Il sera dans les salles le 26 décembre prochain, juste à temps pour vous permettre d’aller digérer la buche dans une salle obscure.

Lui, c’est Bumblebee, l’autre Autobot le plus célèbre de la galaxie, dans une aventure presqu’en solo qu’il partage quand même – avec Hailee Steinfeld et John Cena.

 

LA CRITIQUE

Un temps envisagé comme le premier spin off d’une franchise qui s’étendrait après le départ de Michael Bay, Bumblebee est bel et bien un reboot de la franchise, une petite année seulement après l’horrible Transformers Last Knight, qui sonnait le glas d’un univers en perdition. Certes, il fallait que Bay passe la main, lui qui s’ennuyait avec ses robots depuis deux films (et après trois volets qu’on aime plutôt bien sur CloneWeb, surtout le troisième) mais de là à tout chambouler aussi vite ?  Quoiqu’il en soit, Travis Knight s’empare de l’univers de Cybertron pour raconter, à nouveau, l’arrivée des Autobots sur Terre.

On ne va pas se mentir : la scène d’ouverture est un rêve de gosse sur grand écran. Exit les robots compliqués des volets précédents, bienvenue aux designs fidèles à la série originale (Generation One, ou G1) dans une belle scène d’action dynamique montrant Autobots et Decepticons s’affrontant sur Cybertron, comme si le pilote “More Than Meet The Eyes” de 1985 prenait vie à l’écran. Optimus Prime, désormais doublé en VF par Jacques Frantz, en vrai.

La suite n’est pas pour autant à l’avenant. L’intro reprend celle de la série animée : les Autobots quittent Cybertron sous le feu des Decepticons et prennent la route de la Terre. Mais cette fois, Prime envoie Bumblebee en reconnaissance pendant que lui part à la recherche de congénères éparpillés dans l’espace. Après un combat sur Terre, le robot finit amnésique sous forme de Coccinelle à la casse. Jusqu’à ce qu’il soit repéré par une jeune fille, justement passionnée de mécanique qui va se lier d’amitié avec lui, et alors qu’il a toujours l’armée américaine aux trousses.

Le pitch fait penser au Géant de Fer de Brad Bird mais c’est plutôt dans le E.T de Steven Spielberg que les scénaristes ont trouvé l’inspiration. Entre séquences où la créature découvre le monde et fuite pour échapper aux autorités, il y a des similitudes avec le film culte. Malheureusement, Travis Knight n’arrive pas à faire décoller son histoire et on s’ennuie ferme devant cette histoire d’amitié hors norme, sans doute trop vue ailleurs pour être pleinement intéressante.

On comprend néanmoins les intentions du réalisateur, qui a veillé à faire quelque chose de vraiment différent des films précédents. Bumblebee vise un public plus jeune que les films de Bay, avec des scènes d’ados, mignonnes mais jamais débiles (les scènes, pas Hailee Steinfeld qui est très bien dans le rôle), et de l’action d’une ampleur différente. Tout parait plus petit (plus cheap en matière de moyens techniques aussi), plus léger. L’échelle est différente mais elle est aussi frustrante. Quoiqu’on pense des films de Bay, le réalisateur avait un style (chargé en explosions, certes) que Knight n’arrive jamais à égaler. Bumblebee est trop long et trop bavard, un comble quand on sait qu’on vient à base pour voir des robots s’affronter entre eux.

Scénaristiquement, les enjeux sont bien minces. Que venait faire le robot à la base sur Terre ? Qu’est ce que le film raconte vraiment, entre histoire d’amitié et affrontement final ? L’héroïne, qui a juste ce qu’il faut de passé torturé, n’évolue pas vraiment et la menace n’est jamais réelle. Bref, l’ennui, encore. Où est donc passé le talent de conteur de Kubo et l’Epée Magique ?

Il y a de vraies belles intentions dans Bumblebee. Faire un film différent. Plus humain. Visant un public plus jeune tout en allant chercher la fanbase Transformers venant de G1. S’éloigner de ce que faisait Michael Bay. Malgré un plan final qui envoie du rêve si l’univers venait à être prolongé, ça ne reste malheureusement que des intentions.

Bumblebee, de Travis Knight – Sortie le 26 décembre 2018

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