Critique : Avengers Infinity War

C’est ce mercredi 25 avril que sort Avengers Infinity War, dix-neuvième film de Marvel Studios réunissant tous les héros des précédentes productions (ou presque) et se terminant sur une scène post-générique qui ne se contente pas d’être une vanne mais qui renoue avec l’esprit de teaser des précédente.

La critique qui suit évoque quelques points d’intrigue inévitables mais elle ne spoile rien. Vous avez vu et aimé Infinity War ? Venez en parler avec nous dans les commentaires !

 

LA CRITIQUE

Nous y voilà. Dix ans après le premier Iron Man et tout ce teasing fait autour du personnage de Thanos depuis le premier Avengers sorti en 2012 nous sommes face à la conclusion. Que va faire le grand méchant incarné en performance capture par Josh Brolin ? Pourquoi cherche-t-il réellement les Pierres de l’Infini ? Et surtout, est-ce que le film est à la hauteur de nos espérances, nous qui bouffons du super héros à haute dose depuis dix ans ? La réponse n’étant pas simple à formuler, commençons par un rappel utile.

Le Gant de l’Infini est une arme ultime, donnant un contrôle total à son possesseur pour peu qu’il puisse le sertir de ses fameuses pierres. La pierre bleue de l’espace d’abord est celle par quoi tout a commencé. Evoquée dans Thor et le premier Captain America, le Tesseract a fini sur Asgard gardé par Heimdall. La pierre jaune de l’esprit est apparue dans le sceptre que Thanos a offert à Loki dans le premier Avengers. Elle a fini au front de Vision. La pierre de la réalité, de couleur rouge, est celle qu’a touché le personnage de Natalie Portman dans Thor le Monde des Ténèbres. A la fin du film, elle finissait sur les étagères du Collectionneur. Les Gardiens de la Galaxie, eux, ont en leur possession la pierre violette du pouvoir, confiée au Nova Corp. Enfin, la Pierre du temps verte est dans les mains de Doctor Strange. Reste à trouver la pierre orangée de l’âme, cachée quelque part dans la galaxie.

Infinity War va s’ouvrir sur la fin de Thor Ragnarok et les réfugiés asgardiens perdus dans l’espace. On y découvre Thanos qui y a fait un massacre en quête du Tesseract. Il va ensuite envoyer ses sbires sur Terre, aussi bien en quête de Vision que de la pierre détenue par Strange, ce qui donnera l’occasion à des groupes de héros de se former dans différents coins de la planète. Certains iront-même jusque dans l’espace.
Le scénario est à la fois simple et dense, simple parce qu’il sera question de groupes de héros face à des ennemis difficiles à battre, tous voulant une pierre magique. Et dense parce qu’Infinity War est la somme de tous les films Marvel, ce qui est autant une qualité qu’un défaut.

Si vous prenez beaucoup de plaisir devant les films produits par Kevin Feige depuis dix ans, vous devriez y trouver votre compte. La tonalité très “marvelienne” est de fait très présente. L’humour est là, parfois cartoonesque à base de pieds pris dans le tapis, parfois pénible (faites taire Star-Lord !). L’action est là aussi, sur différents fronts dont la fameuse scène du Wakanda avec ses innombrables figurants mais aussi parfois de manière plus intimiste, à la manière du final de Civil War. Tous les films précédents étant lissés, l’assemblage des différentes équipes fonctionne bien, que ça soit les Gardiens face aux Terriens ou Tony Stark qui rencontre Docteur Strange. D’ailleurs, les frères Russo trouvent un équilibre à peu près juste pour que tous les personnages soient autant mis en avant que possible (à part ce pauvre Wong, vite mis de coté et Hawkeye resté chez lui).

Malheureusement, cet équilibre est tellement précaire que ça se voit à l’écran. On passera sur quelques séquences numériques qui auraient mérité plus de travail pour se focaliser sur le travail des Russo. Les deux frères qui avaient livrés deux Captain America bien ficelés ont ici bien du mal. Trop d’effets spéciaux, trop de fonds verts et pas assez d’idées de mise en scène. Ils se retrouvent littéralement perdus dans l’espace quand il s’agit de filmer de l’action avec des effets numériques dans tous les sens, eux qui avaient gérer les combats rapprochés de Steve Rogers and co, pour nous offrir un Infinity War particulièrement lambda en terme de mise en scène.

Dans ce qui peut passer pour un gros foutoir se cachent pourtant de vrais moments réussis. Globalement toutes les scènes d’action impliquant Iron Man fonctionnent, Chris Hemsworth est magistral en Thor et on sent la volonté des frères Russo et de leur scénariste d’avoir cherché à développer un film sur Thanos, lui offrant quelques scènes intimistes très bien faites. Il faut aussi reconnaitre une volonté d’apporter des surprises (enfin !), au point de se méfier à l’extrême des spoilers puisque le film commence par une petite saynète où les acteurs insistent sur le fait qu’il ne faut rien révéler.
Oui, il y aura des morts. Et ce, dès la scène d’ouverture. De fait, et même si on sait qu’un Avengers 4 a été tourné, on peut enfin s’inquiéter pour le sort des personnages, tout le monde devenant instantanément un “expendable” face à la puissance de Thanos. Oui, l’avenir du MCU est (un peu) enfin chamboulé, le film s’offrant le luxe de se terminer sur une séquence aussi pessimiste qu’inattendue.

Il faut reconnaitre le boulot accompli, Marvel étant le seul studio ayant réussi à mettre en place un vrai univers partagé alors que toute la concurrence s’y est cassé les dents. Les détracteurs de Kevin Feige diront qu’ils font de la télévision pour le grand écran avec des budgets stratosphériques. Mais qu’on aime ou pas, on doit bien reconnaitre la prouesse de producteur.
Après dix ans de films qui nous ont séduits autant qu’ils ont fini par nous lasser à cause d’une formule bien trop répétitive, l’Univers Cinématographique Marvel arrive à l’une de ses conclusions, dont on n’aura le point final qu’en 2019, avec ses qualités comme ses défauts. Et un sentiment de déception pour quelqu’un qui aurait aimé que la fin de la route soit plus réussie que le chemin parcouru.

A l’image de ces grands évènements de papier, Infinity War est trop riche en personnages et en lieux, trop simple dans son histoire et porté par des frères Russo qui ne sont pas loin de s’être perdu avec tant de poids sur les épaules. Iron Man 3 avait la qualité d’être focalisé sur le parcours de Tony Stark. Winter Soldier tentait le techno-thriller autour de Capitaine America et Black Panther offrait un héros à une communauté qui ne demandait que ça. Tous ces films fonctionnent mieux car, même s’ils étaient parfois grandiloquents, ils parvenaient à être plus intimistes. Infinity War est le burger du moment chez McDonalds, une recette qui tente un truc sans y parvenir totalement, industrialisation oblige. Alors, certes, on prend du plaisir à le manger et on sort rassasié mais on est loin d’être face à de la grande cuisine. Et si finalement Avengers Infinity War n’était rien d’autre qu’un Marvel comme les autres ?

Avengers Infinity War, de Joe et Anthony Russo – Sortie le 25 avril 2018



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