Critique : The Lost City of Z

The Yards. La Nuit Nous Appartient. Two Lovers… En une petite poignée de films, le réalisateur James Gray a su s’imposer comme un grand auteur de cinéma ayant déjà tourné avec une pléthore d’acteurs talentueux.

De fait, son nouveau film avec Charlie Hunnam et un Robert Pattinson méconnaissable a tout d’un évènement.

 

LA CRITIQUE

Perry Fawcett est un explorateur britannique qui, engagé dans l’armée de sa Majesté pour laquelle il voyage sur plusieurs continents, maitrisait l’art de la cartographie. Ce personnage, aventurier en avance sur son temps, a été la source d’inspiration de bien des héros, à commencer par le Professeur Challenger dans le Monde Perdu de Conan Doyle ou Charles Muntz dans Là-Haut de Pete Docter. Il est également, et évidemment, à l’origine d’Indiana Jones et Hergé y fait discrètement référence dans L’Oreille Cassée. Son histoire, vraie, est contée dans The Lost City of Z, bouquin de David Grann, dont les droits ont été acheté par Brad Pitt et la réalisation de l’adaptation confiée à James Gray.

Le film s’ouvre à Cork, en Irlande. On découvre qui est Perry Fawcett, officier anglais et père de famille qui se fait vite repérer pour être envoyée en mission en Amérique du Sud dans le but de cartographier des zones de jungle où l’homme n’est jamais allé. Remontant une rivière avec son équipe, il arrive à sa source et y découvre que la zone a déjà été habitée il y a bien longtemps. Il décide alors de rebrousser chemin pour revenir par la suite avec plus de moyens, dans l’espoir de découvrir ce qu’il pense être une cité, reste d’une ancienne civilisation.

The Lost City of Z est un des plus beaux films vus ces derniers mois. James Gray sort de son univers urbain pour poser sa caméra dans la jolie campagne anglaise et dans la forêt amazonienne accompagné par son directeur de la photo Darius Khondji avec qui il avait déjà travaillé sur The Immigrant. Le choix des cadres est aussi subtil que la caméra bouge à la perfection, quelque part entre Stanley Kubrick et David Lean. Le réalisateur explique qu’il a voulu tourner sur le continent américain avec l’aide de tribus locales pour plus de réalisme et même si ça aurait été plus économique d’aller en Afrique ou en Asie. Sensation de réalisme donc à laquelle James Gray, qui a écrit le scénario, ajoute une dose d’aventure véritable, entre pluies de flèches attaquant les explorateurs, piranhas et autres créatures peu aguichantes. On pense évidemment à la scène d’ouverture des Aventuriers de l’Arche Perdue mais Indiana Jones s’étant inspiré de Perry Fawcett, la boucle est bouclée.

Plutôt que de se focaliser sur l’aventure, et la quête de la fameuse cité perdue qui a inspiré bien des histoires, James Gray choisit de s’intéresser à l’homme qu’était Fawcett, un aventurier, un vrai, profondément en avance sur son temps, une époque marquée par la colonisation où les populations des autres continents étaient considérés comme « des sauvages », sauf pour le cartographe qui ne pouvait en même temps s’empêcher de penser que la place de sa femme -qui aurait aimé l’accompagner- était au foyer. Perry Fawcett était un personnage complexe, partagé entre sa famille et ses aventures et rattrapé par l’Histoire pendant la Première Guerre Mondiale. Ce n’est donc pas un film d’aventures comme les autres que filme James Gray, lui-même atypique dans sa manière de raconter des histoires mais bien le parcours d’une personne au destin… inattendu.

The Lost City of Z est un grand film, du grand cinéma classique au sens le plus noble du terme comme on en fait de moins en moins. Un rendez-vous immanquable en ce début d’année pour qui aime l’aventure avec un grand A.

The Lost City of Z, de James Gray – Sortie le 15 mars 2017



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