pour fonctionner : les mulots ont des portes de train à leur hauteur et des tunnels pour traverser les rues, les ours polaires vivent dans un quartier refroidit et les jaguars évoluent dans une zone tropicale…

Le film s’ouvre sur une mise en abyme pour expliquer les différences entre proies et prédateurs, tout en rappelant que les animaux désormais intelligents ont été sauvages par le passé. Au delà de l’aspect pratique de l’histoire, Zootopie met également en scène les différences « de race » et les problèmes que cela peut engendrer. Quand Nick, petit renard, se présente chez un glacier tenu par des éléphants et destiné aux éléphants, on lui dit de rentrer chez lui. Quand Judy, petite lapine mignonne, veut entrer dans la police, elle découvre un univers fait pour gros mâles bourrins, du lion au rhinocéros en passant par les gnous.
Il sera donc question d’accepter les différences de l’autre, de « vivre ensemble » dans le film de Howard et Moore, des thèmes que Disney a bien entendu déjà évoqué par le passé mais qui trouvent ici un écho presque politique puisque l’histoire reflète aux bouleversement sociétaux du monde actuel. Le studio ayant toujours cherché l’intemporalité et la distance par rapport à l’actualité, c’est étonnant -mais réjouissant- de la part de la firme d’avoir fait de Zootopie un miroir déformé de notre société. Qui plus est, le héros du film n’est pas le renard Nick comme pouvait le laisser penser les toutes premières images mais bien la lapine Judy, nouvelle héroïne féminine qui vient grossir les rangs des Rey et autre Furiosa auxquelles s’identifieront aussi bien les garçons que les filles.

Cette richesse thématique folle n’est que le sous-texte, qui fera d’avantage plaisir aux adultes qu’aux enfants. Mais Zootopie est avant tout un film familial vraiment hilarant puisqu’il joue énormément sur les réactions animales et plaisante sans jamais sans moquer vulgairement sur les différences. On rit énormément des situations et grâce aux personnages principaux finement écrits, la scène des fonctionnaires représentés par des paresseux dévoilée dans la bande-annonce n’étant qu’un avant-gout de ce qui vous attend. Mais ce que la promo évite de montrer, c’est que Zootopie est surtout une enquête policière, dans laquelle une jeune flic et un arnaqueur vont faire équipe pour retrouver des disparus. C’est pourtant la partie la plus visible de l’iceberg, le long métrage étant d’abord et avant tout un buddy movie, certes un peu simple dans son déroulé mais néanmoins gorgé de rebondissements.

Visuellement très beau, propulsé par la musique toujours parfaite de Michael Giacchino, Zootopie est une vraie réussite. Disney prouve une nouvelle fois, après Les Nouveaux Héros, qu’ils sont capable de faire des films d’animation modernes et surtout débordants d’originalités et de trouvailles. On pouvait espérer que ça soit riche, on n’imaginait pas qu’il le serait à ce point.

Zootopie, de Byron Howard & Rich Moore – Sortie le 17 février 2016



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