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Critique : Kick Ass


Parmi les films les plus attendus du printemps et de cette période fastueuse en matière de cinéma qu’est avril-mai, on peut citer Iron Man 2, Le Choc des Titans mais aussi Kick Ass, d’après le récent comic de Mark Millar et John Romita Jr.
A l’initiative du Club300 Allociné, le film a été projeté à une horde de jeunes geeks, pas toujours lecteurs de la bande dessinée. Kick Ass est-il une bonne adaptation ?

Critique initialement publiée le 26 mars 2010.
Film en salles ce 21 avril.

Kick Ass – Sortie le 21 avril 2010.
Réalisé par Matthew Vaughn
Avec Aaron Johnson, Nicolas Cage, Christopher Mintz-Plasse
Dave Lizewski est un adolescent gavé de comics qui ne vit que pour ce monde de super-héros et d’incroyables aventures. Décidé à vivre son obsession jusque dans la réalité, il se choisit un nom – Kick-Ass – se fabrique lui-même un costume, et se lance dans une bataille effrénée contre le crime. Dans son délire, il n’a qu’un seul problème : Kick-Ass n’a pas le moindre superpouvoir… Le voilà pourchassé par toutes les brutes de la ville. Mais Kick-Ass s’associe bientôt à d’autres délirants copycats décidés eux aussi à faire régner la justice. Parmi eux, une enfant de 11 ans, Hit Girl et son père Big Daddy, mais aussi Red Mist. Le parrain de la mafia locale, Frank D’Amico, va leur donner l’occasion de montrer ce dont ils sont capables…

Bande annonce sur Dailymotion

Kick Ass est à la base un comic très récent puisque sa parution a commencé en février 2008 aux USA. Le projet d’adaptation par Matthew Vaughn a donc commencé presque en même temps. Le produit de base est clairement formaté pour les ados dits « geeks » actuels : références aux comics connus, à l’informatique, quelques clichés sur leur absence de sexualité, etc…
Sans être révolutionnaire, c’est une bande dessinée sympathique à lire quoique particulièrement gore : beaucoup beaucoup de sang, de démembrements, de crânes explosés. Tant qu’à viser un certain public ado, autant lui offrir ses références favorites et un bon lot d’hémoglobine.

La question était de savoir si la version cinéma allait conserver ces références et tout ce sang, et si l’éternel problème de bien adapter un comic allait être contourné.
Malheureusement, ce n’est pas le cas, et Kick Ass est une semi déception.
Le film souffre de ce que j’appelle le syndrôme Watchmen, soit un copié collé de la bande dessinée sans âme. Il n’y a aucune trouvaille, aucune inventivité dans la première heure de Kick Ass. Matthew Vaughn va jusqu’à reprendre cadrage et citations de la bande dessinée sans rien y apporter vraiment.
Ca plaira surement aux non initiés qui découvriront les personnages sur grand écran mais les lecteurs s’ennuient, n’entrent jamais dans le film et voient venir chaque plan, limite chaque réplique.

Le scénario du film finit par diverger du matériel d’origine, pas encore sorti quand Vaughn et Jane Goldman se sont mis à écrire pour le cinéma. Le film devient alors intéressant, avec quelques bonnes trouvailles, notamment celle d’une fusillade retransmise sur Internet et brillamment mise en scène. Mais du point de vue de l’histoire, on s’arrêtera là. La fin est désastreuse, pompée sur plein de « baston finales » vues ailleurs ou les gentils grimpent les étages d’un immeuble en tirant sur tout ce qui bouge.

Le gros défaut du comic vient du fait que Mark Millar abandonne sa bonne idée de départ au bout de seulement quelques dizaines de pages. Son monde sans super héros où un gamin porte un costume vert et se fait tabasser parce qu’ils n’a aucune capacité finit par en devenir un et bascule dans le classicisme.
Matthew Vaugh, lui, fait l’effort heureux de tenter de maintenir le concept plus longtemps, presque jusqu’à la fin de son film. Malheureusement, comme Millar, il finira par craquer et offrira lui aussi un final déjà vu mille fois où l’anti-héros en deviendra un lui-aussi. C’est bien dommage de finir un film qui aurait pu donner quelque chose de grand par des plans à la Spider-Man…

Ne pas oublier non plus qu’on est au cinéma et qu’il faut ratisser large. Exit donc l’hémoglobine à outrance et les corps qui explosent. Le film est certes brutal mais beaucoup moins que son homologue papier. Il ne fallait pas qu’il se retrouve interdit aux moins de 16 ans. Les références aux comics et aux univers geeks, elles, sont bien présentes mais également adoucies. On cite moins Batman et Superman. Par contre, l’éditeur Dark Horse s’offre quelques jolis placements de produits, notamment avec une affiche Hellboy impossible à rater.

Heureusement, tout n’est pas perdu. Kick Ass a quelques qualités à commencer par une bande originale réussie, usant de thèmes rappelant des musiques de héros connus, mêlés à un genre parfois plus rock et toujours bien trouvé.
L’autre réussite de Kick Ass est son casting. Aaron Johnson est parfait dans le rôle du héros et Nicolas Cage est crédible et semble s’amuser dans son personnage. On n’oubliera pas non plus de mentionner la charmante Lyndsy Fonseca, connue pour jouer la fille de Ted dans How I Met Your Mother, et qui incarne ici le rôle féminin principal.
Enfin, et non des moindres, le dernier atout du film s’appelle Hit Girl. Chloe Moretz, 13 ans, botte des culs comme personne. C’est la vraie révélation du film et elle nous offre un lot de scènes d’actions particulièrement cool.

D’un certain point de vue, Kick Ass rappelle donc beaucoup trop Watchmen – en précisant que le comic d’origine est ici déjà beaucoup moins intéressant que l’oeuvre de Moore et Gibbons. Le film plaira au grand public mais me laissera, malgré quelques bonnes idées, sur ma faim : copié collé sans âme puis fin sans intérêt. Je n’en attendais pas forcément grand chose mais quand même, peut-être, mieux.

Espérons maintenant qu’Edgar Wright fasse mieux avec son Scott Pilgrim. On finira bien par l’avoir, notre bonne adaptation de comic !

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14 commentaires pour “Critique : Kick Ass”

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